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El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l’université Paris Dauphine, plaide pour l’approfondissement de l’aide de l’UE aux pays du sud de la Méditerranée et l’utilisation des diasporas et des binationaux.

Vous soulignez aussi la nécessité pour la Tunisie de développer des actions en direction de la diaspora qualifiée pour la faire participer de manière ponctuelle au développement d’activités dans les services de la connaissance et d’investissement immatériel. Cela est aussi valable pour l’Algérie…

Oui, les travaux de recherche montrent que les diasporas jouent un rôle clé dans le rattrapage des pays d’origine (Inde, Chine, Thaïlande…). Or, dans le cas des économies arabes, on observe une «fuite des cerveaux» plus marquée que dans d’autres régions comparables en termes de revenu par tête. En même temps, les compétences ne sont pas seulement à l’extérieur dans le cas de l’Algérie par exemple. Il est important de développer une stratégie en direction de la diaspora algérienne en Europe comme en Amérique du Nord pour l’impliquer dans des programmes ponctuels universitaires, de recherche et d’innovation, d’investissements…

Le Maroc développe une telle stratégie. Il ne s’agit pas d’essayer de faire revenir définitivement cette diaspora, mais de répondre à son attachement affectif au pays d’origine en lui proposant des collaborations au cas par cas et en créant un cadre favorable d’incitations. Cet attachement est érodé dans le cas d’absence de perspectives démocratiques, mais lorsque les anticipations deviennent de nouveau positives comme en Tunisie ou en Egypte actuellement, les diasporas reviennent car elles sont mobiles et libres souvent grâce à leur statut de binationaux.

El Watan

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