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Pour Notre-Dame, Emmanuel Macron “envisage un geste architectural contemporain”

18/04

Quel doit être le visage de Notre-Dame de Paris dans les siècles qui viennent ? Le débat promet de déchaîner les passions, autant sinon plus que celui de la Pyramide du Louvre il y a 30 ans. Un concours a été lancé par le gouvernement et tout le monde a déjà un avis sur le sujet.

« Elle va revivre encore mieux, peut-être plus haute. De toute façon elle sera toujours aussi belle », indiquait mercredi 17 avril Brigitte Macron. Quant au Président, il a envisagé « un geste architectural contemporain », au risque de modifier l’apparence de la cathédrale.

Une fracture sur la question est déjà très claire. D’un côté, il y a ceux qui veulent reconstruire à l’identique comme l’architecte Roland Castro qui explique dans les colonnes du Parisien, qu’il « ne faut pas faire une nouvelle cathédrale ». De l’autre côté, il y a ceux, apparemment plus nombreux, qui veulent la moderniser. Monique Barge fait partie des premiers candidats au concours et pour cette architecte de Châteauroux, il n’est pas question de créer une copie de Notre-Dame.

Une flèche en cristal

Un avis partagé par Jean-Michel Wilmotte. L’architecte rêve déjà de la future cathédrale : « J’aime bien l’idée de rester à la même hauteur, en cristal ce serait absolument extraordinaire. Un verre pur, un verre blanc, avec une structure métallique qui scintillerait au milieu de cette tour ça pourrait être très intéressant », explique-t-il.
Plus de modernité permettrait de réaliser les travaux plus rapidement et peut-être de reconstruire Notre-Dame en 5 ans comme l’a promis Emmanuel Macron.

RTL

[…] Plus belle qu’avant ? On sait désormais comment : en lançant un concours d’architecture pour la reconstruction de la flèche ! Car pour notre Président de la République, « la flèche ne faisant pas partie de la cathédrale d’origine », on peut l’effacer d’un trait de plume. Exit Viollet-le-Duc de la cathédrale Notre-Dame. On en est là, donc, en 2019, de la considération pour le XIXe siècle que les historiens de l’art ont pourtant réhabilité ces quarante dernières années. On ne sait que dire devant tant d’inculture.

Or, rappelons-le encore une fois, la charte de Venise, qui définit les principes de la restauration et que la France a ratifiée (ce qui l’engage), impose certaines contraintes. D’abord, « les apports valables de toutes les époques à l’édification d’un monument doivent être respectés, l’unité de style n’étant pas un but à atteindre au cours d’une restauration ». Viollet-le-Duc constitue, ô combien, un apport valable à Notre-Dame-de-Paris, et ses adjonctions sont d’ailleurs classées au même titre que le reste du monument. On peut aussi y lire que la restauration « a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse » Et, pour la flèche de Viollet-le-Duc, élément constitutif de la cathédrale depuis plus d’un siècle, les documents authentiques sont légion (on conserve tous les plans de l’architecte), tandis que sa structure et sa forme sont parfaitement connues grâce aux photographies et aux relevés modernes. Il n’y a donc aucune hypothèse à ce sujet. Puisqu’il ne s’agit pas d’une « reconstitution conjecturale » (terme employé dans la charte), il n’y a aucune raison d’envisager pour elle qu’elle « porte la marque de notre temps » (ce qu’impose la charte dans ce cas), et encore moins, comme le veut Emmanuel Macron, qu’il s’agisse d’« un geste architectural contemporain ».

[…] « le patrimoine a une temporalité qui n’est pas celle des hommes politiques ».

La Tribune de l’Art

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