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Jeudi midi, alors qu’une vingtaine d’enfants cheminent sur le parking pour rejoindre leur minibus, un vrombissement de moteur se fait entendre. Une Peugeot 206 rouge surgit et fonce en direction du groupe. Les animateurs crient aux enfants de s’écarter, ce qu’ils font, sans quoi le véhicule aurait fauché quelqu’un, assurent les adultes. Le chauffard arrive au bout du parking, exécute un demi-tour au frein à main et fonce une seconde fois sur la troupe obligée là aussi de faire des pas de côté. La voiture disparaît. L’un des animateurs, policier rémois qui intervient au centre de loisirs dans le cadre de sa profession, estime la vitesse à 60 km/h lors des deux passages. Deux hommes se trouvaient à bord du véhicule.

Un peu plus tard, alors que le minibus manœuvre, la 206 réapparaît. Le conducteur pile devant le minibus pour le bloquer, fixe les animateurs du regard, les nargue en criant : « Appelez la police ! Appelez la police ! » Nouvelle fuite, définitive celle-là. Les trois animateurs sont formels : la 206 était conduite par un jeune du quartier, Lamri Baitiche, 18 ans. D’après eux, le garçon devenu majeur rumine de ne plus pouvoir fréquenter le centre de loisirs. Une patrouille l’interpelle le soir-même au bas de son immeuble.
Lors de son procès hier en comparution immédiate, ne retenant que le témoignage du policier, Lamri Baitiche affirme qu’il l’accuse pour régler un compte avec lui. Ça ne se passait pas trop bien du temps où il fréquentait le centre de loisirs. Son attitude frisait souvent l’outrage : « J’ai eu des embrouilles. Plein de fois je me suis pris la tête avec lui. » Les deux autres animateurs confirment cependant qu’ils l’ont bien reconnu au volant du véhicule. Le passé judiciaire du jeune homme ne plaide pas en sa faveur. À seulement 18 ans, il traîne déjà neuf condamnations pour des vols, des violences et des refus d’obtempérer avec mise en danger de la vie d’autrui. Il est sous le coup de trois sursis avec mise à l’épreuve et mardi matin, 48 heures avant les faits, il passait devant le juge d’application des peines pour obtenir l’aménagement d’une autre condamnation (quinze jours ferme).
Déclaré coupable d’avoir foncé sur le groupe, Lamri Baitiche a écopé d’un an de prison, auquel s’ajoutent deux mois de sursis révoqués, soit quatorze mois qu’il a commencé à purger dès hier soir.
L’union
(Merci à -SACRIPANT-)

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