Depuis les travaux de Pasteur à la fin du XIXe siècle, le crachat, accusé de véhiculer la tuberculose et d’autres maladies, est dans la ligne de mire des autorités sanitaires. (…) Dans les années 60, les panneaux interdisant de cracher disparaîtront même des villes occidentales, signe que la quasi-totalité de la population a alors cessé de cracher.
Le crachat va renaître de ses cendres dans le courant des années 70, profitant de deux phénomènes de société majeurs. En premier lieu, l’essor des retransmissions télévisées d’événements sportifs. (…) Les adolescents, à vouloir trop s’identifier à eux, en adoptent les belles manies. (…) Le deuxième facteur expliquant le retour du crachat sur le devant de la scène résiderait dans le brassage de populations qui s’opère depuis quelques décennies. Les migrants ont importé dans leur pays d’adoption cette habitude, parfaitement acceptée dans d’autres régions du monde.
Le crachat fait donc un retour irrésistible dans le monde occidental. 60 % des jeunes auraient adopté cette habitude condamnable au regard de la loi (…). Le crachat reste un grand tabou des sociétés modernes, indissociable de sa mauvaise réputation : sa résurrection coïncide en effet avec le retour dans les pays développés de la tuberculose, dont plusieurs milliers de nouveaux cas apparaissent chaque année en France.





