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Le grand rabbin Gilles Bernheim s’interroge sur l’état moral d’un pays qu’il juge «proche de plusieurs points de rupture ». Face aux périls, il appelle gauche et droite à dépasser l’esprit de parti. Il estime que la France a le choix entre «la modération» et «l’extrême qui veut s’affranchir du système, en d’autres termes des réalités».

Ce qui transpire sous ce faux débat [sur le halal] est plus inquiétant. […] on laisse entendre aux juifs et aux musulmans qu’ils n’ont qu’à faire comme tout le monde, ou bien s’en aller.
Si je n’exprime pas ici et si je n’ai pas exprimé, auparavant, de préférence politique, ce n’est pas seulement par simple sentiment de convenance ou de prudence, mais aussi parce que, sur le plan moral qui est celui de mon intervention au niveau national, je trouve dans les principaux mouvements qui s’expriment autant matière à mises en garde que raisons d’espérer. […] Je l’avais indiqué expressément dans ce livre [N’oublions pas de penser la France] : seul un parti me paraît s’exclure du débat tel que je le conçois, c’est-à-dire du concours des bonnes volontés – un parti qui ne se qualifiait pas encore de bleu, et qui, par un discours brutalement xénophobe, manque aux conditions d’humanité élémentaires. […] Que la question de l’abattage rituel, agitée depuis longtemps dans les couloirs des instances européennes, soit devenue, aux dépens des juifs et des musulmans, un thème de premier plan sur la scène de la campagne présidentielle française fait aussi problème. […] D’autres interrogations similaires se font jour: le vote extrémiste est-il une simple manifestation d’humeur contre les partenaires habituels de l’alternance, ou traduit-il un désespoir profond, une vraie volonté de rupture du corps social ? […] Crif

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