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C’est un paradoxe, mais la crise financière a eu pour conséquence de faire grossir le poids des banques européennes dans l’économie… de quoi inquiéter certains experts.

Certaines grandes banques européennes se retrouvent, après la crise, plus grosses et plus importantes sur le plan économique, qu’avant. Cette situation est aujourd’hui considérée par certains experts comme une source de risques pour les prochaines années.

Sur 353 banques, BNP Paribas, Barclays et Banco Santander ont vu la taille de leur bilan augmenter par rapport au début de 2007, selon les informations compilées par l’agence Bloomberg. 15 d’entre elles sont aujourd’hui plus grosses que leur économie domestique, alors qu’elles n’étaient que 10 dans ce cas 3 ans plus tôt.

La croissance des établissements de crédit européens a en outre été plus rapide qu’aux Etats-Unis, selon les informations de Bloomberg. Pour David Lascelles, du centre d’étude sur l’innovation financière, basé à Londres et cité par l’agence, “nous plantons les graines de la prochaine crise”.

Avec le rachat de Fortis, BNP Paribas est aujourd’hui la plus grosse banque au monde par la taille de son bilan, qui a augmenté de 59% à 2.290 milliards d’euros depuis le début de 2007 et représente aujourd’hui 117% du PIB de la France. Le bilan de Barclays atteint 1.550 milliards de livres sterling (108% du PIB du Royaume-Uni). Santander, avec 1.080 milliards d’euros d’actifs, a quasiment le même poids que l’économie espagnole.

Si ces banques ont des bilans plutôt solides, ce n’est pas le cas de toutes. Au moment où certains observateurs tablent sur une prochaine sortie de récession, de nombreux risques subsistent et pourraient obliger certaines banques à continuer de passer des provisions dans leurs comptes.

C’est le cas aux Etats-Unis avec l’immobilier commercial. C’est aussi le cas en Europe avec la détérioration de la situation financière des PME ou des dettes ayant servi à financer des opérations à effet de levier (LBO).

Les banques ont obtenu le soutien massif des gouvernements pour faire face à la crise de l’après-Lehman, et elles continuent aujourd’hui à faire porter une partie de risques par le passé par les banques centrales. Dans le même temps, les déficits publics ont fortement augmenté, limitant la capacité d’intervention des pouvoirs publics en cas de nouvelles difficultés.

Or, entre temps, peu de réformes de fond sont intervenues. Les résultats des banques, tirés par leurs activités de marché, ont explosé. Et la crise a montré que des banques trop grosses peuvent être une réelle menace pour les petites économies -comme ce fut le cas de la Suisse avec UBS. De quoi relancer le débat sur la nécessité de “casser” les banques en séparant les activités traditionnelles (détail) des activités à risque (marché).

E24

(Merci à Pakc)

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