Fdesouche

Au collège Martin-Luther-King de Calais, après l’explosion de deux bouteilles explosives jetées par des ados, les adultes déplorent les conditions de vie des familles du quartier du Beau-Marais. (…)
Le collège Martin-Luther -King, en prévention violence et ambition réussite, est en lisière du quartier du Beau-Marais, zone urbaine sensible de Calais. Des tours de plus de dix étages, des parkings défoncés, des cages d’escalier indignes. Mais pas de «jeunes issus de l’immigration», parce que pas d’immigrés, ou quasi. Juste des pauvres. Un jeune prof résume : «Ici, c’est la misère blonde aux yeux bleus.»
A l’enquête sociale, le collège Martin-Luther-King a été classé dernier du Pas-de-Calais. Dans le collège, c’est 89 % d’élèves de familles défavorisées, 40 % de familles sans père, 1 % de familles d’origine étrangère, et 40 % de chômage. Il est loin le temps des ouvriers de la dentelle et des bus qui passaient chercher les sidérurgistes. L’équipe éducative réclame dix postes de surveillants, le retour de quatre enseignants. Pétition dans le quartier, manif jeudi au pied des tours. Julie raconte : «J’ai vu de l’eau et des morceaux d’alu, pas un engin explosif.» Les mômes, eux, savent. «La bouteille gonflait. On a tout de suite compris», dit une petite de sixième. Certains jouent à ça dans le quartier. «Sur mon palier, une fois, dit une dame, la voisine est tombée, le nez en sang. Nous, on pouvait plus respirer, on a dû faire des courants d’air.»
Suite
(merci à Henry)

Fdesouche sur les réseaux sociaux