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Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a tapé du poing de la table ce week-end lors d’un séminaire. Il s’est alarmé de la multiplication des vols de cuivre d’une « ampleur phénoménale » le long des voies ferrées françaises.

Car les vols de câbles, qui sont « aujourd’hui la principale cause de détérioration de la régularité », perturbent notamment le bon fonctionnement de la signalisation. Sectionnés, les câbles ne peuvent plus transmettre d’informations obligeant les trains à s’immobiliser pour des raisons desécurité.

Pour l’entreprise, la facture s’élève à « plusieurs dizaines de millions d’euros ».

Ces vols sont « exactement corrélés au cours du cuivre », remarque Pierre Izard. Une tendance au vol qui ne risque pas de s’inverser, le cours du cuivre atteignant des sommets. Négocié à 5.865 € la tonne, il a bondi de 29 % en un an.

Je tenais à pousser un coup de gueule, les chiffres sont dramatiques. Les conséquences sur les usagers sont énormes. Chaque jour nous déplorons entre six et dix vols de câbles de plusieurs centaines de mètres.»

Liés à l’envolée des cours des matières premières, ces vols se produisent en général dans des zones périurbaines, mais aussi de plus en plus en pleine campagne et en plein jour, note Pierre Izard, directeur général de SNCF Infra. Ainsi, sur les douze derniers mois, il en dénombre pas moins de 2.100.

Le dernier vol le plus spectaculaire est certainement celui qui a paralysé l’axe Paris-Beauvais pendant une journée le week-end du 11 septembre dernier. A quatre endroits différents, du jamais-vu à la SNCF Picardie, les voleurs ont sectionné des câbles afin d’y récupérer le précieux métal. Dans l’agitation, les voleurs ont également coupé des câbles de fibre optique qui permettent de suivre la circulation des trains.

Cette action commando a eu pour conséquence d’interrompre immédiatement le trafic, car les agents de la SNCF ne pouvaient plus suivre la circulation des trains, ces derniers ayant purement et simplement disparu de leurs écrans de contrôle. Résultat, plus de cinq heures d’attente pour certains voyageurs bloqués dans les rames.

Avec 32.000 kilomètres de voies, Réseau Ferré de France (RFF, propriétaire des voies) est assis sur un véritable trésor que la SNCF, principale utilisatrice des voies aimerait protéger. Face à ce fléau, Guillaume Pepy et son état-major préparent donc la riposte. Plusieurs parades devraient être rapidement appliquées. Les actions de la police et de la gendarmerie vont ainsi se multiplier pour « remonter les filières », des tournées d’inspection communes avec Réseau Ferré de France vont voir le jour.

Une installation de systèmes de vidéosurveillance, ou un marquage des câbles avec des dispositifs de géolocalisation sont également avancés et pourquoi pas « des drones pour surveiller les lignes ».

20 Minutes


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