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26 septembre : Banderoles racistes et tensions entre  immigrés et résidents d’un quartier de Naples.

La situation à Naples dans le quartier de Pianura rend impossible toute chance de cohabitation pacifique. D’un coté, 250 immigrés (beaucoup d’enfants, même nouveau-nés) dans les baraques : saleté, misère et antennes satellites. De l’autre les résidents, qui se découvrent racistes. Sur des banderoles, « A mort les Nègres ». A la suite des nombreuses tensions et agressions nocturnes, la situation dans la “Rue de l’Avenir” est en train de dégénérer. Menaces, violences… C’est l’impasse. (suite de l’article après les vidéos)

Les vidéos (en italien) illustrent les situations en mai et juillet et non les évenements de l’article. Résumés ci-dessous (via Jacques Langue)
Mai 2008 : Le quartier historique de Pianura est une zone condamnée depuis le tremblement de terre de 1980. Les riverains et anciens locataires demandent une rénovation depuis des décennies (mots clefs : lenteur méridionale, bureaucratie, corruption). Ce quartier est devenue un vaste squatt d’immigrés africains clandestins. Ils y sont plusieurs centaines. Le voisinage est exaspéré. Si les immigrés sont plutôt bien acceptés, ils sont source de nombreux problèmes récurrents : drogue, “comportements obscènes”, hygiène etc… Les riverains demandent soit que l’on restaure le quartier, soit que l’on reloge les immigrés ailleurs. Juillet 2008 : Les clandestins ont envahi la cathédrale, car ils ont été délogés d’un immeuble qui a pris feu. Les solutions de relogement proposées par la mairie de Naples ne semblent pas les satisfaisaire. Les immigrés demandent en fait à regagner le quartier de Pianura. Pourquoi ce quartier condamné reçoit-il un afflux d’africains toujours plus nombreux ? Car les squatteurs sont régulièrement relogés.Les riverains n’en peuvent plus. Ils dressent des barrages et interpellent le maire de Naples et le président de Campanie (tous deux ont d’ailleurs perdu leur siège aux dernières élections).

Une rue sous couvre-feu. Et la police qui ne peut se déplacer 24h/24 pour empêcher tout contact entre Italiens et immigrés. La plupart des 250 immigrés — du Niger, du Burkina Faso et de Cote d’Ivoire — ont demandé le statut de réfugiés politiques. Les autres sont clandestins. Ils doivent quitter le quartier et ne savent où aller. Ils se retrouvent prisonniers du quartier et ont demandé de l’aide à la commune et à la préfecture.

Le premier signal de l’intolérance remonte à quelques jours. Quelqu’un coupe l’électricité, et les immigrés se retrouvent dans l’obscurité de leurs habitations, déjà déclarées dangereuses par les pompiers. Après deux mois de jets de pierre, de coktails molotovs et d’incursions nocturnes, c’est la conduite d’eau qui éclate. Ou est-elle volontairement brisée ? Les immigrés sont sans lumière et maintenant privés d’eau.

Les pompiers reviennent, on parle d’expulsion. Entre temps arrivent les représentants d’Assopace , venus aider les immigrés. Ils sont attaqués par des résidents, insultés. «Amis des gitans» crient les Italiens. S’ensuivent gifles, coups de poings, menaces de mort.

Alors que les agents de l’eau descendent examiner la conduite d’eau, les immigrés refusent de sortir de la cour : ils ont peur et soutiennent que les résidents italiens sont épaulés par les politiciens locaux. Pendant ce temps, à l’extérieur, une grande foule s’est amassée. Il y a là les associations de défense des immigrés et des politiciens de droite, qui prennent la défenses des italiens. Deux représentants d’Assopace reçoivent des coups de pied. Les immigrés refusent toujours de s’éloigner. « Nous ne partirons d’ici que si la Commune met à notre disposition une autre maison ».

Une nouvelle rencontre doit avoir lieu entre la commune et la préfecture pour chercher une solution. Pendant ce temps, les manifestations de solidarité pour les immigrés pleuvent. A commencer par la Cgil** qui parle d’attitudes xénophobes et racistes, et les condamnations de la gauche. Hier soir, la police se préparait à une nouvelle nuit de couvre-feu dans la Rue de l’avenir, pour tenir à distance les Italiens et les immigrés.

(source) (via provincial, avec bien des remerciements)

**Confederazione Generale Italiana del Lavoro :
confédération générale italienne du travail. C’est très exactement l’équivalent de la CGT, la CGIL et la CGT étant toutes deux l’émanation des parti communistes italien (PCI) et français (PCF)

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Demande aux lecteurs de contre vérification de la traduction pour d’éventuels contresens. Certains passages ont été abrégés.

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