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Ce dimanche 11 novembre, la France commémore l’Armistice. David Valence, professeur agrégé d’histoire à Sciences-Po Paris, s’interroge sur l’origine de ces manifestations commémoratives dans notre pays et sur leur utilité dans l’intégration des immigrés.
La droite semble attacher plus d’importance à ce type de célébration. La gauche, quant à elle, semble mal à l’aise avec la «célébration de la Nation». […] […] Je crois qu’il faut cesser de confondre patriotisme et nationalisme. Le premier est estimable et indispensable. Or, les Français sont à la fois le peuple d’Europe qui s’aime le plus ET celui qui s’aime le loin. Le malaise français est lié à ce paradoxe, dont il faudrait oser sortir en promouvant un «patriotisme ouvert», ferme sur les valeurs et les symboles, mais sur de lui-même et accueillant. […] Les manifestations commémoratives peuvent-elles être utilisées à des fins d’intégration ? En d’autres termes, dans quelle mesure un immigré qui célèbre l’armistice (qui apprend l’histoire de France, etc) s’intégrera-t-il plus facilement dans la société française ?
Disons que les citoyens qui accueillent quelqu’un sur leur territoire attendent qu’il manifeste une «curiosité obligatoire» vis-à-vis de leur histoire et de leur mode de vie. Cette curiosité minimale les rassure sur la validité du modèle qui est le leur, et que le «nouveau venu» n’entend pas bouleverser de fond en comble. Bien sur, ce jeu de regard, dans le patriotisme ouvert dans je parlais plus haut, doit être réciproque. Mais dans un pays ou l’histoire tient une place aussi grande que dans le notre, bien connaître le «récit national» est un atout pour l’intégration, c’est évident. […] Atlantico

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