Quand un journaliste du Point compare le vote FN à l’invasion nazie (maj vidéo)

mise à jour du 13 avril 2014 :


source : Le Point


Le journal Le Point réalise régulièrement des vidéos de commentaire de l’actualité. Ce vendredi 11 avril, l’hebdomadaire joue la carte de la provocation : le journaliste Frédéric Lewino compare le vote Front National à l’Allemagne nazie.

Durant tout son monologue, le journaliste parle devant un mur blanc, où est accrochée une carte de l’Europe, aux couleurs … du IIIème Reich ! Une croix gammée, symbole de l’Allemagne nazie y est très visible. Une inscription « la Trinité-sur-Mer » est également faite.

C’est une provocation qui va certainement faire réagir. Dans cette vidéo du site d’information Le Point, sur fond de faux bruits de mouette, le journaliste commence sa saynette : «en direct de la Trinité-sur-Mer, la nouvelle capitale de l’Europe. On nous annonce le retour du Franc, la fermeture des frontières et un grand projet européen : une tour de 600 mètres rebaptisée Jean-Marie le Pen à la place de la Tour Eiffel. Trêve de plaisanteries, on nous annonce un score historique du Front National (…)».

Valeurs actuelles

Vénissieux (69): Les scores de L. Ben Khelifa (PS) aux Minguettes soulèvent la controverse

Arrivé troisième de la quadrangulaire, le candidat socialiste a franchi la barre des 50 % dans deux bureaux de vote du plateau.
Selon nos informations, des habitants des Minguettes ont appelé, dimanche, la mairie de Vénissieux pour alerter sur «des regroupements devant certains bureaux de vote et sur la présence d’un véhicule dont le conducteur, muni d’un micro, appelait à voter Lotfi Ben Khelifa». Des Vénissians ont également reçu la visite de personnes les invitant à se prononcer en faveur du candidat du PS.

Dans le prolongement, la police municipale s’est rendue sur le plateau «pour assurer l’accès à tous les bureaux de vote afin de garantir la conformité des opérations électorales». La mairie de Vénissieux a également sollicité l’intervention de la police nationale.
A cet égard, à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), on indique : « Des fonctionnaires ont procédé au contrôle d’un véhicule. Cinq individus « perturbateurs » ont également fait l’objet d’un contrôle d’identité car ils « discutaient » avec des personnes se rendant dans un bureau de vote à propos du scrutin. Nous leur avons expliqué qu’au regard de la loi, cette démarche était proscrite. Ils ont alors quitté les lieux, aucune charge n’a été retenue contre eux et aucune procédure n’est en cours. »

Sur le terrain politique, les réactions se succèdent. La section du PCF de Vénissieux évoque « des méthodes mensongères et frauduleuses qui n’ont rien à voir avec le débat démocratique et ont choqué nombre d’habitants. »

Le Progrès (Payant)

Mantes : «Mais pourquoi on fait peur ? Qu’est-ce qu’on fait de mal ? »

[extraits] Ils sont d’origine africaine ou maghrébine et se sentent naturellement concernés par l’excellent score du FN à Mantes-la-Ville, arrivé en tête des suffrages au soir du premier tour.

Dans la cité sensible et populaire des Merisiers, un électeur sur cinq a voté pour le candidat Cyril Nauth. « Ça fait un peu bizarre. On devinait dans le quartier qu’untel ou untel pouvait voter FN. Mais autant de gens, non. C’est vraiment surprenant », dit Bab,

« Maintenant, on se pose des questions sur les gens qu’on croise », enchaîne, presque déçu, Djibril, devant le fast-food

Le score du parti frontiste est à la hauteur de leur déception. Aucun de ces jeunes interrogés n’avait senti la montée en puissance du parti de Marine Le Pen. « Les gens du FN, on ne les a jamais vus dans le quartier. C’est la surprise totale », glisse Djibril.

« Surprise totale », aussi, tant l’ambiance, à les croire, semble bonne dans la cité.

« Quand on fait des fêtes de quartier, c’est mélangé. Des Blancs, des Noirs, des Rebeus… Personne ne se regarde de travers, on ne nous a jamais dit qu’on gênait », dit Bab, casquette vissée sur une tête bien pleine.[© Le parisien]

Comprennent-ils le vote FN ? Ont-ils voté eux-mêmes Le Pen ? Un peu plus tôt au cours d’un rassemblement anti-FN, l’un d’entre eux avait confié qu’il comprenait ce vote :

« Franchement, quand on voit comment la ville s’est dégradée et comment la délinquance est présente, je comprends. Je suis contre le Front national, mais ça ne me choque pas que des électeurs votent pour eux. »

Bab s’énerve un peu quand on lui demande si ce petit groupe bruyant a conscience de faire peur à certains habitants.

« Mais pourquoi on fait peur ? Qu’est-ce qu’on fait de mal ? Parler fort ? Il n’y a pas d’appartements au-dessus de nos têtes ! Et pourquoi ne fait-on peur qu’à 20 % des gens ? Le problème n’est pas là. » L’argumentaire du jeune homme fait mouche. Il est salué par ses camarades. Yanis douche un peu l’ambiance.

« On est indésirables ! Je comprends ces électeurs. En plus, le maire et les autres candidats ne tiennent pas leurs promesses. Les gens sont déçus et vont vers ce parti. »

« Dimanche, on va aller voter. Contre le FN, bien sûr », promet Djibril.

Le Parisien (payant) - Merci Jump124 et Poulozeudor

Municipales 2014 : la question ethnique

Papier de Charles Rojzman, écrivain

Les commentaires et les explications pleuvent après la percée spectaculaire du Front national dans de nombreuses villes et le chiffre record de l’abstention: un pouvoir socialiste qui a déçu, une UMP secouée par les affaires, une population qui ne sent pas représentée par ses élites politiques et médiatiques, le chômage… Toutes ces explications sont justes et valables.

Hebergeur d'imageUne seule n’a pas suffisamment, à mon sens, retenu l’attention ou plutôt reste embarrassante : le facteur « ethnique ». Je constate l’augmentation de l’abstention dans des quartiers populaires où habitent beaucoup de musulmans (majoritairement parfois) comme à Roubaix. Et à l’écoute de ce que se dit couramment dans les quartiers populaires, aussi bien chez des jeunes que des adultes, à la lecture de quelques sites sur la toile, j’ai une impression forte qui ne peut évidemment pas être confirmée par des prises de positions officielles ou des sondages, que Nicolas Sarkozy n’a pas seulement été rejeté par les habitants des cités parce qu’il a parlé de « racailles » mais parce qu’il était considéré comme un « juif », alors même qu’il ne l’est pas.

Par ailleurs, toujours dans cette logique de savoir qui est juif, qui ne l’est pas, le juif étant l’ennemi, puisque, par définition pro-israélien, selon eux, le vote pour Hollande a été massif aux présidentielles. Mais, peu à peu, en raison de la présence de ministres perçus comme « juifs » dans son gouvernement, soit parce qu’ils le sont réellement, soit parce qu’ils sont tout simplement imaginés comme tels, François Hollande a été considéré comme président sioniste et ainsi rejeté.  [...]

Hebergeur d'imageJ’ai le souvenir d’avoir assisté un jour à un grand meeting de Le Pen père à Rouen. Lorsque ce dernier parlait de l’Europe et de la corruption, il était chaleureusement applaudi mais ces applaudissements devenaient frénétiques lorsqu’il mettait en cause l’immigration maghrébine. « Arabi fora », « les arabes dehors », ce slogan corse a depuis toujours été la devise des partisans du Front national dans le Sud, le Nord et l’Est du pays.

Comme dans d’autres pays d’Europe, le rejet du multiculturalisme considéré comme le cheval de Troie d’un Islam envahissant et de la criminalité « des racailles de cités » a suscité le rejet des partis en place jugés favorables à ce multiculturalisme et une propension à élire les représentants de partis dits populistes. [...]

Il serait dommage de se tromper d’analyse et de ne pas accepter de voir l’importance de plus en plus grande des questions ethniques dans ce climat de désespérance des sociétés modernes. [...]

Huffington Post

Le vote maghrébin pour le FN : phénomène anecdotique ou large réalité ? (vidéo)(màj 3)

mise à jour du 27 mars 2014 à 19h35


lien direct sur : VK
source : journaliste Antoine Ly – la nouvelle edition – canal plus – 27 03 2014

(merci à Stev)


mise à jour du 27 mars 2014 à 11h20


source : journaliste Denis Jeambar – extrait de politique matin – LCP – 27 03 2014


« Ce n’est pas les Français de pure souche qui votent FN mais désormais aussi des Français issus de l’immigration »


source : journaliste Céline Bittner – extrait de politique matin – LCP – 25 03 2014

Paris 18e : Le candidat FN chassé par des militants pour le droit de vote des étrangers (Vidéo)

Un collectif de résidents étrangers parisiens remet sur le devant de la scène le droit de vote des étrangers.

A quelques mètres de là, Philippe Martel, le candidat Front national de l’arrondissement observe le rassemblement d’un mauvais oeil. Le dialogue de sourds sera de courte durée, sa présence n’est pas franchement désirée, il se fait vite chasser par le collectif : «Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos !», scande le groupe pour faire déguerpir l’importun.

Dimanche midi, place Jules Joffrin, dans le 18ème arrondissement de Paris, un petit groupe de femmes donne de la voix pour interpeller les passants : «On vit ici ! On vote ici !». Le soleil est au beau-fixe, et entre les flâneurs qui reviennent du marché et les familles agglutinées autour du manège, la place ne manque pas d’animation.

Valérie et Rhada répondent avec enthousiasme aux curieux qui s’avancent vers le petit stand installé en face de la Mairie : «On a déposé 4 urnes dans le quartier. Si vous avez le droit de vote, vous pouvez mettre notre liste dans l’enveloppe, en solidarité. Sinon, vous pouvez voter ici !», explique la militante du collectif des «Sans-Voix». Rhada Kallel, jeune médecin tunisienne travaille en France depuis 2010, au service psychiatrique d’un hôpital du 93. Résidente du 18ème arrondissement, elle a rejoint le collectif d’activistes pour le droit de vote des étrangers en janvier dernier. […]

«Voter, c’est un droit, et c’est un devoir», estime Nadia, 62 ans, en glissant son bulletin dans l’urne des «Sans-Voix . Elle qui travaille en France depuis 15 ans comme aide à la personne se souvient douloureusement des six années où elle est restée sans-papiers. «On ne veut pas nous donner une place, alors qu’on travaille et qu’on cotise.» Comme beaucoup de Français, elle ne croit plus vraiment à une démocratie «où tout est joué d’avance», mais «pour le principe», elle rêverait de pouvoir ajouter une carte d’électeur dans son porte-feuille, à côté de sa carte de séjour. […]

Nouvel Obs

Comment votent les musulmans en Ile-de-France

La fondation Jean Jaurès, proche du PS, s’est livrée à une analyse délicate de cet électorat dans une note publiée jeudi, qui extrait des données d’une récente enquête réalisée par l’institut TNS Sofres sur « l’identité des Franciliens ».

Rappelant en préambule que 71 % des sondés se disant musulmans ont voté pour François Hollande en 2012, le directeur général de la fondation, Gilles Finchelstein, montre que la réalité est plus complexe qu’il n’y paraît. Ainsi, si les musulmans questionnés par l’enquête partagent les « valeurs économiques et sociales » ou celles sur « l’identité et l’immigration » généralement défendues par la gauche, il n’en va pas de même des « valeurs culturelles ».

La note de la fondation Jean Jaurès énumère les critères qui rapprochent cet électorat de la gauche : le « désir d’égalité », la « solidarité » et le « besoin d’Etat » face au marché. Au chapitre des valeurs, les choses se compliquent. Ainsi, le document signale avec « surprise » que 78 % des Franciliens de l’enquête se présentant comme musulmans se sentent « respectés », avec seulement « 9 points de moins que la moyenne francilienne », loin du thème de la stigmatisation généralement évoqué.

En outre, si 82 % d’entre eux sont favorables au droit de vote des étrangers – une mesure défendue par une partie de la gauche -, ils sont la moitié à juger « qu’il y a trop d’immigrés » (5 points de plus que la moyenne francilienne), et 52 % à considérer que l’on « ne se sent plus chez soi comme avant » (11 points de plus que la moyenne francilienne).

Sur le plan culturel, deux chapitres semblent les éloigner encore davantage de la gauche : l’homosexualité – 83 % n’approuvent pas l’idée qu’il s’agit d’une manière acceptable de vivre sa sexualité, l’inverse de la moyenne francilienne – et les femmes – 65 % partagent l’idée qu’une femme est faite pour avoir des enfants, et 45 % ne considèrent pas comme normal qu’une femme puisse avorter, soit respectivement 40 et 35 points au dessus de la moyenne francilienne.

Le directeur de l’institut Jean-Jaurès met en parallèle ces « musulmans de gauche » et les « cathos de gauche » entrés au Parti socialiste au début des années 1970 avec des proportions comparables, à l’époque, de personnes hostiles à l’avortement ou à l’homosexualité. Il conclut de ces chiffres que « le défi électoral pour la gauche » est le rapport « pour le moins distancié » des musulmans à la politique, « 61 % déclarant ne pas s’y intéresser ». Sur ce thème, ni la gauche ni la droite ne semblent avoir trouvé de solution.

Metro News

Le non-vote des étrangers «exclut près de 2 millions de citoyens»

Extraits d’une enquête de Libération sur le droit de vote des résidents étrangers dans les «quartiers populaires et les banlieues» qui «exclut près de 2 millions de citoyens». L’enquête révèle également le pourcentage élevé d’étrangers dans certaines communes.

Dimanche, près de 2 millions d’étrangers résidant en France depuis plus de cinq ans auraient dû participer au premier tour des municipales. C’était l’engagement 50 du candidat Hollande : «J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans.» […]

Derrière la question du droit de vote, il y a celle du manque de représentativité des élus dans les banlieues populaires. A Aubervilliers, 76 000 habitants, Salvatore a été confortablement élu en 2008 par… 7% des habitants. Candidat à sa réélection, il n’est pas le seul édile à y être confronté. A Clichy-sous-Bois, autre commune pauvre de Seine-Saint-Denis, l’ancien maire PS Claude Dilain avait, lui, été élu avec… 2 792 voix. Soit 9% de la population. Idem pour le maire de La Courneuve, de Grigny, dans l’Essonne, de Roubaix dans le Nord, qui tournent autour des 10%.

Autant de chiffres dont on parle peu et qui touchent en premier lieu les banlieues populaires, où se cumulent l’effet d’une faible proportion d’inscrits sur les listes électorales et celui d’une abstention traditionnellement plus forte dans ces quartiers. A Aubervilliers par exemple, seul un tiers des habitants sont inscrits sur les listes. Parce que la population est plus jeune qu’ailleurs et compte proportionnellement beaucoup de mineurs. Parce qu’elle est aussi plus précaire, donc plus mobile. Contrairement à une idée reçue, les quartiers les plus pauvres sont aussi ceux qui connaissant d’importants turnover de population, favorisant les non-inscriptions sur les listes électorales.

Enfin, ce sont les villes où se concentrent les populations immigrées venues de l’extérieur de l’Union européenne et ne disposant donc pas du droit de vote. Ainsi, à Clichy-sous-Bois, 36% de la population est étrangère. A Aubervilliers, 35%.

A Aubervilliers, dans le quartier du Landy, qui compte un peu moins de 3 000 habitants à cheval sur Aubervilliers et Saint-Denis, les taux d’absention dépassaient les 50% aux municipales de 2008, comme à la dernière présidentielle. Dans ce quartier, le revenu moyen par foyer est de 9 900 euros par an et le taux de familles monoparentales deux fois plus élevé qu’ailleurs en région parisienne. Des difficultés sociales qui favorisent les comportements abstentionnistes. Mais, surtout, les trois quarts des ménages sont installés depuis moins de cinq ans, 44% des habitants sont de nationalité étrangère (ce taux est de 15,4% sur l’ensemble de la région parisienne) et une immense majorité, bien que française, est issue de parents étrangers. Dans ces quartiers, voter est donc mécaniquement le fait d’une minorité. Insuffisante à diffuser une culture du vote par ailleurs malmenée par un plus fort rejet du politique qu’ailleurs.

Libération

Le PS et les musulmans : La rupture

Le PS va-t-il perdre le vote des musulmans après celui des classes populaires ? A en croire les études, la réponse est oui selon Nicolas Bourgoin démographe, maître de conférences à l’université de Franche-Comté

S’il ne pèse que 5 % du corps électoral, l’électorat musulman est très marqué à gauche (entre 70 % et 90 % suivant les élections) et a joué un rôle décisif dans la victoire de François Hollande qui en a recueilli la quasi-totalité.

Le rejet anti-Sarkozy a joué pleinement : le candidat socialiste promettait de rompre avec la politique atlantiste de son prédécesseur et d’en finir avec les débats truqués sur l’identité nationale « qui ne servent qu’à monter les Français les uns contre les autres ». La suite nous a montré ce qu’il fallait en penser…

De fait, une bonne partie de ces voix risquent fort de faire défaut au PS lors des prochaines échéances électorales, bien que les tentatives de récupération menées par l’UMP semblent vouées à l’échec.

La campagne anti-Dieudonné, celles sur la « laïcité », les attaques contre les principes religieux avec l’enseignement de la théorie du genre, le mariage gay et la légalisation de la PMA et de la GPA prévue initialement dans la loi Famille, les diatribes islamophobes de Manuel Valls, les lois anti-voiles votées par le gouvernement, la ligne pro-sioniste suivie par celui-ci sur les dossiers syriens et ukrainiens, son soutien inconditionnel à Israël, et enfin l’abandon de promesses pourtant bien timides sur le droit de vote des étrangers ou les récépissés lors des contrôles de police ont achevé de dissiper ce qu’il restait d’illusions à propos d’un PS antiraciste et bienveillant à l’égard des musulmans. Opération séduction un mois avant les municipales, l’hommage de circonstance rendu par François Hollande aux soldats musulmans morts pour la France ne trompera pas grand monde.

En février 2006, SOS Racisme prend position en faveur de la publication des caricatures de Muhammad du journal Jylland-Postens dans Charlie Hebdo en signant une pétition de soutien. […] A l’opposé, SOS Racisme poursuit sans relâche les quenelliers. […]

saphirnews

Les municipales auront lieu sans ces étrangers qui ont «vocation à devenir Français» (Libé)

Editorial d’Eric Decouty sur le vote des étrangers hors UE aux municipales.

Les élections municipales se dérouleront sans eux.

Sans ces hommes et sans ces femmes, étrangers mais résidant depuis des années sur notre sol, respectueux des lois de la République et acteurs ordinaires de la vie de la cité.

Symboles d’une promesse non tenue par François Hollande, près de 2 millions de personnes demeurent exclues de notre démocratie locale quand depuis plus de vingt ans une dizaine de pays de l’Union européenne a accordé le droit de vote aux extracommunautaires.

Au moment où l’abstention est annoncée comme le triste vainqueur des scrutins à venir, que le Front national progresse dans la plupart des villes, il n’est plus tolérable de tenir à l’écart des débats politiques des populations le plus souvent installées dans les quartiers.

Face à une réalité qui est aussi la défaite de la gauche François Hollande doit enfin trouver le courage de bousculer cet archaïsme français.
Mais c’est à la République tout entière de faire un geste envers ces étrangers. Parce que la citoyenneté locale peut être un moyen de les détourner de tentations communautaires et que cette citoyenneté accordée à des hommes et des femmes vivant en France depuis plus de cinq ans – et ayant donc vocation à devenir Français – est le meilleur outil d’intégration.

C’est enfin le moyen essentiel d’une remobilisation électorale des enfants de l’immigration et aussi d’un renouvellement politique.

Les élections municipales vont redire l’urgence de renoncer à nos blocages.

Libération

«En famille, on garde son vote secret pour éviter la discorde»

Près d’un Français sur cinq ne révèle pas à son conjoint ce qu’il vote. Anne Muxel, directrice de recherche au Cevipof, analyse les rapports entre les relais familiaux et la politique.

Hebergeur d'image

LE FIGARO. – Près de 20% des Français ne révèlent pas à leur conjoint pour qui ils votent. Comment expliquer cette discrétion dans notre société actuelle, où plus aucun sujet ne semble tabou ?

Anne MUXEL - L’isoloir conserve une fonction symbolique forte et bien précise: on y est libre de ses choix et d’y exprimer ses convictions les plus intimes, qu’elles soient d’ordre politique, moral ou religieux.

Les couples qui ne se révèlent pas leur vote sont souvent dans une situation de désaccord politique. [...] Préserver le secret du droit de vote, c’est se préserver d’une discorde possible. C’est d’autant plus vrai lorsque les extrêmes sont en jeu. [...]

La politique est-elle vécue de la même manière dans les familles de gauche et de droite ?

Les familles de gauche et de droite ont beaucoup de points communs. Elles sont toutes très différentes des familles sans filiation politique ou peu intéressées par la chose. Elles s’impliquent plus dans les élections, se déplacent plus souvent pour aller voter.

S’il y a une différence entre elles, c’est que chez les gens de gauche, il y a une plus grande allergie aux différences de choix politiques. On rejette plus les orientations divergentes des siennes qu’à droite.

Sinon, au niveau des extrêmes, il y a une différence majeure entre l’extrême gauche et l’extrême droite. La première est beaucoup mieux acceptée que la seconde dans les cercles familiaux. Le FN n’a pas levé entièrement les tabous dont il fait l’objet. Dans la famille, c’est la même chose. Dès le moment où le FN vient dans la discussion, il peut y avoir danger pour la cohésion.

Le Figaro