Fdesouche

Après la Belgique et la France, le débat sur le voile intégral fait tache d’huile en Espagne, où les interdictions municipales se multiplient. Mardi 20 juillet, la chambre des députés a repoussé, par 183 votes contre 162, la proposition de loi déposée par l’opposition de droite, menée par le Parti populaire, en faveur d’une interdiction du voile intégral dans les lieux publics. Ce vote va à l’encontre de celui du Sénat, en juin, sur le même texte.

En Espagne, où la communauté musulmane représente 1,2 million de personnes mais où le port du voile intégral est ultra-minoritaire, ce sont des communes catalanes qui ont pris les devants. Neuf municipalités de cette région abritant d’importantes communautés marocaines et pakistanaises ont interdit ces dernières mois le voile intégral dans les édifices publics, mais pas dans la rue. La question transcende les clivages : ces interdictions ont été prononcées à l’initiative de toutes les couleurs politiques.

Le débat suscite un certain embarras au sein du gouvernement socialiste, partagé entre deux de ses marques d’identité : la défense de l’égalité hommes-femmes, et le respect des cultures qu’il promeut internationalement à travers son initiative de “Dialogue des civilisations” entérinée par l’ONU. “A ce rythme, il y aura bientôt plus d’arrêtés municipaux que de burqas en Espagne”, a déploré la ministre de l’égalité, Bibiana Aido, jugeant “nécessaire une régulation générale du voile intégral”. “La burqa ne pose pas seulement un problème d’identification. Elle porte atteinte à l’égalité et à la liberté des femmes. Mais c’est une question extrêmement complexe qu’il faut aborder avec réflexion pour ne pas créer beaucoup plus de problèmes”, a-t-elle souligné.

La puissante Eglise catholique espagnole défend le port du voile intégral au nom de la Constitution, qui stipule : “Les personnes et institutions ont le droit de manifester leur croyance, dans la limite du respect de l’ordre public”.

Le Monde

(merci à Goupil)

Fdesouche sur les réseaux sociaux