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“Il est soigné, poli, bien socialisé. Il n’est pas dans le registre de l’agressivité et de la perversion.” Le contraste était saisissant, hier, entre l’expertise psychiatrique de l’accusé et l’extrême violence des trois viols pour lesquels Lazher Fatnassi, défendu par le bâtonnier Lemaire, comparaissait devant la cour d’appel d’assises du Gard, à Nîmes.

Le 12 mars 2010, ce ressortissant tunisien âgé aujourd’hui de 30 ans a été, comme son complice Salem Gribi, condamné à 12 ans de prison ferme par la cour d’assises de Vaucluse. Lui seul a fait appel de cette décision.

Les faits remontent au 7 octobre 2006. Ce jour-là, vers 23h, une femme d’origine camerounaise, Lydie, 34 ans, est embarqué de force dans un véhicule alors qu’elle se trouve avec un groupe de prostituées le long des remparts d’Avignon. “Ils ont fermé les verrous et ont démarré en trombe, raconte-t-elle à la barre. J’ai vu qu’on passait sur un pont (le pont de l’Europe, Ndlr) avant qu’ils ne me bandent les yeux et me frappent. Un peu plus loin, ils m’ont fait descendre, dans un champ de vignes. Là, ils m’ont violée. J’avais froid, je criais. Je leur ai demandé de me laisser.” La victime éclate en sanglots.

“Je leur ai demandé pitié, j’ai dit que j’avais trois enfants. Mais ils m’ont remis dans la voiture, on a encore roulé longtemps. Le chauffeur (Lazher Fatnassi, Ndlr) m’a dit que son ami était un musulman extrémiste et qu’il allait m’étrangler.”

La voiture s’arrête à nouveau dans un champ, à quelques encablures du rond-point de Beauregard, à Jonquières. Lydie est à nouveau violée. “Vous avez eu peur de mourir ?”, demande la présidente de la cour. “Oui, ils m’ont violée, m’ont tout pris. Mais ils ne me laissaient pas partir. Donc je pensais qu’ils ne leur restait rien à faire d’autre que de me tuer. J’en voyais un fouiller dans le coffre, je pensais qu’il cherchait une arme. J’avais si peur que je m’urinais dessus.” Lazher Fatnassi sera confondu par les empreintes ADN. […]

La Provence

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