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Racisme, métissage, émancipation des femmes : la minisérie de France 3 diffusée demain soir et le jeudi suivant, « Les Mariées de l’Isle Bourbon », touche aux sujets de société les plus actuels à travers une évocation d’une île exotique française au XVIIe siècle. L’Isle Bourbon (l’ancien nom de l’actuelle île de La Réunion) s’est peuplée, d’emblée, de femmes et d’hommes issus de trois cultures. « Les premières familles de l’Isle Bourbon sont malgaches, blanches et indo-portugaises », explique la productrice Françoise Bertheau-Guillet. « Ce qui intéressait la chaîne, c’était de montrer comment un territoire français, vierge de toute population, s’est peuplé de façon immédiate, par le mariage, ce qui a donné des métis dès la première génération. »

Caractères tranchés.

Le scénario, « librement inspiré d’événements et de personnages historiques », retrace en deux fois quatre-vingt-dix minutes les destins croisés de trois femmes, Alix (Marie Piot), jeune orpheline transférée d’autorité dans cette île où les colons manquent de femmes, Louison (Cécile Cassel), ancienne prostituée prête à tout pour s’enrichir, et Marie (Sara Martins), Malgache et femme d’un colon blanc. « J’étais heureuse de parler du combat des femmes qui se battent pour leur liberté et qui sont, dans cette histoire, d’une grande modernité », note Euzhan Palcy, la réalisatrice, elle-même d’origine malgache.

Autour des « mariées » évoluent des hommes aux caractères tranchés : le père Romand (André Penvern), à la fois prêtre et gouverneur, pour qui les Noirs ne comptent pas, Michel Blancpain (Jean-Yves Berthelot), le colon le plus riche de l’île, raciste et esclavagiste avant l’heure. Jean Penmarch (William Nadylam), enfin, qui représente la Compagnie des Indes orientales. C’est un métis, fils d’une esclave affranchie et d’un père noble, trésorier des armées du roi. La peau noire, mais l’épée au côté, il épousera la blonde Alix.

« En France, quand je propose des projets, si le personnage principal est “bronzé”, on n’en veut pas, s’indigne Euzhan Palcy. On m’explique que, quand les gens regardent la télévision, s’ils voient un “black”, ils zappent. » « C’est blessant et c’est ce qui explique que je sois parti vers les Etats-Unis », conclut-elle.

source : sud-ouest


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