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C’est un village de Provence où il fait bon vivre.
[…] On se renseigne à la mairie : « Mais où sont passés les bancs publics ? » « Il n’est pas prévu de les remettre », répond d’un ton neutre l’employé de service. L’explication a le mérite de la sobriété mais cela semble tout de même un peu bizarre de faire des économies budgétaires sur les bancs publics. Un détour par le café de la place fera peut-être avancer l’enquête. Bonne pioche ! En quelques échanges, le mystère des bancs publics se dissipe. « Avant les travaux, les bancs étaient toujours occupés par les Arabes ; ça gênait les riverains. Alors la mairie a décidé de supprimer les bancs. Ca règle le problème. »

Voilà un propos qui offre deux avantages : d’abord, il est plus crédible que les économies de bouts de chandelle, ensuite, il est tout à fait en phase avec les résultats du premier tour des élections législatives. Dans cette commune comme dans toutes celles alentour, le Front national a frôlé, voire dépassé, les 30 %. Cette explication présente même le grand atout d’inciter à réfléchir sérieusement à la société vers laquelle on se dirige. Si son seul moyen de régler les difficultés de cohabitation entre ses différentes composantes culturelles est de supprimer physiquement les plus modestes espaces de convivialité, elle est mal partie.
Les Echos via Al-Kanz

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