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Par James Turk

On raconte beaucoup de choses concernant l’or prétendument détenu et contrôlé par le FMI. Il y a beaucoup de questions sans réponse concernant le véritable statut de son or et encore plus concernant le fait de savoir si cet or n’est pas qu’un fantôme constitué d’écritures comptables.

Il se pourrait que le FMI ne détienne qu’une partie des « créances sur l’or » qui sont les contributions des divers pays qui ont rejoint le FMI par le biais des souscriptions. En conséquence, le FMI ne posséderait pas d’or en propre. Les pays membres lui auraient fourni, par l’intermédiaire de leurs banques centrales, une créance sur leurs réserves d’or personnelles.

A cela s’ajoute la question de savoir si lesdites banques centrales détiennent encore cet or dans leurs coffres ou si elles ne s’en sont pas séparées par l’intermédiaire de prêts ou de leasings à des bullion banks [banques qui achètent et vendent de l’or] qui l’auraient vendu sur le marché. Rappelons que ce mécanisme est l’instrument essentiel de la manipulation des cours de l’or par les autorités monétaires.

Donc, la question se résume ainsi : le FMI détient-il véritablement de l’or ? Ou détient-il simplement des créances sur l’or des banques centrales, or dont tout ou partie aurait été sorti des-dits coffres afin d’être prêté aux bullion banks ?

Le FMI ne répond pas à la question. Il espère pouvoir continuer à poursuivre ses pratiques habituels communes à tous les autres banquiers centraux, celles qui ont lieu à huis clos parce que les banques centrales n’ont pas de comptes à rendre au public. Selon les propres mots de Chris Powell, le co-fondateur du GATA : « Le protocole consiste à s’assurer que le FMI ne se mette jamais dans une position qui puisse éventer le fait qu’il ne possède pas d’or, qui puisse laisser penser que le FMI n’a qu’une créance ténue sur les réserves d’or de ses membres et que ses supposées transactions sur l’or ne sont en réalité que des opérations comptables dont le but premier est en effet de manipuler le marché de l’or. »

Et ainsi au lieu d’obtenir des réponses directes et claires du FMI qui révéleraient la réalité, nous devons nous en tenir à des bribes de preuves et que nous devons pondérer de façon à obtenir une conclusion logique. En d’autres termes, même si le FMI a du mal à l’admettre, 1+1, cela fait toujours 2.

Il est donc très surprenant de lire de certaines preuves anecdotiques des pratiques comptables du FMI dans un article récent du Wall Street Journal. Dans un article intitulé « Qui est aux commandes du sauvetage de la Grèce, » le WSJ fait quelques commentaires révélateurs sur la manière dont le FMI décompte ses fonds prétendument « donnés » par ses membres. Et voici ce que nous dit le WSJ :

Le FMI est une sorte de grande banque coopérative. Ses membres y injectent de l’argent. Le comité de direction le prête.

Chaque membre possède un “quota” c’est à dire un compte auprès du FMI, exprimé comme un pourcentage et y contribue en conséquence. Le quota américain est de 17,09% suivi du Japon pour 6,12% et de la France et de la Grande-Bretagne avec 4,94% pour ces deux derniers pays.

Cela signifie-t-il que les USA sont responsables d’une portion équivalente à 17% du sauvetage grec ? Pas exactement.

En premier lieu, tous les pays sont théoriquement responsables des investissements dans le pool de prêts du FMI, mais tous n’ont pas des monnaies utilisables pour des usagers potentiels (pensez aux dollars du Zimbabwe ou aux pesos vénézuéliens).

Le FMI n’affirme pas exactement cela. A la place, il utilise le concept de “ressources utilisables” ce qui signifie qu’il utilise l’argent de pays qui sont considérés comme financièrement sains. Environ 21% des contributions du quota du FMI ne sont « pas utilisables » selon un communiqué de presse de ce dernier en date de janvier 2010.

Comme les USA, le Japon et les grands pays européens sont dans le camp des “utilisables” ils financent une plus large part des fonds du FMI que leur quota ne le suggère. Il n’est pas possible de déterminer exactement ces pourcentages pour plusieurs raisons. Le FMI tire des fonds qui sont prévus en sa faveur mais qui sont toujours détenus dans les banques centrales.

Maintenant, remplaçons le mot “fonds” dans la phrase ci-dessus par le mot “or.”

Si les pays ne transfèrent même pas leurs monnaies nationales au FMI, monnaies que ces pays peuvent créer à partir de rien en passant une écriture comptable, vont-ils vraiment transférer au FMI leurs réserves d’or physique ?

Je pense que nous pouvons donc affirmer sereinement pourquoi le FMI refuse platement et systématiquement de répondre à certaines questions simples sur le statut de ses réserves d’or . Le FMI ne détiendrait pas d’or.

En ce qui me concerne, je vous conseille tout simplement d’ignorer le blabla du FMI. Ce n’est que de la propagande anti-or faite par un tigre de papier.

En conséquence, ne vous laissez pas convaincre de vendre votre métal physique et ne laissez pas les annonces faites par le FMI vous empêcher de continuer à accumuler du métal physique. Si la crise des dettes souveraines continue à se déployer, elle est désormais hors de tout contrôle et révèle les erreurs des banquiers qui craignent désespérément des pertes gigantesques sur le papier monnaie qu’ils détiennent.

Alors oui, nous avons – plus que jamais – besoin d’or.

James Turk est le fondateur et le président de GoldMoney.com, qui vous permet d’acheter de l’or et de le stocker à Jersey ou en Suisse. Il est le co-auteur de The Collapse of the Dollar.

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