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Nasri fait la “Une” de Minute :

Les incartades répétées des Bleus et leur indigence sur le terrain ne trouvent pas beaucoup d’indulgence dans le regard des autres disciplines. Les rugbymen attaquent directement.

« Samedi, j’avais honte, je ne me reconnais pas dans cette équipe, affirme Mourad Boudjellal, le président de Toulon, finaliste du Top14 début juin.

Ce sont des garçons qui ont l’habitude de parler en verlan, mais ils mènent leur vie en verlan également. Ils ont commencé par gagner beaucoup d’argent et l’ont placé au-dessus de tout le reste. »
« On est loin de la classe de Zidane, poursuit Boujellal, lui-même suspendu longtemps la saison dernière en raison de propos injurieux envers l’arbitrage.

Ce sont des enfants gâtés dont on a fait des stars, qui se comportent comme des petites frappes de banlieue. Ça me coûte de dire ça, mais il faudrait karchériser cette équipe de France.

Il faut se séparer de ces jeunes qui ne répondent plus à aucun de leurs devoirs.

Ils devraient transmettre l’amour de leur pays, et, au lieu de ça, que retient un gamin des cités du comportement de Nasri? »

L’ancien PDG des Editions Soleil sort du lot quelques joueurs, comme Hugo Lloris, « irréprochable », avant de reprendre : « Ils ne sont pas les seuls responsables, mais un fossé s’est creusé entre ces jeunes des banlieues et le reste de la société. Pour réussir, ils ont deux possibilités : être chanteur de rap ou footballeur. »
Bernard Laporte, sélectionneur du XV de France de 2000 à 2007, pointe, lui, les défaillances d’un système : « C’est un problème de formation d’hommes, pas de joueurs. Ça commence dans le foot amateur. Dès 8 ans, les gamins sont confrontés aux insultes autour des terrains. Après, en plus, s’ils en entendent à la télé venant de leurs idoles… On peut faire des erreurs, mais le maillot bleu, c’est sacré. Celui qui ne se comporte pas bien avec doit être exclu à vie.

La plus grosse bêtise, c’est après Knysna. On aurait dû dégager épais.

On a fait rire tout le monde. Je ne pense pas que ce soit une question d’argent. Malgré tout ce qu’ils gagnent, les golfeurs ou les tennismen, eux, ne perdent pas la boule. »
Laurent Sciarra, ancien international de basket, fustige d’abord le manque de combativité des Bleus. « La seule vérité est celle du terrain, insiste-t-il.

L’essence même du sport, c’est de se battre.

Les médias ont leur part de responsabilités. On a mis des garçons sur un piédestal parce qu’ils jouent dans de grands clubs à côté de grands joueurs. Mais qu’ont-ils vraiment prouvé? Tout a évolué. Aujourd’hui, les paroles et les gestes sont épiés et relayés. Tout leur tombe dessus, mais il ne faut pas se plaindre. On ne peut pas toujours prendre sans rien donner. »
Un point de vue partagé par Marc Madiot, directeur sportif de la Française des jeux :

« J’ai l’impression qu’ils s’intéressent plus à ce qu’il se passe dans leur club qu’à l’équipe de France. Ça fait partie de leur valeur marchande d’y être, mais c’est tout. Dans un sport comme le mien, on ne supporterait pas la moitié de ce qu’on voit ou entend dans le foot. »

Le Parisien

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