Le Guen (PS) constate une «radicalisation» de la droite

Le député (PS) de Paris, Jean-Marie Le Guen, a estimé dans l’émission «Le Grand entretien» de RCJ que la droite est «en train d’être transformée» par le débat sur le mariage gay, avec le retour d’un courant radical «d’inspiration catholique», différent du FN, et qui va «entrer en compétition avec ce qui a été la synthèse des valeurs de droite».

«Je constate qu’il y a une radicalisation à tous les sens du terme. Radical au sens de la racine des choses, c’est-à-dire qu’on en revient à une droite d’inspiration catholique forte qui a toujours été présente dans l’histoire de notre pays mais qui avait disparu politiquement pour des raisons diverses ».

Pour Jean-Marie Le Guen, on assiste en effet à «une recomposition idéologique du paysage politique français ». «On retrouve ses racines, dit-il, mais ce sont des racines à mon avis très à droite, très conservatrices, parce qu’on voit bien dans les propos de Mme Frigide Barjot et de celui qui anime le mouvement avec elle qu’on va maintenant parler d’autres sujets, on va parler de l’euthanasie, on va parler de l’IVG, on va parler de la contraception». […]

Et «ce mouvement se fait fondamentalement sur des valeurs que je respecte, que je ne partage pas du tout, mais c’est un mouvement global», assure-t-il. «C’est une vision idéologique globale qui va choquer au sens premier du terme, qui va entrer en compétition avec ce qui a été la synthèse des valeurs de la droite il y a quelques années. Je pense qu’il va y avoir de vraies divergences, et je n’assimile même pas ça au FN, qui est encore autre chose», a-t-il précisé.[…]

Le Figaro

Franz-Olivier Giesbert : «La bonne nouvelle des dernières années est qu’un certain islam de France n’hésite plus à défendre les valeurs de la République».

Chronique de Franz-Olivier Giesbert dans Le Point.

Les perroquets de la bien-pensance ne nous autorisent qu’à rappeler à l’ordre l’Église catholique, à qui, pourtant, la société semble échapper peu à peu. Ils nous interdisent, en revanche, d’interpeller l’islam, corseté dans une posture victimaire, sous prétexte qu’il ne faudrait pas le froisser. C’est tout ce qui leur reste du christianisme, cette stratégie de l’apaisement. Au premier soufflet, ils tendent toujours l’autre joue.

Quand on referme le dernier livre de Nicolas Baverez, Réveillez-vous ! c’est un sentiment d’accablement qui vous envahit, et pour longtemps. Notre ami sera sans doute traité de mauvais coucheur ou de prophète de malheur et pourtant ce qu’il nous annonce depuis des années est en train de se produire sous nos yeux. L’effondrement économique. La faillite des élites. Les conséquences du stupide déni français.

[…] le climat délétère des dernières semaines rappelle, à bien des égards, celui que Marc Bloch décrivait dans L’étrange défaite, écrit en 1940 et publié en 1946, où l’historien recherchait les causes de notre fiasco militaire, sur fond d’aveuglement, de fatigue morale et de ligne Maginot. […]

Toutes les générations ont le sentiment que l’Histoire a commencé le jour de leur naissance et celles qui sont aujourd’hui au pouvoir partout en Occident ont perdu le sens du tragique. N’ayant connu que des guéguerres, elles ont oublié qu’elles déambulent au-dessus des charniers enfouis des conflits d’hier qui peuvent recommencer demain.

Il y a tant d’électricité dans l’air, en Europe, à cause de la crise, et plus encore au Proche-Orient, saisi par ses démangeaisons religieuses, que l’une et l’autre semblent à la merci de la moindre étincelle. Comme si l’avenir nous préparait, ici ou là, d’autres étranges défaites […]

Par bonheur, nous ne sommes plus au temps où, devant les polémiques, les intellectuels musulmans modérés prenaient leur courage à deux pieds et fuyaient le débat. La bonne nouvelle des dernières années est qu’un certain islam de France n’hésite plus à défendre les valeurs de la République. Merci à lui. Merci à Malek Chebel, à Dalil Boubakeur et à l’imam de Drancy. […]

Le Point

Peillon veut «qu’on enseigne la morale laïque » à l’école

À la veille de la rentrée scolaire, le ministre de l’Education, Vincent Peillon, annonce la mise en place de cours de «morale laïque» dès la rentrée 2013. Extraits de son interview à paraître demain dans le JDD.

Le redressement de la France doit être un redressement matériel mais aussi intellectuel et moral.

Qu’entendez-vous par «morale laïque» ?

La morale laïque c’est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c’est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs. Je souhaite pour l’école française un enseignement qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondée sur les idées d’humanité et de raison. La république porte une exigence de raison et de justice. La capacité de raisonner, de critiquer, de douter, tout cela doit s’apprendre à l’école. Quelles sont ces valeurs communes ?

Lorsque le président de la République dit devant le monument de Jules Ferry faire de l’école la priorité, il dit à la société qu’un certain nombre de valeurs sont plus importantes que d’autres : la connaissance, le dévouement, la solidarité, plutôt que les valeurs de l’argent, de la concurrence, de l’égoïsme… Nous devons également porter et défendre l’égalité des garçons et des filles. Une société et une école qui n’enseignent pas ces valeurs s’effondrent. Il faut assumer que l’école exerce un pouvoir spirituel dans la société. [...]

Il faut enseigner la laïcité ?

La laïcité comme fait juridique, philosophique et historique n’est pas suffisamment étudiée. Certains pensent que la laïcité est contre les religions ; certains au contraire que c’est simplement la tolérance ; d’autres que c’est uniquement des règles de coexistence. Or, la laïcité ce n’est pas simplement cela. Il existe aussi une «laïcité intérieure», c’est-à-dire un rapport à soi qui est un art de l’interrogation et de la liberté. La laïcité consiste à faire un effort pour raisonner, considérer que tout ne se vaut pas, qu’un raisonnement ce n’est pas une opinion. Le jugement cela s’apprend.

Le JDD

UMP : Lancement de la «Droite forte» pour contrer le FN

Lundi, les deux sarkozystes Geoffroy Didier et Guillaume Peltier ont annoncé le lancement d’un mouvement au sein du parti : la Droite forte. Une appellation inspirée directement de la «France forte», le slogan de Nicolas Sarkozy pendant la présidentielle. Geoffroy Didier, conseiller régional d’Ile-de-France, explique le sens de leur démarche

Nous voulons affirmer et promouvoir nos propres valeurs qui sont celles d’une vraie droite. Alors, le FN se réduira progressivement comme une peau de chagrin.

Ce mouvement semble être de la même veine que la Droite populaire. Pourquoi ne pas rejoindre plutôt le collectif de Thierry Mariani et Lionnel Luca ?

La Droite populaire a souvent mené un juste combat, mais, dans certaines situations, elle s’est auto-caricaturée et elle s’est dénaturée. La Droite populaire s’est souvent limitée à une réflexion sur les sujets de sécurité et d’immigration, alors que nous devons construire et offrir un projet plus complet pour la société.

Vous vous inscrivez dans la lignée de Nicolas Sarkozy. L’UMP n’a-t-elle pas plutôt besoin de créativité ?

Après ce temps exceptionnel de réforme du quinquennat, nous avons vécu une campagne présidentielle exaltante. […] Durant cette campagne, il y a des valeurs que Nicolas Sarkozy a défendues et qui sont pour nous fondatrices : l’amour de la France, le respect de ses frontières, la priorité au travail et au mérite, la chasse aux fraudes et à l’assistanat et le retour de l’autorité républicaine. C’est ce que doit proposer la droite de demain. […]Si ces valeurs sont mieux défendues, alors l’UMP gagnera en 2017. En revanche, si la droite n’est pas forte, le FN nous battra et les socialistes connaîtront de nouvelles victoires.

Le Point

Citoyen, républicain, «ces tristes cache-sexe de l’indigence de la pensée» (Agoravox)

Matthieu Vasseur, s’insurge sur l’utilisation systématique de mots standardisés comme «citoyen» ou «républicain» dans le discours politique et médiatique.

Quand j’entends dire par François Fillon qu’il faudrait immédiatement raccrocher le téléphone pour couper court à toute discussion avec un leader du FN, j’ai du mal à l’accepter. Au nom de quoi ? Quel dévoiement prophylactique permet-il de rejeter un être humain dans cette altérité radicale, telle que tout dialogue avec lui serait souillure ?

Il y a deux ans, il n’y en avait que pour «citoyen», utilisé comme adjectif. Il y avait des «cafés citoyens», des «engagements citoyens», des «marchés citoyens» : tout devait porter le label magique. Vous aviez envie de vous cuiter ? Organisez une «fête citoyenne», voila votre beuverie annoblie, garantie sans mal de crâne le lendemain.

Mais il en va de ces mots valises comme des plans de sauvetage de l’Euro : tristes cache-sexe de l’indigence de la pensée, ils ont une durée de vie de plus en plus courte, avant que leur vacuité ne soit révélée à tous. Exit donc «citoyen», tout désormais doit être «républicain». […]

Aujourd’hui, un grave débat agite le petit monde qui papote : le Front National est-il républicain ? Alors j’ai ressorti du placard mes vieux manuels de droit constitutionnel : républicain, par opposition à monarchiste, Président contre Roi (et maitresse du Président contre Royal, mais c’est une autre histoire). Marine Le Pen réclame-t-elle le retour des Bourbons sur le Trône ? Non, donc voila, c’est plie : républicain. Par opposition aux Britanniques, emportés dans leur euphorie post-jubiléenne : pas républicains, les Anglais, vilains, les Anglais. […]

Rien dans le programme du FN, que ce soit dans leur demande de suffrage proportionnel ou dans leur recours au referendum n’est intrinséquement anti-démocratique. On peut être pour, on peut être contre, mais ce n’est pas anti-démocratique. Alors, peut-être que dans le secret de leur conscience, Marine Le Pen et Florian Philippot nourrissent de noirs desseins dictatorials, mais moi, je ne suis pas le Bon Dieu, je ne sais pas lire dans les consciences. Donc, pour l’instant : toujours républicain.

Pourtant, tout le monde nous le dit en fronçant les sourcils : le Front National n’est pas républicain. Mais c’est quoi, républicain, à la fin ? Sur le Grand Journal de Canal+, la charmante autant qu’insignifiante Najat Vallaud-Belkacem, confrontée à Florian Philippot, nous a enfin livré la clé, ou tout au moins une clé : le FN n’est pas républicain parce qu’il est favorable à la peine de mort. […]

Agoravox

La charte des valeurs de l’UMP doit être réactualisée pour Juppé

L’ancien premier ministre Alain Juppé estime que l’UMP doit réactualiser sa charte des valeurs, qui date de 2002. Dans une interview donnée au Monde daté de mardi, le maire de Bordeaux, non candidat aux législatives, a expliqué que le « souci prioritaire » avant le congrès du parti en novembre était de « mettre au clair ce qui nous rassemble.

Si on se limite à s’intéresser à ce qui nous distingue, ce n’est pas suffisant. Les courants, c’est bien, mais il faut d’abord clarifier », a-t-il déclaré. Il évoque dans un des piliers  »l’attachement à la nation, qui se construit sur une intégration réussie et le rejet de la xénophobie et de l’islamophobie. C’est notre différence fondamentale avec le Front national ».

Le Figaro

Fillon : «Ne céder ni à la gauche ni au FN»

Le Premier ministre François Fillon a exhorté les responsables de l’UMP à «se battre sur (leurs) convictions» et à «ne céder ni à la gauche, ni au FN», selon des participants au bureau politique extraordinaire réuni lundi après-midi.

«Notre devoir, c’est le rassemblement de l’UMP. Il faut se battre sur nos convictions politiques. Il ne faut ni céder aux intimidations de la gauche qui réclame tous les pouvoirs en oubliant qu’en démocratie, nous sommes là pour gagner et pas pour faire de la figuration. Et il ne faut pas céder aux menaces de l’extrême droite dont le but est de nous diviser pour ensuite nous briser», a-t-il mis en garde dans des propos confirmés par son entourage.

Le JDD