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Les musulmans fêtaient avant-hier l’Aïd el-Kebir ou Aïd al-Adha. Cette “grande fête” ou “fête du sacrifice” marque la fin du pèlerinage à La Mecque. Pour l’occasion, les fidèles se rendent dans les abattoirs agréés pour procéder aux sacrifices rituels des moutons, qui seront ensuite partagés. Chaque famille, dans la mesure de ses moyens, achète un mouton et le fait sacrifier par un sacrificateur musulman qui l’égorge, couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque. Mais un désaccord est né entre l’association culturelle des musulmans de Gap et l’abattoir de la ville. En cause, le choix du sacrificateur agréé.
Selon Rachid Néguaz, membre de l’association des musulmans, « une réunion a eu lieu en préfecture et nous avions négocié pour que vienne un sacrificateur agréé par la mosquée de Paris. Puis, on a appris que l’abattoir n’en voulait pas parce qu’il avait eu une mauvaise expérience avec lui. On a alors eu un autre certificat, pour un autre sacrificateur. Mais on nous a dit alors que l’abattoir n’était pas d’accord et qu’il avait déjà quelqu’un d’agréé. Ce qu’on déplore, c’est qu’on avait pris une décision et on ne s’y est pas tenu. Ça n’a pas empêché la fête, mais c’est un peu le ras-le-bol ».
Du côté de l’abattoir, on est bien conscient que le sacrificateur agréé ne fait pas l’unanimité. « C’est un problème de personne. Oui, il y a bien eu une volonté de la part de l’association des musulmans de le changer, mais nous, nous n’avons jamais accepté un autre sacrificateur, indique Bruno André, président de la Sicaba de l’abattoir de Gap.

Il était impensable d’accepter cette personne qu’ils proposaient, puisqu’il s’agit de quelqu’un que nous avons licencié pour faute. » (…)

Ce qui n’étonnera sans doute pas l’association des musulmans, puisque celle-ci a fait savoir aux fidèles qu’ils ne cautionnaient pas le sacrificateur de l’abattoir et que ceux qui le désiraient pouvaient procéder autrement pour tuer leurs agneaux.

Certains sont allés dans d’autres abattoirs, mais il y a aussi « eu, du coup, des abattages directement dans les fermes », explique encore Rachid Néguaz.

Là, un autre problème se pose : dans un communiqué de presse diffusé la semaine passée, la préfecture des Hautes-Alpes rappelait “qu’en raison des risques sanitaires encourus, l’abattage rituel doit se faire dans les abattoirs agréés”, et tenait “à souligner le caractère obligatoire de ces prescriptions”.
Le Dauphiné

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