De ce point de vue, l’obsession de M. Finkielkraut, si elle est partagée, semble indiquer que Charles Maurras, pourtant frappé d’indignité nationale à la Libération, n’est plus très loin du Panthéon. Pour se livrer une fois de plus à ses phobies réactionnaires et islamophobes, le professeur de Polytechnique a invité Michèle Tribalat et Gilles Kepel. Madame Tribalat incarne l’extrême droite respectable et policée et Monsieur Kepel, la gauche au sens où Lacan disait que la droite est méchante et la gauche, bête. […]
La position de la-droite-qui-se-dit-de-droite est abjecte. Elle a pour fond l’idée d’une identité de la France alors que cette notion-là est en elle-même discutable et que la seule position émancipatrice sur ce point est qu’il n’y a pas d’identité de la France en ce sens que ce pays est une page vierge sans cesse renouvelée par des couleurs, des pratiques et des cultures voire des langues différentes.”
La position d’Alain Finkielkraut est terrible et en cela, facteur d’antisémitisme. Notre essayiste, posé en victime absolue (après tout, il est descendant de survivants au plus grand crime du XXème siècle), peut donc dire tout ce qu’il veut sur les musulmans et les Arabes de France. Ceux-ci, même persécutés, n’atteindront jamais – pense-t-il – le quart du malheur des juifs d’Europe de l’Est et donc, on peut y aller, on peut se lâcher ! […]
Dans cette émission, Michèle Tribalat représente donc l’extrême droite mezzo voce (à laquelle appartiennent entre autres Eric Zemmour, Caroline Fourest, Claude Guéant, Pierre-André Taguieff, Robert Redeker, Robert Ménard et… Alain Finkielkraut) tandis que Gilles Kepel représente, lui, la gauche. […]
Gilles Kepel, au visage plus humain que ses deux interlocuteurs haineux (écoutez la façon dont M. Tribalat s’adresse à l’autre invité vers la fin de l’émission), aime davantage les gens d’ici de religion musulmane mais il les aime, au fond, intégrés. L’intégration est tellement le marqueur idéologique de la gauche que la Sarkozye, par la voix notamment du policier Guéant, se croit désormais obligée de parler d’assimilation puisque dans le jeu parlementaire, l’important est de se dissocier de son/ses concurrent(s). Le postcolonialisme de tels discours est patent. […]
Mediapart / Le blog de Yvan Najiels – 31/12/2011
(Merci à pierrelermite)





