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Un bras de fer singulier oppose les autorités de la Bourse de Milan à la mairie de cette ville à propos d’un doigt. Ou plus exactement d’un poing fermé, le majeur tourné vers le ciel, dans un geste assez vulgaire de défi. Ce poing, en pur marbre blanc de Carrare, haut de onze mètres, ne passe pas inaperçu. D’autant qu’il a été posé juste devant le palais Mezzanotte, le temple du marché financier italien. L’outrance est évidente, et le fait que son auteur, Maurizio Cattelan, l’ait baptisé L.O.V.E. (liberté, haine, vendetta et éternité) n’a fait qu’attiser la colère de ses détracteurs. Circonstance aggravante, le jour de la Saint-Valentin, un collectif d’artistes a trouvé de bon goût de lui passer un anneau de fiançailles au doigt.

Installée le 24 septembre dernier, cette œuvre, qui a coûté la bagatelle de deux millions d’euros au contribuable, devait être enlevée le 4 janvier. Mais la mairie a décidé qu’elle resterait en place jusqu’au 30 septembre prochain. Pour le conseiller à la culture, Massimiliano Flory, c’est «une main ouverte vers l’art contemporain». Giu­seppe Vegas, le nouveau président de la ­Consob, l’autorité qui supervise la Bourse, ne le voit pas ainsi. Il menace de délo­caliser l’assemblée annuelle de son institution, qui se déroule d’ordinaire en mai devant un aréopage international, si la statue continue de narguer le monde de la Bourse

Le Figaro

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