France : Des extrémistes menacent des bibliothèques selon Aurélie Filippetti

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a dénoncé aujourd’hui les pressions exercées contre «une trentaine de bibliothèques publiques» par «des mouvements extrémistes» qui «exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner».

«Il est temps d’en appeler à Voltaire, à l’esprit des Lumières, pour dénoncer ces atteintes scandaleuses à la démocratie et à la liberté», écrit la ministre de la Culture.

Ces groupes, a indiqué une source proche du ministère, sont liés au «Printemps français» hostile au mariage gay et qui dénonce une supposée «théorie du genre» qui serait enseignée dans les écoles, notamment à travers les ouvrages fournis aux enfants.

Selon Filippetti, ces groupes «se rendent dans les bibliothèques de lecture publique, exercent des pressions sur les personnels, les somment de se justifier sur leur politique d’acquisition, fouillent dans les rayonnages avec une obsession particulière pour les sections jeunesse, et exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu’ils prétendent incarner».

Le Figaro

Est-il encore possible de s’exprimer librement en France ?

Guéant et les civilisations, Sarkozy avec ses valeurs, Vanneste, Le Pen et même Hollande avec ses déclarations sur les camps de Roms… Les accusations absurdes de négationnisme, de pétainisme, voire de nazisme pleuvent.

Nul n’est censé ignorer le négationnisme en histoire, à savoir la négation du génocide des juifs pendant la deuxième guerre mondiale et depuis peu la négation du génocide des Arméniens en 1915, dénis et dénis également punis par la loi. On parle beaucoup moins de ce que l’on pourrait appeler le négationnisme du dictionnaire, phénomène qui va pourtant se développant ces derniers temps de manière exponentielle, la campagne présidentielle en cours n’y étant pas pour rien.

Ce négationnisme-là consiste à proscrire et à condamner – pour l’instant de manière platonique, je veux dire sans conséquence pénale – l’emploi de certains mots ou de certaines expressions. (…)

Mais la rage de bâillonner, de réprimer, d’interdire se répand dans notre pays avec la vitesse et les ravages d’une maladie contagieuse. (…)

Il existe pourtant un texte, et pas n’importe lequel, puisqu’il est à la base de notre Constitution, qui affirme que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi« .

La Déclaration des droits de l’homme de 1789 n’est-elle qu’un vœu pieux, une formule creuse alors que « les cas déterminés par la loi » ne cessent de se multiplier et que la pression des lobbies communautaristes, religieux, politiques, intellectuels ne cesse de s’accroître.

Quelle incapacité croissante à débattre sereinement, quelle trouble nostalgie de la censure, que de coups portés à la tolérance, au pays d’Anatole France que de fanatiques, au pays des Lumières que d’éteignoirs ! Voltaire, réveille-toi, ils vont nous rendre fous !

Atlantico

 

Déclin intellectuel et dictature de la pensée en France : reviens, Voltaire !

La France des années 2010 ressemble de moins en moins à la France des Lumières et des libres penseurs occidentaux du 19ème siècle, qu’ils soient allemands, anglais ou français. Tel est le sévère constat tracé par Philippe Nemo qui dans un court essai, entre analyse et pamphlet, nous confie qu’il ne reconnaît plus le grand pays intellectuel que fut la France il y a quelques décennies (La régression intellectuelle de la France, Texquis, 2011).

En spécialiste de la pensée libérale et de la philosophie politique, Nemo fonde ses conclusions sur une analyse très fine des lois votées par le Parlement qui, sous prétexte de protéger la mémoire et les communautés, interdisent, pour ne pas dire censurent, des propos qui pourtant, bien que pouvant choquer, ont toute leur place dans le débat public.

La loi Gayssot est visée, servant d’illustration édifiante à une ambiance d’époque assez bien croquée par l’auteur qui voit l’émergence d’une censure généralisée de l’exposé de certains sujets qu’il ne faut pas aborder et qui font prendre à celui qui s’y engage le risque d’être sévèrement condamnée par la juridiction.

(…) Ce « droit censuriel » va plus loin puisqu’il accorde à des associations dûment estampillées par l’Etat la possibilité de saisir la justice pour instruire un procès contre ceux dont les propos « suintent » le racisme ou l’antisémitisme. Comme le fait justement remarquer Nemo, ces associations ne sont ni des victimes, ni des représentants du ministère public. Cette étrangeté du droit français permet à ces associations d’être les auxiliaires d’une police de pensée qui au bout du compte, finit par devenir arbitraire (ou contingent, par opposition à nécessaire), à la fois par l’aspect sectoriel, voire sectaire, idéologique, de ces associations mais aussi par les difficultés qu’on les magistrats à évaluer s’il y a racisme ou antisémitisme. A la limite, tout énoncé contenant le mot « juif », « arabe », « noir » et maintenant « homo », « handicapé », devient potentiellement suspect.

Ce dispositif judiciaire ressemble à un tribunal d’inquisition comme ceux du Moyen Age où les contrevenants devaient prouver qu’ils pensaient conformément à la loi théologale.

La charge est terrible mais efficace. Sont visés les cercles maçonniques où règnent les idéologies exclusives, les pédagogues de l’ère mitterrandienne qui ont propulsé l’école produisant des crétins et celle religion de gauche qui tel un clergé sans théologie, s’arroge la légitimité de dire le bien et le mal. On pourra reprocher à Nemo d’être lui aussi idéologiquement orienté. C’est possible mais le diagnostic sur la perte de sens et de liberté dans les débats publics est recevable. Les intellectuels de gauche lui mettront sans doute l’étiquette de nouveau réactionnaire, au côté d’Eric Zemmour, de Natacha Polony et d’Alain Finkielkraut.

(…) Le résultat dans les années 2000, c’est qu’on ne débat plus mais qu’on intime à la pensée de se conformer à différentes doxa sous peine d’être anathémisé, voire excommunié. (…)

Agoravox

Versailles : Procès du voleur des joueurs de l’équipe de France de football

Le Tribunal correctionnel de Versailles va recevoir ce vendredi dans ses locaux Franck, 37 ans, qui présente la particularité d’être soupçonné d’avoir dérobé plusieurs milliers d’euros aux joueurs de l’équipe de France de football.

Si l’affaire n’avait jusqu’à maintenant pas fait de bruit et avait été bien cachée par les responsables du football français, Le Parisien précise que les faits se seraient produits entre octobre 2008 et septembre 2010.

Pendant ce laps de temps, plusieurs joueurs français se seraient ainsi fait dérober de l’argent pendant qu’ils séjournaient à Clairefontaine. Sidney Govou déplore la perte de 4 à 5 000 euros, Julien Escudé et Sébastien Squillaci de 2 500 euros et Steve Mandanda de 1 000 euros. L’enquête a mené à l’arrestation de cet employé de la société Sodexo, suspecté d’être l’auteur des vols.

Celui-ci aurait d’ailleurs assuré qu’il volait les affaires des Bleus par amour du football mais continuerait de nier avoir volé de l’argent.

L’Équipe

(Merci à Walder)

Desouche Histoire : L’Église, les Lumières et l’éducation au XVIIIe siècle

Saint Sulpice (XVIIe)
L’église Saint-Sulpice par Mathys Schoevaerdts vers 1665. Les pédagogues Jean-Baptiste de La Salle et Charles Démia y étudièrent au séminaire.

Entre le XVIe siècle et la Révolution, un débat s’instaure entre défenseurs et adversaires de l’éducation du peuple. Ce débat met en jeu la nécessité de christianiser les masses, la recherche de l’efficacité économique et l’élévation morale de l’homme par l’instruction. A contrario des idées reçues, les défenseurs de la « démocratisation » de l’instruction ne se trouvent pas du côté que l’on croit !

I. L’Église et l’éducation

Au XVIe siècle, l’Église fait de l’éducation du peuple un devoir pour les clercs et les évêques. Le péril protestant accélère l’ouverture d’écoles élémentaires : dans les régions où progresse le protestantisme, il est impensable de laisser le monopole de l’instruction aux huguenots. Au XVIIe, les missionnaires découvrent dans certaines régions de France une ignorance religieuse préoccupante, qu’ils mettent en parallèle avec l’ignorance des peuples « exotiques ».

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Quand l’Europe parlait français

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le français rayonne dans toute l’Europe.

Afin de ressusciter cette époque scintillante et de décrypter les ressorts de cette hégémonie, le réalisateur Olivier Horn et l’historien académicien Marc Fumaroli nous proposent un voyage à travers l’Europe aristocratique, à la rencontre de personnages historiques (Frédéric II de Prusse, Catherine II de Russie…) et des lieux dans lesquels ils ont vécu.
Voltaire, le plus célèbre virtuose de sa langue, ayant entretenu par sa conversation et ses innombrables correspondances des relations avec les plus grands de ce monde, est le guide principal de cette évocation érudite.

1ère partie :

2ème partie :

Le Fanatisme, ou Mahomet, de Voltaire

Voltaire

Voltaire

Le Fanatisme ou Mahomet est une tragédie de Voltaire écrite en 1736. Dès sa sortie, elle déplut à l’Eglise catholique, qui se sentit visée, et qui d’ailleurs l’était. La pièce continua de déplaire : en décembre 2005, une représentation de la pièce à Saint Genis Pouilly (Ain) dut faire face à une tentative d’interdiction en provenance de Musulmans cette fois-ci. Cet acte de censure avorté remit en lumière une oeuvre un peu oubliée de nos programmes scolaires, mais qui se lit avec plaisir et nous offre une galerie de personnages peut-être pas immortels mais certainement interessants : Zopire, Roi de la Mecque, digne et lumineux, à qui même le coup de poignard de l’assassin n’arrache que des mots de bénédiction ; Séide et Palmire, adolescents criminels par manipulation ; Mahomet, dépeint en méchant absolu, qui hait jusqu’à ceux qui le servent.

L’histoire

Mahomet, déjà maître de Médine, met le siège devant la Mecque, dont le roi païen Zopire est décidé à lui résister.

Au palais de Zopire, vivent deux partisans de Mahomet : la jeune Palmire, récemment capturée, et Séide, amoureux de Palmire, qui s’est offert comme otage pour la revoir. Ces deux jeunes gens, capturés en bas âge par un lieutenant de Mahomet nommé Hercide, s’avèreront à la fin être frère et soeur, et être les enfants de Zopire.

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Un intellectuel algérien s’inquiète du retour de la «bête immonde»

Mustapha Cherif, philosophe, professeur à l’université d’Alger, est l’auteur d’ouvrages sur «le vivre-ensemble et le dialogue des cultures». A l’occasion de la commémoration de l’appel du 18 juin, il appelle les «citoyens» à s’unir contre le retour de la «bête immonde» qui revient sous la forme d’un courant «maurassien» et d’un courant «laïciste»

Ce sont les valeurs d’écoute, de respect mutuel et de dialogue qu’il faut privilégier. Les citoyens de confession musulmane ne désespèrent pas et savent que l’immense majorité des Français reste attachée aux valeurs de la République, celles de liberté, d’égalité et de fraternité. Ce que les citoyens musulmans refusent, ce sont les discriminations, les amalgames et la stigmatisation qui se multiplient. Ils gardent en mémoire les sacrifices de leurs aînés dans les champs de bataille. Vivre ensemble est non pas une nouvelle idéologie, mais un concept des Lumières et des valeurs abrahamiques.

En Europe, les citoyens de confession musulmane savent que l’amitié judéo-arabe et islamo-chrétienne est un horizon sage, qui a fait ses preuves durant des siècles. Ils ne confondent pas sionistes extrémistes et judaïsme, intégristes chrétiens et christianisme, intégristes laïcistes dogmatiques et humanisme.

SaphirNews

L’orthographe, une compétence bientôt reconnue sur le CV

Les candidats à un poste dans une entreprise pourront bientôt mentionner sur leur CV une certification Voltaire qui permettra de s’assurer de leur maîtrise de l’orthographe, une compétence apparemment devenue rare. Les deux premières sessions ont eu lieu ce vendredi à Paris et Lyon.

Au même titre que le TOEIC ou le TOEFL, pour les langues, ce certificat pourra être mentionné sur le CV et mettre ainsi en valeur «une compétence différenciatrice». Règles grammaticales, sémantiques, lexicales ou syntaxiques n’auront plus de secret pour les prétendants au titre.

Les résultats peuvent être compris entre 0 et 1000 points. Il faudra 300 points à un candidat pour être apte à rédiger un texte simple ; à partir de 900 points, le candidat est considéré comme référent en matière d’orthographe.

Source : L’Express

Nation française : la définition de Voltaire

Extrait consacré à la définition de la Nation française, de l’article  » Franc, France, Français » du Dictionnaire Philosophique de Voltaire.

De la nation française.

Lorsque les Francs s’établirent dans le pays des premiers welches, que les Romains appelaient Gallia, la nation se trouva composée des anciens Celtes ou Gaulois subjugués par César, des familles romaines qui s’y étaient établies, des Germains qui y avaient déjà fait des émigrations, et enfin des Francs qui se rendirent maîtres du pays sous leur chef Clovis[...]

On ne connut guère le nom de Français que vers le xe siècle. Le fond de la nation est de familles gauloises, et les traces du caractère des anciens Gaulois ont toujours subsisté[...]

En effet, chaque peuple a son caractère comme chaque homme; et ce caractère général est formé de toutes les ressemblances que la nature et l’habitude ont mises entre les habitants d’un même pays, au milieu des variétés qui les distinguent. Ainsi le caractère, le génie, l’esprit français, résultent de ce que les différentes provinces de ce royaume ont entre elles de semblable[...]

Le climat et le sol impriment évidemment aux hommes, comme aux animaux et aux plantes, des marques qui ne changent point. Celles qui dépendent du gouvernement, de la religion, de l’éducation, s’altèrent. C’est là le noeud qui explique comment les peuples ont perdu une partie de leur ancien caractère, et ont conservé l’autre[...]

Le fond du Français est tel aujourd’hui que César a peint le Gaulois, prompt à se résoudre, ardent à combattre, impétueux dans l’attaque, se rebutant aisément. César, Agathias, et d’autres, disent que de tous les barbares le Gaulois était le plus poli. Il est encore, dans le temps le plus civilisé, le modèle de la politesse de ses voisins, quoiqu’il montre de temps en temps des restes de sa légèreté, de sa pétulance et de sa barbarie[...]
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