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Le petit commerce est-il moribond ou pire que cela à Roubaix ? Rue de Lannoy, l’une des deux artères commerçantes de la ville, « plusieurs bouchers-charcutiers sont partis, par manque de sécurité. Combien restent à Roubaix ? » Même constat pour les boulangeries artisanales. Il est vrai que dans l’hypercentre de la ville, pour trouver de la viande fraîche ou du pain, il n’y a que Géant Casino et Paul. Le nombre de petits commerces ne diminue pas forcément. Mais il ne s’agit guère que de sandwicheries plus ou moins élaborées. Pour faire ses courses, hors des grandes surfaces, c’est le néant ou presque. Et pas un choix exceptionnel.
Les boucheries « traditionnelles », en clair celles où l’on trouve encore du jambon, ont connu un recul. La raison peut alors tenir à une adaptation du commerce à sa clientèle. Rue de Lannoy ou à l’Épeule, les boucheries ouvertes au halal ne baissent pas le rideau. Voit-on une sorte de pression sur certains commerces ? « Moi je n’en ai jamais eu pour partir. Cela a existé, mais je ne pense pas que ce soit la majorité. On a toujours des échos à ce sujet, mais il faut être prudent. »
Ce à quoi Nathalie Desfrennes, présidente de Commerces et quartiers fait allusion, c’est à cette boulangerie de l’Épeule. Courant 2010, le commerçant faisait régulièrement l’objet d’intimidations. Début 2011, après des menaces, un incendie était sciemment allumé devant le commerce. Écoeuré, le boulanger, installé depuis trente ans dans le quartier, a jeté l’éponge et quitté Roubaix, dénonçant une « mafia locale. Sous prétexte de violences urbaines, certains tentent de chasser des commerçants pour prendre leur place » affirmait-il à l’époque. Lors du procès de l’incendiaire, le parquet de Lille soulignait « un climat dangereux autour de cette boulangerie ». L’incendiaire a depuis été condamné par la justice. Signe d’un malaise, la mairie avait fait valoir son droit de préemption sur le commerce (comme elle l’avait fait avec d’autres cellules dans ce secteur du haut de la rue de l’Épeule) et un apprenti s’y était installé. Il a depuis mis la clé sous la porte, faute de moyens.
Fin 2009, c’est une boucherie « traditionnelle », installée depuis trente ans rue de Lannoy, qui avait, elle aussi, baissé le rideau, son propriétaire invoquant des intimidations. Les commerçants dénonçaient un environnement hostile, tout en concédant que la clientèle, composée principalement de personnes âgées, ne se renouvelait pas beaucoup.
La Voix du Nord
Complément : Comparer avec Roubaix : « Un festival de l’amitié aux couleurs africaines»

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