L’affaire DSK : chronique de l’oligarchie française

Tribune libre de Paysan Savoyard

Malgré l’absence de recul, autorisons-nous à évoquer l’affaire Strauss-Kahn, qui nous paraît à ce stade pouvoir inspirer trois types de réflexions :

Les politiciens actuels semblent avoir perdu tout sens de l’intérêt général

L’affaire DSK illustre d’abord nous semble-t-il cette réalité de la vie politique. Les politiciens prétendent se placer au service de l’intérêt général : en réalité pour la plupart d’entre eux le moteur premier de leur engagement politique est l’attrait du pouvoir. Pouvoir de domination. Pouvoir de susciter l’admiration et l’envie de ceux que l’on domine. Plaisir de décider. Plaisir de changer la vie des personnes que l’on nomme ou que l’on disgracie, que l’on promeut ou que l’on évince, que l’on récompense ou que l’on punit. L’aisance financière que procure le pouvoir entre également en ligne de compte : si la politique ne permet pas en principe de s’enrichir, elle garantit du moins un train de vie élevé, lié notamment aux avantages en nature dont les politiciens bénéficient. Le pouvoir des politiciens-hommes exerce en outre manifestement un puissant attrait sur les femmes (cette constatation conduit, au passage, à mettre en doute la pertinence des analyses féministes).

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Une perquisition a eu lieu chez Eric Woerth

Une perquisition a été menée récemment au domicile de l’ancien ministre du Travail Eric Woerth, annonce vendredi le Monde sur son site internet, dans le cadre de l’affaire Bettencourt dont les dossiers ont été transférés au tribunal de grande instance de Bordeaux en novembre.

Le Monde ne cite pas la date exacte de la perquisition, qui a été menée selon le quotidien par les enquêteurs de la brigade financière parisienne, sur ordre des juges bordelais en charge du dossier.
Interrogé par l’AFP, l’avocat de M. Woerth, Me Jean-Yves Le Borgne a implicitement confirmé l’information, et ajouté qu’il «ne voyait que des avantages à ce que l’enquête avance pour qu’on en finisse avec les soupçons injustifiés pesant sur Eric Woerth». [...]

Le Bien Public

Julien Dray comprend « la souffrance » de Woerth

Le député PS, Julien Dray, a déclaré mercredi comprendre « la souffrance » d’Eric Woerth empêtré dans l’affaire Bettencourt, rappelant qu’il avait lui-même vécu « une charge médiatique forte » quand il était poursuivi pour des mouvements supects sur ses comptes.

Il a estimé que les socialistes n’auraient pas dû quitter l’hémicycle de l’Assemblée nationale mardi quand François Baroin les a accusés de faire le jeu de l’extrême droite mais rester « en répondant point par point » au ministre du Budget.

« La gauche est en droit de poser des questions politiques » mais « sans se livrer à des chasses à l’homme, ni en désignant à la vindicte populaire telle ou telle personne« , a aussi déclaré le député.

Le Point

Bettencourt: un « jackpot » pour le FN

Le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu a estimé ce matin sur Europe 1 que l’affaire Bettencourt constituait un « jackpot » pour le Front national. Il a accusé les socialistes de vouloir en tirer profit.

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« Il y en a une qui doit se marrer, qui doit être heureuse, c’est Marine Le Pen. Pour elle, c’est jackpot », a-t-il déclaré. « On est en train de partir, sans fondement, sur une espèce de tous pourris généralisé qui ne remplit qu’un rôle, faire plaisir à Marine Le Pen. On peut d’ailleurs se demander si certains n’y ont pas intérêt« , a-t-il ajouté.

« Oui il y a des manoeuvres politiques pour un gain politique en faisant monter le Front national », a-t-il encore dit, défendant vivement son collègue du gouvernement, le ministre du Travail Eric Woerth. « On est simplement dans une espère de cabale qui est en train de s’auto-régénérer tous les jours », a estimé M. Apparu.

Déjà mis en cause par l’opposition pour conflit d’intérêts dans l’affaire Bettencourt, Eric Woerth a été de nouveau mis en difficulté par les déclarations de l’ex-comptable de la milliardaire sur un possible financement politique illégal lors de la campagne présidentielle de 2007. Ces affirmations ont été vivement démenties par l’Elysée et le ministre.

Le Figaro

64% des Français jugent leurs dirigeants corrompus

Les hommes politiques semblent payer le prix des affaires qui éclaboussent le gouvernement depuis plusieurs semaines, révèle un sondage diffusé lundi. Premier touché, Eric Woerth.

Un désaveu particulièrement prononcé par les Français les plus modestes, précise le directeur associé de Viavoice, François Miquet-Marty: « 74% des ouvriers et 73% des employés souscrivent à l’idée de ‘corruption’ des dirigeants politiques, contre 54 % des cadres». Un score élevé, «massivement plus que les données recueillies il y a 30 ans», et qui «renoue avec les records enregistrés au début des années 1990, lorsque le Parti socialiste était lui-même dans la tourmente», ajoute-t-il.

Un résultat loin de l’image de «République irréprochable» que promettait de donner le candidat Sarkozy en 2007. Celui-ci stagne (+1 point) en terme de popularité, avec 35% d’opinions positives selon le sondage Viavoice. François Fillon stagne également, à 46% (- 1 point). Les sondés estiment enfin à 75% que «les mesures de réduction du train de vie de l’Etat et notamment des ministères», annoncées par le président Nicolas Sarkozy, ne sont «pas suffisantes».

Le Figaro (merci à Algor)

Parce qu’elle le vaut bien – Addendum

WoerthGate : le ministre cafouille ses explications sur l’affaire Bettencourt

Un vrai scandale d’État est en train d’éclater autour de l’ancien ministre du Budget, aujourd’hui chargé du Travail (et de l’opération racket sur les retraites), et de son épouse soupçonnés d’avoir favorisé la milliardaire Liliane Bettencourt dans des opérations d’évasion fiscale. Une affaire aux relents de corruption où apparaissent aussi les noms de Pécresse et Sarkozy.

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Faudra-t-il dégraisser le mammouth ministériel en 2010 ?

Une chose est sûre : nos ministres seront, en 2010, abondamment conseillés : on comptabilise plus de six cent cinquante collaborateurs dont une soixantaine de recrutements dans les trois derniers mois, et certains dont la nomination au Journal Officiel semble se faire attendre. L’inflation fait rage dans les cabinets des 39 ministres.

Directeur de cabinet, chef de cabinet, conseil technique et spécial, ou enfin chargé de mission, les titres ne manquent pas pour qualifier celles et ceux qui oeuvrent dans l’ombre des ministres. Des cabinets bien fournis en cette période de crise, et des ministres qui ne lésinent pas sur leurs collaborateurs. Qu’importe si l’on ne trouve plus de remplaçants aux professeurs en congé maladie ou maternité, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux oblige. Qu’importe si les infirmières finissent par manquer dans les hôpitaux.

Le député de l’Aisne, René Dosière, a souligné la forte inflation salariale de la rémunération des conseillers : «la rémunération moyenne de chaque membre de cabinet (contractuel) augmente de +26.3%, celle d’un agent affecté aux fonctions support de +34.8% et les primes par bénéficiaire de +9.2%.»

Le Premier Ministre se paie donc les services du fils Klarsfeld (Arno), conseiller depuis juillet 2007. Roselyne Bachelot embauche son fils, ancien clerc de notaire, comme conseiller parlementaire. On trouve de tout dans les cabinets !

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ENA : des classes pour la diversité

La première classe préparatoire au concours externe de l’Ecole nationale d’administration (ENA), destinée à encourager la diversité dans la Fonction publique, a été inaugurée ce mercredi avec 15 premiers élèves.

Cette première classe préparatoire intégrée, qui compte 11 filles et 4 garçons, répond au souhait de Nicolas Sarkozy d’une plus grande diversité des hauts fonctionnaires. Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth, mais aussi la secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville Fadela Amara, le Haut commissaire à la jeunesse Martin Hirsch, et le commissaire à la diversité Yazid Sabeg, sont venus saluer les 15 élèves qui ont été sélectionnés parmi 150 dossiers pour intégrer cette classe.

Les étudiants suivront pendant un an à Paris une formation destinée à les préparer aux épreuves du concours externe de l’ENA, considéré comme l’un des plus difficiles.  Ils bénéficieront d’un « accompagnement privilégié » par des tuteurs, de visites et de stages courts pour découvrir l’administration.

« Votre diversité conforte l’engagement qui est le mien (…) en faveur d’une politique résolue de diversité de la Fonction publique« , a insisté Eric Woerth.

D’autres écoles de la Fonction publique ont également créé en leur sein des classes préparatoires, a précisé le ministre de la Fonction publique, comme l’Ecole nationale de la magistrature, les écoles de police, les instituts régionaux administratifs, les Impôts, douanes, etc.

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