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Mello a consacré un article à l’affaire Ouaddou. Le voici…

Coup de semonce dans le monde très politiquement correct du foot. Sport dans lequel il est interdit de mettre en relief, ou simplement d’évoquer la couleur de peau majoritaire de l’équipe de France, sans se faire incendier sur la place publique. Car avoir des yeux, c’est déjà être coupable. Passons.

Lors de Metz-Valenciennes, samedi soir, Abdeslam Ouaddou, capitaine et défenseur central Marocain du VAFC, est victime d’injures racistes proférées par un spectateur de 38 ans depuis écroué par le Tribunal de Grande Instance. “Sale Nègro”. Ce sont donc ces termes précis qui ont provoqué un tollé assez puissant pour faire la une du 13h de France 2 le lendemain, et qui constitue le fil conducteur des médias spécialisés depuis. Le nombre de dépêches scandalisés augmente heures après heures. Tout le monde entre dans la danse. Florilège avec cette brève et ses liens associés en bas de l’article.

http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080218_184105Dev.html

Dans le désordre : Thuram, Rachida Dati, le FC Metz, SOS Racisme, L’UNFP, Bernard Laporte, la LICRA etc… personne ne manque à l’appel pour faire part de sa noble indignation.

S’ensuit un vrai-faux débat comme on les aime : on se demande en effet s’il ne faut pas interrompre les matchs à chaque fois qu’un paumé alcoolique profère une insulte dans un stade. Mais une insulte à caractère raciale bien sûr, car dans un stade je peux hurler “enculé enculé enculé” autant de fois que je le souhaite, c’est seulement si je précise “enculé… de nègro” que rien ne va plus.

Lundi soir, Laurent Ruquier y est allé de son petit numéro en estimant que Mr Ledentu, l’arbitre de la rencontre, était probablement un candidat Front National à Metz (*rires*). Celui-ci avait en effet attribué un carton jaune à Ouaddou qui, en colère, était allé dans les tribunes en plein match pour s’expliquer avec le supporter en question. L’homme en jaune a donc eu l’outrecuidance d’appliquer le règlement, alors que chacun sait qu’un cas de racisme dépasse toute forme de loi. Dans la matinée du dimanche sur la même chaine, Guy Carlier avait ainsi effectué un arrêt sur image de la scène où Ouaddou infiltre les gradins, en fustigeant l’entourage du malfrat pour ne pas l’avoir dénoncé. Ici, notre triste Barbadur s’est permis de désigner un homme qui se trouvait là et qui pour son malheur était typé “français” (avec béret et moustache). Pour Carlier, cet homme semblait “protéger” l’individu raciste, lui valant ainsi une analogie flatteuse avec un collabo. La sémantique habituelle de l’antiraciste au cerveau rongé par le cancer mental de l’ethnomasochisme.

Depuis, Ouaddou a déjà annoncé une conférence de presse en grandes pompes à venir dans la semaine avec la direction de son club, la scène toute entière le place déjà en martyr de l’insoutenable racisme de France, les médias lui offrent un support massif et généralisé : en fait c’est tout juste si on ne lui propose pas une cellule de soutien psychologique.

En résumé, quelques pauvres insultes comme il en pleut chaque jour dans et en dehors des stades, sont devenues prétexte, de part leur caractère raciste, à une opération de mauvaise propagande antiraciste d’une envergure rarement atteinte dans ce média sportif pourtant bien-pensant à l’excès. La tartufferie n’est même pas masquée, mais les acteurs de cette mascarade ne se doutent pas encore de l’amusant retournement de situation qui va suivre.

Car évidemment, dans une société où cela fait longtemps que l’on n’ose appeler un chat un chat, personne ne s’étonne qu’un Marocain, qui est somme toute aussi noir que moi (qui suis d’origine italienne) se fasse traiter de “sale nègro” et se sente concerné par cette insulte vraisemblablement mal ciblée. C’est un peu comme si je traitais Jackie Chan de “sale arabe”, quelque chose cloche. Du coup, quelle ironie d’apprendre ensuite par le témoignage de Julien, voisin de siège de notre trentenaire raciste devenue la nouvelle cible du monde médiatique bien-pensant, que le véritable joueur visé par ces insultes n’était pas du tout le Marocain Abdeslam Ouaddou, mais son vis-à-vis, l’attaquant de Metz Babacar Gueye, qui lui au moins, en bon Sénégalais, est effectivement assez noir pour être concerné par le qualificatif peu glorieux de “nègro”.

http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080218_185953Dev.html

Bref, non seulement l’hystérie déclenchée par cette affaire est d’une démesure grotesque, mais en plus tout ce ramdam est sans substance puisque la véritable victime de ce racisme ne s’est même pas reconnue et identifiée en tant que telle. Le ridicule de l’hystérie anti-raciste est à son paroxysme : qu’importe que la victime soit la bonne (qu’importe qu’il y ait victime tout court, finalement) pourvu qu’on ait un coupable à lyncher médiatiquement et une grande farandole moralisatrice en prime.

Du coup plusieurs questions s’offrent à nous : comment les grandes âmes vont-elles rebondir sur le grotesque de cette histoire ? Le témoignage de Julien va-t-il être correctement diffusé, tant il ridiculise le cinéma de Ouaddou ? Que devient celui-ci et son indignation finalement sans fondement ? Quelle valeur comporte sa plainte puisqu’il n’est finalement pas la victime ? Et sa conférence de presse ? Quid des messages de soutien du monde politique, social, et médiatique à cet homme qui s’est finalement victimisé tout seul comme un grand, et que tout le monde à porté en martyr des temps modernes comme un seul homme ? Est-ce que Babacar Gueye, l’attaquant malheureux du FC Metz (son équipe est d’ores et déjà condamnée à la L2) va récupérer cette affaire à son compte en feignant d’avoir été heurté (alors qu’il n’a pas entendu les insultes qui lui étaient destinées) ?

Une petite note positive :

Dans cet édito presto, Patrick Chêne se tripote tout seul dans son coin en fustigeant l’arbitre qui selon lui tient le rôle d’un flic raciste ne sanctionnant pas les vrais coupables :

http://www.football365.fr/infos_clubs/metz/story_222179_Droit-dans-ses-bottes-.shtml

Sans doute pensait-il faire éjaculer quelques gauchistes lobotomisés avec un raisonnement si engagé. Or, ce bon Chêne, un peu gland sur le coup, récolte au lieu de cela une incroyable quantité de message méprisant, dont une bonne partie s’avère être tout-à-fait consciente de la manipulation poisseuse qui est faite d’un cas isolé, et met également en valeur l’hypocrisie sélective du système médiatique. Limite réjouissant, certains commentaires de ce simple site de foot aurait sa place sur FdeSouche ! Un réveil progressif de la masse, jusque dans les domaines les moins intellectuels ?
Mello


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