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Fadela Amara travaille avec les bailleurs sociaux sur les évolutions de ce métier devenu à risques. Les concierges sont de plus en plus exposés à la violence. (…) des actes qui vont des menaces verbales ou insultes aux agressions avec armes à feu, en passant par les crachats, les agressions à mains nues, avec jets de projectiles ou encore avec animaux. (…)

Selon Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis (PCF) et président de Plaine Commune Habitat, ces violences surviennent souvent dans des quartiers en rénovation urbaine. “Les opérations de réhabilitations dérangent les trafiquants. Ils s’en prennent alors à nos agents pour faire pressions sur les bailleurs sociaux et garder ce qu’ils considèrent comme leur territoire.”

Pour continuer à assurer la sécurité de leurs personnels, certains bailleurs ont remis à plat leur organisation. C’est le cas du groupe 3F à Sevran. En mars 2008, une série d’incidents avait contraint l’organisme HLM (140 000 logements principalement en Ile-de-France et 1300 gardiens et agents de proximité) à retirer tous ces employés du site des Beaudottes. Il y a un mois, une équipe de six gardiens, recrutés et formés spécialement pour travailler en binôme et dans les quartiers difficiles, a réinvesti le site.

Cette expérimentation a coûté 210 000 euros au groupe 3 F. Le bailleur social (…) n’exclut pas d’étendre ce dispositif ailleurs. (…) Cette sécurisation pèse lourd dans le budget des organismes HLM. Chaque année, l’office HLM y consacre 1 million d’euros selon Martine Flament, directrice générale de Plaine Commune Habitat. “Nous sommes obligés de nous adapter sans cesse, car les formes d’agression ne cessent d’évoluer”.
(…) une vingtaine de quartiers en Ile-de-France ne comptent déjà plus aucun gardien, faute de pouvoir y assurer leur sécurité.

Article paru dans Le Monde du 21 août, édition abonnés

Lire aussi : “Gardien d’immeuble en milieu hostile” sur le Bondy Blog

“Majid, 27ans, avait trouvé un poste de gardien d’immeuble en banlieue : « Ils m’ont envoyé à Beyrouth (dans le Val-de-Marne) ! C’est le truc où quand tu reviens les lundis matin, tu trouves des cartons de pizzas, des bouteilles de bière par terre, et les boites aux lettres défoncées. La formation a duré une semaine, je suis resté quatre jours en place. Ils m’avaient mis dans une ville où la poste avait été attaquée au lance-rocket, tous les commerces environnants avaient été braqués, le commissariat brûlé. Ça m’a découragé. Dès mon arrivée, un groupe de jeunes m’a accueilli en me lançant des regards agressifs. Les flics ? Ils ne viennent jamais ! »”

(merci à jean)

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