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La crise n’a pas épargné l’industrie pétrolière mondiale dont les investissements en exploration et production ont chuté cette année de 16%.

La baisse est particulièrement marquée en Amérique du nord (37%) selon le bilan annuel dressé lundi par l’Institut français du pétrole (IFP).

En revanche, le flux est resté stable en Asie. «Cette année, les gagnants sont les grandes compagnies pétrolières chinoises», résume Nathalie Alazard-Toux, directrice de l’économie et de la veille à l’IFP, responsable de l’étude. Les géants pétroliers chinois, tous liés à l’Etat, ont continué de dépenser dans l’exploration mais aussi dans l’acquisition de sociétés étrangères pour sécuriser les approvisionnements, l’obsession légitime de Pékin. Les douanes chinoises ont confirmé hier l’appétit de l’Empire du Milieu pour l’or noir en indiquant que la demande est en hausse de 10% sur un an (chiffre d’octobre).

Les perdants ? «Les compagnies de taille moyenne, les indépendants américains ou de la mer du Nord», poursuit Nathalie Alazard-Toux, privés d’accès au crédit. Par ailleurs, l’effondrement du prix du baril, en janvier 2009, à 35 dollars, après le pic record de 147 dollars de l’été 2008, a rendu non rentables beaucoup d’investissements. Les «majors» (ExxonMobil, Exxon, BP, Shell, et autre Total) ont les reins suffisamment solides pour avoir maintenu leurs investissements.

Traduction sur le terrain de la baisse des investissements: le nombre de forages a reculé, sur terre (-33%) comme sur mer (-11%).

Là encore, l’activité chinoise contraste avec le reste du monde puisque les forages menés par les compagnies chinoises ont augmenté de 15%.

En aval des puits, les capacités de raffinage devraient excéder la demande de 7 millions de barils par jour cette année. L’IFP prévoit le maintien de cette surcapacité, au moins jusqu’en 2015. Les conséquences sur les prévisions du prix du baril ? «Un sentiment d’abondance de l’offre à court terme mêlé à une vision de tension à moyen terme aboutit à un prix d’équilibre autour de 70 dollars le baril», prévoit Olivier Appert, le président de l’IFP.

«Les spéculateurs jouent à l’évidence à la hausse», constate-t-il, au moment où le baril frôle les 80 dollars depuis plusieurs semaines. Le pétrole est une valeur refuge dès qu’il y a des signes de reprise.

Olivier Appert n’exclut pas à terme un «emballement au-dessus de 100 dollars», mais la reprise des investissements pourrait éviter une telle escalade. Pour 2010, l’IFP prévoit une stabilisation des investissements mondiaux. L’Institut pense que la production d’or noir va continuer de croître, même dans les pays non membres de l’Opep.

Une prévision qui contredit celle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), publiée il y a dix jours dans son rapport annuel World Energy Outlook qui annonce le pic de production (le fameux peak oil, en anglais) pour les pays hors Opep (Amérique du nord, Russie essentiellement), dès 2010.

Le Figaro

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