Blancs et pauvres : la catégorie sociale qui est devenue l’une des plus défavorisées et des moins aidées en France

Difficultés d’accès aux aides sociales, éloignement des grands centres d’activités, les natifs français issus des classes populaires semblent être encore plus pénalisés que d’autres catégories pauvres de la population. Peut-on parler d’une émergence des « white trash » ["déchets blancs"] à la française ?

[extraits] Tout un courant idéologique tend à faire passer pour invisible une partie non négligeable de notre population qui se paupérise et se dévalorise. Elle est formée de personnes, de familles originaires du cru, ouvriers ou employés à faible niveau de rémunération ou au chômage après un licenciement dans des zones à faible taux d’emploi, travaillant à temps partiel ou en contrat précaire, travailleurs pauvres par excellence.

Selon une enquête de l’INSEE de 2009, les employés et ouvriers non qualifiés ont un niveau de vie inférieur d’un quart à la moyenne des salariés.

Aujourd’hui, on évalue que le taux de pauvreté en France est de 13,5%, c’est-à-dire, 8,2 millions de personnes (La Documentation française), dont inévitablement une large majorité de Français de longue date.

L’immigré semble bien devenir le nouveau prisme des réponses publiques à la problématique de la pauvreté, indiquant combien s’est déjà réalisé l’abandon des autres pauvres, pourtant largement plus nombreux.

De plus, même du côté d’une certaine gauche radicale, l’immigré, nouveau damné de la terre, est venu remplacer avec la chute du communisme une classe ouvrière qui était vue jusque-là comme le moteur de l’histoire de la libération humaine

« On explique que dans les ZUS les familles immigrées représentent près d’un quart de la population, 23,6 %, contre 4% hors ZUS. Mais pourquoi alors n’entend-t-on pas pas parler des 76,4 % des enfants issus des autres familles »

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RMC, 24/06/2013 Eric Brunet recevait Guylain Chevrier, l’auteur de l’article

extrait avec illustration du white trash

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Grande-Bretagne : les «déchets blancs» des banlieues

Violence, chômage, déclassement, déscolarisation… Dans les banlieues britanniques, la classe ouvrière blanche a vu sa situation s’aggraver avec la crise économique. Désabusée, elle n’attend rien des élections et se sent abandonnée par la classe politique. Depuis 1997, 80% des 2,12 millions de nouveaux emplois créés sont allés à des immigrés.

On les appelle parfois les «chavs», lorsqu’ils sont jeunes et vulgaires. Ou le « sous-prolétariat blanc », pour englober toutes les générations de ces classes populaires vivant dans les banlieues anglaises. Une «sous-classe sociale», que certains désignent plus crûment encore par le terme de «white trash» (littéralement «déchet blanc»), importé des Etats-Unis. C’est certain : ces citoyens des couches pauvres de la population ne vont pas se déplacer en masse, demain, pour voter. La politique ne les intéresse plus. (…)

La crise économique de 2007 a empiré les choses. Aujourd’hui, c’est un fait : la Grande-Bretagne s’inquiète de plus en plus pour cette catégorie de sa population. Si les experts, comme John Hills, l’auteur du rapport le plus complet sur les inégalités jamais entrepris outre-Manche, réfutent «le terme de sous-classe entièrement exclue de la société» et soulignent que «les inégalités frappent également les minorités ethniques», ils reconnaissent qu’il y a un malaise profond chez les Blancs les moins favorisés. Malaise d’autant plus douloureux que personne n’exprime leur désarroi (…)

Suite sur Les Echos (Merci à Chanteur)