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Lu dans Le Figaro :

Alors que le gouvernement va régulariser 170 000 sans-papiers à la fin du mois, 40 000 immigrés sont entrés clandestinement dans le pays depuis janvier. L’année 2008 marquera un record d’arrivées d’immigrés en Italie : 40 000 sont entrés clandestinement dans le pays (contre 14 000 en 2007) depuis janvier. Plus de 23 000 ont débarqué sur les côtes, provenant pour la plupart d’Afrique du Nord. Quelque 39 000 ont été régularisés. (…) Le gouvernement s’apprête à régulariser fin novembre 170 000 autres sans-papiers, dont 95 000 gardes-malades et «tatas» recrutés pour s’occuper des personnes âgées ou des enfants en bas âge.

Le pays compte 650 000 clandestins qui s’ajoutent aux 4 millions d’immigrés – soit 6,7 % de la population (contre une moyenne européenne de 6 %) -, recensés par l’organisation humanitaire catholique Caritas. C’est deux fois plus qu’à la fin des années 1990. Ces immigrés contribuent pour 9 % au revenu national. Plus de 80 % ont moins de 45 ans. La majeure partie habite les régions du Nord, Lombardie et Vénétie en tête.

Contrairement à une idée reçue, le gouvernement de Silvio Berlusconi n’a pris aucune mesure drastique pour freiner l’afflux des clandestins. Refoulements aux frontières et expulsions restent limités à quelques centaines de cas. La Ligue du Nord, l’allié populiste et xénophobe de Silvio Berlusconi, demande bien à suspendre pour deux ans les quotas d’immigration afin de résorber la situation actuelle.

Mais ni sa suggestion de créer un permis à points ni ce moratoire n’ont reçu aucun début d’application. Pour suppléer aux centres de rétention (CRT) désormais surchargés, des contrats ont été passés avec des hôtels et des associations religieuses en vue de créer 49 structures alternatives qui hébergeront 9 000 nouveaux arrivants.

Jeudi, en appelant à s’affranchir des «lieux communs», le chef de l’État, Giorgio Napolitano, a rendu hommage à «l’afflux de nouvelles énergies provenant du monde entier qui ont donné fraîcheur et force à la nation italienne». Le Vatican s’est aussitôt solidarisé de ces propos en les trouvant «justes», tandis que le ministre aux Affaires sociales, Maurizio Sacconi, réaffirmait la volonté du gouvernement de limiter le droit d’entrée sur le territoire aux seuls immigrés ayant un bagage professionnel, aux infirmières et aux gens de maison.

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