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Le décryptage d’Éric Zemmour.
Le cinéma français aime les clandestins. Après Eden à l’Ouest, de Costa-Gavras, voici Welcome, de Philippe Lioret. Images léchées, acteurs vibrants, histoire poignante. Hommes « en colère ». Engagement « citoyen ». «J’ai comme le sentiment d’avoir raconté l’histoire d’un type qui a protégé un Juif dans sa cave», dit Lioret. Oubliées les accointances du cinéma français avec les autorités d’occupation allemande ! Tous « Résistants ». Tous « Justes ». Le ministre Eric Besson s’émeut du rapprochement «entre police républicaine et police vichyste». La comparaison entre immigrés et Juifs est pourtant un standard de la lutte antiraciste. Dès les années 80, les communicants de l’Elysée inventèrent pour SOS Racisme une petite main de même couleur que l’étoile jaune. Un hasard. Les Juifs étaient envoyés en camps de concentration ; les immigrés rapatriés dans leurs pays. Un détail. Le but était de diaboliser la lutte contre l’immigration clandestine, de culpabiliser la population, de délégitimer le respect de la loi. Cette action inhibitrice d’une rare efficacité a enrichi les passeurs et les patrons des entreprises qui utilisent cette main-d’œuvre bon marché. La mondialisation repose sur un trépied : celui des capitaux, des marchandises mais aussi des hommes, qui permettent de rendre plus rentables les deux autres. Ce système a explosé à l’automne 2008. C’est peut-être pour cette raison que le cinéma pousse les feux.
Le cinéma français est un marché protégé par une politique culturelle et fiscale d’un Etat qu’il accuse de vichysme, mais qui lui donne les moyens d’échapper à la déflation salariale qu’entraîne la mondialisation. Sans doute ce qui permet aux acteurs et metteurs en scène d’être les nouveaux prêtres de la religion du politiquement correct. « Idiots utiles » du capitalisme, peut-être, mais pas fous.

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