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Pour Esther Benbassa, l’assimilation n’a plus aucune chance de fonctionner en nos temps de fortes revendications identitaires ou communautaires. Comme elle n’envisage pas de contrôler l’immigration d’aujourd’hui et de demain, elle estime qu’il vaudrait donc mieux «faire rêver les Français enracinés» et les immigrés. Elle en a trouvé le modèle : les Etats-Unis.

Il y a certes un débat à mener sur l’identité comme telle d’abord, ses transformations, ses reconstructions, ses ambiguïtés, sur celle de la France réelle, ensuite, largement métissée et hétérogène. (…)

La France a toujours souhaité assimiler ses nouveau-venus, de leur faire abdiquer leurs identités d’origine, pour qu’ils épousent sans restriction celle d’une France majestueuse et mère de toutes les vertus. Ce modèle, pourtant, largement imaginaire d’ailleurs, n’a aucune chance de fonctionner en nos temps de fortes revendications identitaires et/ou communautaires. (…)

Une chose est sûre, une fois arrivés en France, les immigrés, aujourd’hui, ne rêvent plus. Or c’est de rêve que nous avons besoin. Le rêve américain, ayant drainé des millions d’immigrés, a servi d’aiguillon à leur réussite et les a incités, alors même que leur vie était difficile, à se confondre avec leur nouveau pays et à contribuer à son essor.

Et ce tout en préservant leur culture et leur religion, et même en continuant de pratiquer longtemps leur langue d’origine, parallèlement à l’anglais. C’est ce rêve américain qui fonde le patriotisme américain et qui attire là-bas non seulement les populations pauvres et/ou issues des pays en faillite démocratique, mais aussi les élites des pays dits développés.

Comment faire rêver de la France aussi bien les Français « enracinés » que les immigrés et leurs descendants ? Ce n’est pas un ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration qu’il nous faut, mais le ministère d’une France confiante dans toutes ses forces vives, d’une France ouverte, à la fois humble et innovante, capable de se vivre et de se penser telle qu’elle est, non telle qu’elle fut ou s’imagine qu’elle fut.
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