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Face au Monde –et… dans le Monde– le ministre de l’Intérieur a enfilé les gants de boxe. Dans une tribune publiée aujourd’hui dans le journal et sur son site internet, Brice Hortefeux répond vertement à l’éditorial publié deux jours plus tôt par le quotidien. Intitulé “Déchéance politique”, le texte déplorait l’annonce par Hortefeux d’une possible polygamie de Lies Hebbadj.
Faisant le lien avec le “piège” de l’annonce d’une loi interdisant le voile intégral, le Monde décernait un carton rouge au gouvernement, l’accusant de prendre le risque de “stigmatiser la communauté musulmane” et de “réveiller le jusqu’au-boutisme d’une infime minorité de musulmans ou de l’extrême droite”. La conclusion de l’édito était très sèche : “La burqa est un piège. Un piège stupide. Un piège indigne. Si l’on était aussi irréfléchi que M. Hortefeux, on demanderait volontiers sa “déchéance ministérielle”.”

“vous n’êtes pas loin de rejoindre Tariq Ramadan” (Hortefeux au Monde)

La réponse d’Hortefeux est sur le même ton : “Longtemps, j’ai lu Le Monde avec l’attention et le respect que l’on doit aux institutions vertueuses et rigoureuses. (…) De la trace laissée par Hubert Beuve-Méry, le journal avait su conserver l’essentiel: un attachement actif à la laïcité, un humanisme entier, un respect exigeant des droits des personnes. C’est donc avec une certaine tristesse que j’ai pris connaissance (…) de l’éditorial du Monde.” Il accuse le journal de ne pas être “loin de rejoindre Tariq Ramadan”, intellectuel qu’il présente comme “un rhéteur proche des Frères musulmans, qui n’a jamais clairement condamné la lapidation”. “Je regrette que vous vous soyez embourbés aux côtés de ce prédicateur aussi habile que pernicieux, écrit le ministre. Car je n’imagine pas que vous puissiez cheminer avec ceux qui prônent l’asservissement des femmes. A mon tour, je vous pose une question: où sont passés les principes du Monde ?”
Hortefeux se livre ensuite à un semblant de profession de foi : “Je ne céderai pas aux tenants du politiquement correct qui, toujours, préfèrent ne rien dire, ne rien faire, ne rien penser, pour ne prendre aucun risque. (…)Je préfère déplaire au Monde que d’empêcher, par mon silence, la manifestation de la vérité, quelle qu’elle soit.”
Via @si

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