Fdesouche

Le Royaume-Uni comptera 600.000 enfants de plus sous le seuil de pauvreté en 2013.

Le quotidien des Britanniques aux revenus les plus faibles va s’aggraver dans les années à venir. Le revenu moyen réel en Grande-Bretagne, qui prend en compte l’inflation, devrait baisser de 7% entre 2010 et 2013 selon The Institute for Fiscal Studies (ISF). Cela pourrait représenter la plus forte baisse en trente-cinq ans. Il faut en effet remonter à la période 1974-1977 pour retrouver trace d’une telle chute du revenu moyen, soit la période post-choc pétrolier.

Le centre d’études prend l’exemple d’un couple gagnant un peu plus de 30.000 livres (34.500 euros) par an : ses ressources tomberont à un peu moins de 28.000 livres (32.200 euros), ce qui représente 2300 euros en moins pour vivre dans trois ans. Il faudra attendre six ans pour que les Britanniques retrouvent leurs niveaux de vie de 2009, soit la plus longue période de récupération depuis 1961, l’année où l’institut a réalisé son premier rapport.

Pour Robert Joyce, chercheur à l’IFS, il s’agit là des conséquences directes de la crise de 2008 : « On peut parler d’effet à retardement de la récession. Les revenus réels n’ont pas baissé pendant un certain temps quand l’économie a commencé à se contracter, en partie parce que l’inflation était très faible. Mais l’inflation a vivement progressé et les salaires ne se sont pas adaptés ».

En effet, selon l’organisme indépendant Office for Budget Responsibility, rien que cette année les revenus moyens devraient augmenter de 2,2% en Grande-Bretagne, alors que les prix à la consommation pourraient bondir de 3,6%. Dans ce contexte, le nombre de pauvres va augmenter en 2013. La Grande-Bretagne devrait compter 2,9 millions d’adultes en âge de travailler en état de « pauvreté absolue », soit vivant avec moins de 60% des revenus moyens en 2009-2010.

Selon l’Institute for Fiscal Studies, le nombre d’enfants vivant dans cette pauvreté absolue devrait même connaître un pic en 2013, à 3,1 millions, soit 600.000 de plus qu’en 2010. L’objectif des députés, à travers la loi sur la pauvreté infantile de 2010, de réduire le taux à 5% en 2020 ne sera pas atteint, prévient le cercle de pensée.

L’ISF montre du doigt le gouvernement de David Cameron. Certes, prévient l’institut, le crédit universel mis en place par les conservateurs, qui vise à verser des aides aux travailleurs démunis, va dans un premier temps les soutenir, mais elle ne pèsera pas assez lourd face à d’autres mesures pénalisantes du gouvernement, comme l’indexation des aides sociales à l’inflation des prix à la consommation et non plus à celle des prix au détail (qui augmente plus vite).

De quoi indigner Alison Garnham, directrice de l’association Child Poverty Action Group : « Les ministres semblent être dans le déni que leur politique actuelle pourrait mener au pire de taux de pauvreté de notre génération ».

L’étude de l’IFS arrive dans un climat bien sombre en Grande-Bretagne, à l’heure ou le Fonds monétaire international a prévenu qu’un risque de récession planait au-dessus du royaume.

Le Figaro

Fdesouche sur les réseaux sociaux