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Nicolas Clément, Directeur général, et Claude Chaudières, Vice-Président de l’association Emmaüs, estiment que la France doit assumer ses choix de politique étrangère et accueillir les clandestins tunisiens.

La France a raison d’aider à abattre les dictatures voisines, mais elle doit en accepter les effets collatéraux. D’autant plus que ces nouveaux arrivants sont jeunes, courageux (et pas si nombreux qu’on le dit !) et ne peuvent que nous apporter force et dynamisme.

Pourquoi avoir quitté un pays enfin démocratique ? Partir loin du soleil qui nous fait rêver, pour être si maltraités ici ? Pourquoi refuser de rentrer ? Le tourisme (seulement 8 % du PIB) a chuté très fort (- 41 %). Et le Sud est très frappé. On comprend le départ de ces jeunes vers la France. Rêve d’eldorado, mais aussi fuite devant un quotidien sans espoir. Peu qualifiés, peu francophones, ils sont presque tous déterminés à rester en France. Comme les Afghans fuyant un pays en guerre et arrivés il y a plus d’un an, ils ont payé de lourds «péages» et ne rentreront que s’ils peuvent au moins les rembourser.

Ils attendaient un autre accueil : célébrés pour leur révolution, ils sont rejetés dès leur arrivée ! Seuls, ils ont renversé leur dictateur. […] Emmaüs demande un arrêt des rafles policières, des conditions d’accueil dignes et une politique d’intégration européenne plus juste et solidaire pour améliorer l’accompagnement, le soutien individualisé tout au long du parcours d’intégration et le développement de dispositifs adaptés aux besoins des nouveaux arrivants, et aussi pour aider à la relance économique de la Tunisie.

Libération

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