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Bertrand Badie, politologue, spécialiste des relations internationales, est interviewé par le site atlantico sur les conséquences politiques de la crise en Europe.
L’Union européenne et ses institutions sont de plus en plus contestées dans les différents pays membres et cette contestation passe par l’augmentation de l’audience des partis populistes. Ces mouvements parviendront-ils à faire éclater le système. ?
Je tiens d’abord à dire qu’il faut distinguer les mouvements contestataires qui ont émergés récemment. Je ne pense pas qu’il faille faire l’erreur de mettre l’Aube dorée et les Indignés dans le même sac. L’Aube dorée est un peu comme le Front national, et peut-être même de manière plus radicale, une résurgence assez classique de l’extrême-droite et des mouvements fascistes voire carrément néo-nazis. […] Une partie de l’électorat européen manque donc de représentation. Ces partis sont-ils un moyen efficace et durable de se faire entendre ?
Il y a dans les systèmes démocratiques actuels ou labellisés comme tels, une proportion de plus en plus forte de la population qui se trouve exclue. En réalité, on revient au XIXe siècle. Il s’est institutionnalisé en Europe, à partir du XIXe siècle, après une difficile intégration de la classe ouvrière en son sein, au moment où on pensait que l’intégration était achevée, on a vu des fractions entières de la société à nouveau sortir du système politique. Ce sont les chômeurs, les populations immigrées, les marginaux, les populations de banlieues où on constate que les taux d’abstention sur les listes électorales sont anormalement élevés. […] atlantico

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