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Quatre des principales compagnies pétrolières internationales ont à nouveau enregistré d’importants déclins de leurs productions de brut en 2012, selon les rapports trimestriels présentés ces derniers jours. Ces déclins semblent d’autant plus significatifs qu’ils se sont produits en dépit des investissements records consentis par Exxon, Chevron, BP et Shell. (On attend avec curiosité la publication la semaine prochaine des résultats du groupe français Total.)

Le bilan de l’année 2012 devrait donner des indications claires sur le bien-fondé de la menace du pic pétrolier.

Ça part mal pour Big Oil.

La production pétrolière du géant américain Exxon a poursuivi son recul en 2012, chutant de pas moins de 5,5 % par rapport à l’année précédente, de 2,31 à 2,18 millions de barils par jour (Mb/j), peut-on lire dans le dernier rapport trimestriel. Le recul n’épargne aucun continent.

Exxon précise que le déclin de sa production de pétrole se limite à – 1,6 %, si l’on tient compte des évolutions de périmètre d’activité, des désinvestissements et des effets induits par les quotas de l’Opep. La compagnie ne présente pas l’impact de chacun de ces trois facteurs séparément ; il ne semble guère pertinent d’écarter les cessions d’actifs et les désinvestissements, dans la mesure où ceux-ci concernent habituellement des puits pétroliers en déclin.

La fille aînée de la Standard Oil a vu également baisser sa production totale de gaz naturel (- 6,4 %), y compris aux Etats-Unis (- 2,4 %) et ce malgré le “boom” des gaz de schiste. Le pdg d’Exxon, Rex Tillerson, a admis en juin qu’avec les gaz de schiste, sa compagnie était en train de “perdre [sa] chemise”.

Chevron, l’autre firme pétrolière majeure aux Etats-Unis, fait état d’un recul 4,6 % de ses extractions de brut, de 1,85 Mb/j en 2011 à 1,76 Mb/j en 2012.

BP encaisse une dégringolade 8,2 %, amplifiée par les désinvestissements massifs consentis afin de régler la facture de la marée noire du golfe du Mexique. La production de brut de la major londonienne est passée de 1,29 Mb/j en 2011 à 1,18 Mb/j en 2012.

Le pdg de BP, Bob Dudley, a affirmé en janvier que l’hypothèse du pic pétrolier “est de moins en moins fondée”.

Shell a enregistré un recul de 2 % de sa production d’or noir, de 1,66 à 1,63 Mb/j.

Les dépenses de capital et d’exploration d’Exxon ont augmenté de 8,2 %, pour atteindre 39,8 milliards de dollars en 2012. Celles de Chevron ont crû de 17,5 %, à 34,2 milliards de dollars en 2012. Les dépenses de capital de Shell ont atteint 32,5 milliards en 2012 (+ 23,5 %). BP : 23 milliards de dollars en 2012 (+ 29,3 % par rapport à 2011).

Ces résultats négatifs pour l’année 2012 viennent confirmer la tendance au déclin de la production de brut des majors historiques amorcé à la fin des années 2000 ― une tendance mise au jour sur ce blog.

Le Financial Times est pour l’heure le seul média économique à manifester une certaine d’inquiétude face à cette évolution.

Le premier bilan de l’année 2012 du groupe Total est attendu le 13 février. Les extractions de brut de la firme française ont décliné de manière continue entre 2007 et 2011.

Le recul de la production de brut des majors historiques est en ligne avec les pronostics inscrits dans le dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie, qui anticipe discrètement le déclin de nombreux pays pétroliers anciens et de premier plan.

Le brut d’Irak et d’Arabie Saoudite, ainsi que les huiles de schiste des Etats-Unis sont fréquemment présentés comme étant capables d’inverser la tendance. Là encore, plusieurs premiers indices concernant le bilan de l’année passée apparaissent négatifs. Nous y reviendrons dans le prochain post (comme déjà promis, hâtivement, mais l’actualité prime).

OIL MAN chronique du début de la fin du pétrole

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