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Le quartier de la Reynerie, le quartier le plus «difficile » du Mirail à Toulouse, est aux mains de bandes d’adolescents rarement âgés de plus de 14 ans. Tout contribue à rendre la situation explosive : taux de chômage énorme, forte proportion de ménages non imposés, trafics et arrivée continue d’immigrés clandestins.

«C’est eux qui caillassent les policiers et brûlent les voitures.» : «Beng», 29 ans, une figure respectée de la cité, offre le thé dans un verre en plastique au milieu du parking, assis sur le capot d’une voiture. Il regarde les adolescents qui traitent les policiers de «fils de pute» : «C’est comme un rite d’initiation, un passage obligé quand on grandit ici», devise le jeune homme, qui a passé près de six ans en détention sur les dix dernières années pour des «casses» et des vols.

«La colère est plus violente, plus imprévisible aujourd’hui. Avant, on savait quand ça allait péter. Aujourd’hui, ça peut partir n’importe quand, n’importe comment, s’alarme Beng en réclamant un strict anonymat, comme tous les jeunes présents. Et il y a des armes qui circulent, ce qu’on n’avait pas à l’époque.»

Taux de chômage des 16-25 ans : 42 %. Proportion de ménages non imposés : 64 %. Revenu moyen trois fois plus faible que dans le reste de la ville. Proportion de non diplômés très élevée. Arrivée continue d’immigrés clandestins. Et climat sécuritaire dégradé avec son lot de caillassages» des forces de l’ordre et d’incendies de voitures – plus de 2 000 au total sur l’agglomération toulousaine depuis le début de l’année, avant la nuit, toujours très sensible, de la Saint-Sylvestre.

«Le quartier est désespéré», s’inquiète Jean-Pierre Havrin, adjoint au maire (PS), ancien commissaire de police. «C’est le secteur le plus difficile, celui où la rénovation urbaine a le moins avancé», reconnaît le sous-préfet à la ville, Yann Ludmann. (…)

Mais si l’Etat sait faire de l’urbanisme, il se trouve désarmé face à la prise de pouvoir adolescente, ce «coup d’Etat» générationnel qui conduit quelques dizaines à centaines de jeunes mâles, de 12 à 25 ans, souvent déscolarisés, à occuper et dominer l’espace public, devenu «leur» territoire de jeux et d’ennui, de trafics aussi, notamment l’après-midi et le soir. (…)

«Nos parents nous ont éduqués selon le modèle du “bled”, très autoritaire : tu respectes les anciens et tu ne contestes pas, explique Hassan Benyaou. Ça a bien marché jusque dans les années 2000. A partir de ce moment, c’est la deuxième génération, la nôtre, qui est devenue adulte et qui a dû élever les gamins. Mais nous, on n’avait plus ce modèle éducatif en tête.»

Sur le parking, les trentenaires finissent leurs joints de cannabis. La crise économique n’a pas fondamentalement changé la donne, constatent-ils. Au pire, ils ont reculé d’une case dans la file d’attente de l’emploi. Ce qui les agace beaucoup plus profondément, c’est la focalisation croissante de la société française sur l’islam. Après le voile, la burqa. Puis les minarets. Et l’identité nationale. «Qu’est-ce qu’ils cherchent là-haut ? Qu’on se dise qu’on ne pourra jamais être des Français comme les autres ? Ils veulent quoi ? Nous pousser à bout ? Mais ça va s’arrêter où ?», interroge Beng.

Source : Le Monde


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