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Mars 2010. En pleine campagne pour les régionales avec le PS, le candidat francilien Ali Soumaré est attaqué et diffamé par l’opposition. En cause, un casier judiciaire jugé incompatible avec l’exercice d’un mandat. Le climat apaisé, il sort son « Casier politique », livre de ses vérités, où le lecteur hésite à le victimiser ou le culpabiliser. Il revient notamment sur ses engagements et ses motivations. Rencontre.

(…) Vous dites vous autocensurer en ne portant pas de djellaba pour aller à la mosquée, par peur de la pression médiatique. Comment gérez vous l’image, voire la stigmatisation de votre religion dans le milieu politique ?

On se rend compte que la force de l’image encourage un certain nombre de préjugés. La pression médiatique accentue tout cela, surtout le côté « on va trouver quelque chose sur Ali Soumaré. » Les préjugés autour de la barbe et de la djellaba sont encore trop puissants pour vouloir dire « tant pis, je passe outre. » Je l’ai vu dans le choix de certaines images par les journalistes. Lors des événements de Villiers-le-Bel, il faisait froid, j’avais donc ma capuche, et la tête de quelqu’un de fatigué. Quand vous donnez cette image-là à une dame qui, en province, a peur des questions de banlieues, tout de suite, elle recule. Il y a une forme de violence, ne serait-ce que dans l’image. Cette violence est liée aux préjugés.

(…) Vous critiquez SOS Racisme et ses visions « assimilatrices. » Vous avez pourtant rejoint le parti qui en est l’instigateur. Ne vous sentez-vous pas héritier de cette histoire ?

Bien sûr que si, et c’est même pour ça que je me permets de critiquer. Je pense qu’on a fait un « mauvais bébé. » C’est un mauvais système. On a sous-traité, car on ne voulait pas aborder ces questions-là. Désormais, c’est moins le cas. Et j’espère qu’on les abordera comme les questions de développement durable, d’écologie. C’est le défi pour demain.

RespectMag

(Merci à Ethan)

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