Fdesouche

Le déficit public irlandais s’est réduit de 4 points de PIB depuis 2009. La profitabilité des entreprises s’est nettement redressée. Mais ce désendettement accéléré risque de trop peser sur l’activité, devenant ainsi contre productif.

Si l’Irlande fait toujours partie des PIGS, elle ne peut plus être mise dans le même sac que la Grèce ou que le Portugal, tant les progrès accomplis en quelques mois par l’ancien tigre européen sont importants. Le déficit public irlandais – hors besoins de recapitalisation des banques – s’est réduit de 4 points de PIB depuis 2009. Le déficit courant s’est transformé en léger excédent. Enfin, la profitabilité des entreprises s’est nettement redressée.

Les experts du Fonds Monétaire International (FMI) de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne, qui viennent à peine de terminer leur mission d’évaluation en Irlande, sont séduits. “L’ajustement en cours est solide. Les objectifs budgétaires de 2011 seront atteint et les réformes structurelles en cours contribueront elles aussi à l’assainissement », notent-ils dans leur rapport.

Cependant, l’Irlande entre désormais dans une phase délicate. Celle ou le désendettement accéléré risque de trop peser sur l’activité, devenant ainsi contre productif.

Les experts du FMI, de la BCE et de la Commission, l’avouent à demi-mot. “L’Irlande devra trouver un équilibre entre les impératifs de réduction de la dette et une limitation des entraves à la croissance et aux créations d’emplois », soulignent-ils dans leur rapport. Cette phrase anodine et un peu floue pourrait bien annoncer un changement de stratégie pour l’Irlande. Le pays en a besoin, estime un rapport récent du broker Goodbody.

En effet, en Irlande, le surendettement touche à la fois le secteur public, le secteur privé et les banques. Réduire les trois simultanément est clairement une mauvaise idée, explique le rapport. Si l’Irlande s’entête à respecter tous les objectifs en même temps, la reprise qui se dessine sera vite étouffée. Un risque souligné récemment par le ministre des Finances Michael Noonan.

D’autant que seul le moteur des exportations tourne. Le marché intérieur reste déprimé par les baisses de prix (les coûts salariaux unitaires ont baissé de 15% et les prix de l’immobilier commercial ont été divisés par deux).

Il faut donc lâcher du lest d’un côté. Mais lequel ? Du côté des ménages, les autorités ne peuvent pas faire grand-chose. L’endettement atteint 220% du revenu disponible, soit près de deux fois la moyenne internationale. Et la chute des marchés financiers pourrait réduire la richesse nette des ménages de 250 milliards d’euros.

Les irlandais vont donc devoir se serrer la ceinture pendant plusieurs années. Lâcher du lest sur le désendettement public est également impossible en pleine crise financière. L’Irlande a enregistré un déficit primaire de 6% du PIB en 2011. C’est le plus mauvais résultat de la zone euro.

Restent les banques. Celles-ci doivent ramener à 122% leurs ratios prêts sur dépôts d’ici à 2013. Tout l’enjeu aujourd’hui, est de permettre aux banques de réaliser cet assainissement sans trop pénaliser le crédit. Cela passe sans doute par un délai supplémentaire mais aussi par de nouvelles aides de la part de la BCE, estiment aujourd’hui les économistes. De longues discussions en perspective.

L’Expansion

(Merci à Romégas)

Fdesouche sur les réseaux sociaux