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Sous le pseudonyme d’«Imprononçable», un haut fonctionnaire s’interroge sur la difficulté qu’ont certains de ses collègues à prononcer des noms de famille n’appartenant pas au patrimoine patronymique classique français.

Si un représentant de l’État est dans l’incapacité de prononcer correctement, un patronyme d’origine étrangère, jugé exotique, ou jurant face aux traditionnels «Dupont» ou «Martin», peut-on véritablement parler d’intégration ?

Chaque mois de décembre a lieu le célèbre «amphi-garnison», cérémonie par laquelle les futurs hauts fonctionnaires font état, à voix haute et intelligible, de leur future affection. Ils scellent ainsi de façon formelle et magistrale la fin de leur formation et le début de leur carrière dans l’administration française.

Chacun est concentré afin de ne pas rater son moment, celui où l’on est appelé par son nom et prénom pour donner son affectation. Et pourtant, ce rituel d’intégration dans la fonction publique semble être à son insu, révélateur des difficultés d’intégration sémantique de ses membres que l’on nomme pudiquement les «minorités visibles».

Car, il semble qu’il y ait des noms plus difficiles que d’autres à prononcer, car moins commun ou banal. Ce sont ceux qui toute leur vie, ont vu leur patronyme systématiquement écorché. Cela a commencé très tôt dans leur existence. Dès la classe maternelle pour certains, le phénomène se répétant systématiquement à chaque rentrée scolaire, le professeur n’ayant visiblement appris (ou retenu) la façon idoine de prononcer «ces» noms. Et pourtant, si difficiles à prononcer ces noms ? Et que devons-nous en déduire, nous, les imprononçables de la République ? […]

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