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Le Réseau éducation sans frontières (RESF), qui s’occupe surtout de la scolarisation d’enfants de parents sans titre de séjour, apporte son soutien à un couple de Somaliens sans enfant qui vient d’arriver à Nîmes. Il s’agit de Soleyman, 29 ans, et de sa compagne Farhidja, 24 ans, visiblement épuisée et très éprouvée moralement.

Menacés d’assassinat par des proches car n’appartenant pas à la même ethnie mais ne renonçant pas à leur couple, ils ont quitté précipitamment leur pays, ravagé par des tueries et une guerre civile qui n’en finit pas. Leur cavale les a conduits il y a trois mois, disent-ils, au Kenya, pays frontalier, et ils ont pu, avec l’appui intéressé de personnes peu recommandables, prendre un vol de Nairobi à Marseille, où ils ont atterri le 21 mai et rendu les papiers qui leur avaient permis de franchir les contrôles. Ils ne parlent pas un mot de français, un peu d’anglais pour lui, et les passeurs leur ont dit d’aller à Nîmes où ils ne connaissent personne.

Complètement perdus, ils ont erré dans les rues de la cité des Antonin en se faisant le plus discrets possible avant d’être repérés par RESF. Ils vont désormais déposer une demande d’asile mais, en attendant que cette demande ne soit examinée dans un délai de quinze jours, délai au terme duquel l’administration les prendra en charge, ils sont à la rue. Ils ont passé trois nuits sur le trottoir, devant les locaux du 115, et une âme charitable leur a payé deux nuits d’hôtel, un hôtel dont ils doivent libérer la chambre ce matin-même. Pour RESF, la France agit en violation des traités internationaux en refusant de prendre en charge les réfugiés dès leur arrivée. “Il faut dénoncer ces pratiques qui ont déjà valu à la France d’être condamnée à 67 reprises”, s’exaspèrent les militants du collectif.

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