Le Belge laisse tomber le Tiers Monde

La crise qui perdure depuis plusieurs mois conduit les gens à se replier sur leur propre environnement. Les Belges sont de moins en moins nombreux à estimer que l’argent destiné à l’aide au développement est bien utilisé.

Le groupe de personnes qui trouvent que le budget de l’aide au développement doit diminuer augmente rapidement, rapporte jeudi le quotidien De Standaard.

« L’empathie concernant la pauvreté dans les pays du Sud reste visible, mais l’opinion que les pays du Nord ont encore une dette par rapport à la pauvreté dans le Tiers Monde disparaît », conclut l’Institut louvaniste « Leuvense Hoger Instituut voor de Arbeid » (Hiva) sur base d’une enquête menée auprès de 1.700 personnes.

Ainsi, environ 44% des répondants estiment que le budget belge pour l’aide au développement doit diminuer, contre seulement 28% en 2010. Ils ne sont également plus que 8,6% à penser que l’argent de l’aide au développement est bien utilisé, tandis que 39% trouvent que ces moyens sont mal voire très mal utilisés.

En outre, seul un Belge sur trois est encore donateur, contre 6 sur dix en 2007, mais les donateurs donnent toutefois plus d’argent qu’auparavant. Selon l’Institut Hiva, la crise qui perdure depuis plusieurs mois conduit les gens à se replier sur leur propre environnement.

La Libre Belgique

(merci à Chlodomir)

L’UE a consacré près de 54 milliards d’euros à l’aide au développement en 2010

La Commission européenne a confirmé mercredi que l’Union européenne demeurait le premier contributeur mondial pour l’aide au développement, avec 53,8 milliards d’euros consacrés à l’aide aux pays les plus pauvres en 2010.

Ce chiffre a augmenté d’environ 4,5 milliards d’euros par rapport à 2009, s’est félicité le commissaire chargé de l’aide au développement, Andris Piebalgs, tout en reconnaissant que l’UE n’était pas parvenue à atteindre les objectifs qu’elle s’était fixés pour 2010. Néanmoins, l’UE fournit à elle seule plus de la moitié de l’aide publique mondiale, a-t-il fait remarquer. Trois des cinq plus grands donateurs mondiaux sont membres de l’UE.

Le Monde

Arianna Huffington : « Les États-Unis se délabrent »

Deux ans après l’élection de Barack Obama et la vague d’optimisme qu’elle a suscitée, le titre du livre d’Arianna Huffington, fondatrice du «Huffington Post», Third World America, (L’Amérique du tiers-monde) fait l’effet d’une douche froide.

Près de 100 millions d’Américains vivent dans des familles aux revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Les enfants de parents fortunés qui ne font pas d’études ont plus de chance d’être riches que les enfants de parents pauvres qui, eux, ont entrepris des études. La classe moyenne, sur laquelle a reposé l’essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition.

L’une des promesses-clés de l’équipe Obama, pendant la campagne de 2008, était pourtant qu’il «n’oublierait pas la classe moyenne».

Eh bien, c’est fait. Elle est dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière, qui a vu 3 000 milliards de dollars d’argent du contribuable versés à Wall Street. Des chiffres ? Depuis la fin de 2007, nous avons perdu plus de 8,4 millions d’emplois. Un Américain sur 5 est sans emploi ou sous-employé.

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Vue de la gare du Nord, la France, c’est le tiers-monde

La Gare du Nord, première vision de la France pour certains touristes, est jonchée de détritus, de tags et de papiers. Une saleté repoussante, un délitement que ne peuvent que constater les voyageurs en provenance de Londres, d’Anvers ou d’ailleurs… et qui choque le blogueur Philippe Bilger.

(…) J’arrive à la gare du Nord. Je la traverse pour prendre le métro. Je pense à Bruxelles, à Anvers, à Séoul, à Osaka. J’ai honte. Une gare d’une saleté repoussante, on marche sur des papiers, des détritus. Une grisaille, une atmosphère de pays infiniment pauvre. Une désolation.

Une multitude de groupes de toutes origines formant une communauté humaine certes diverse mais dont il est permis de se demander, sans être le moins du monde raciste, si Bernard Stasi tant regretté aujourd’hui avait raison de la considérer comme « une chance pour la France » . On n’en sait rien. La gare du Nord modèle ou risque culturel pour demain ?

Aussi, quel regard autre qu’étonné ou condescendant peuvent bien avoir les étrangers venant de pays développés devant une telle vision, la première de la France pour certains. La gare du Nord n’est pas toute la France de même qu’Anvers est dans les Flandres mais est encore moins toute la Belgique qui, plongée dans des querelles intestines entre flamands et francophones, attend le « clarificateur » décisif (Le Soir).

Il n’empêche que nos lieux se délitent, qu’on perd du terrain, qu’il y a un contraste de plus en plus insupportable entre la conception chauvine, voire vaniteuse de nous-mêmes et la réalité de notre quotidienneté. Entre nos ambitions et la condition de beaucoup. Entre l’âme de la France et son image.

Entre Anvers et la gare du Nord, il y a bien plus que 350 kilomètres : un changement de monde.

Marianne2

La délocalisation, nouvel « or des fous »

La délocalisation est le nouvel « or des fous » qui ne voient que le court terme, tonne Paul Craig Roberts, ancien sous secrétaire au Trésor du gouvernement Reagan.

Comment croire que la destruction d’emplois de plus en plus qualifiés et le transfert à l’étranger des technologies de pointe, qui réduit la substance des entreprises à des bureaux d’étude et des forces de vente tout en les privant de consommateurs, pourraient apporter la prospérité ? Note de lecture sur « Outsourcing America, » ouvrage publié par l’American Management Association, qui réfute les idées reçues en la matière.

Les délocalisations sont-elles bénéfiques ou bien néfastes pour l’Amérique ? Pour convaincre les américains des bénéfices des délocalisations, des entreprises spécialisées dans ce domaine sponsorisent des « études » trompeuses et partiales.

Seule une petite poignée de personnes a étudié objectivement la question. Celle-ci, tout comme le grand nombre d’américains qui ont vu leurs carrières détruites par les délocalisations ont une vision différente de l’impact de cette pratique. Jusqu’ici, il n’y a pas eu de véritable débat sur la question, mais une simple condamnation des sceptiques, qui sont qualifiés de « protectionnistes. »

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Le marché libre conduit au retour des famines

Le dernier article de The Economist sur les évolutions mondiales de l’agriculture donne involontairement des arguments aux critiques de la libéralisation des échanges : ruée sur les terres des pays pauvres, volatilité des prix, et surtout succès des politiques nationales pour l’autosuffisance alimentaire. Laurent Pinsolle vous en dit plus.

Dans son édition du 21 novembre, The Economist se penche sur le thème passionnant de l’agriculture et se demande comment nous allons faire pour nourrir le monde. Devant l’envolée du prix des produits agricoles en 2007, de nombreux pays ont pris des mesures radicales, comme l’interdiction des exportations, ce qui, par ricochet, a provoqué de graves crises dans les pays importateurs. L’envol des prix a provoqué une hausse historique d’environ cent millions du nombre de personnes mal nourries dans le monde. The Economist se fait l’avocat de la libéralisation des marchés agricoles et appelle à la suppression des barrières douanières récemment mises en place.

Pourtant, ce dossier montre bien que les mécanismes du marché aboutissent aux drames que nous avons connus depuis quelques mois. En effet, la « main invisible » a abouti à une concentration de la production qui rend plus volatiles les cours des produits agricoles, menaçant les populations les plus pauvres de la planète.

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La « révolution » capitaliste chinoise : un « grand bluff »

L’URSS était ce colosse aux pieds d’argile, dont les prétendues réussites édifiaient ceux qui, très nombreux, voulaient y croire. Il se pourrait bien que la Chine soit, elle aussi, un dragon de papier.

A y regarder de plus près, la Chine demeure un pays du tiers-monde. En réalité, seuls 150 millions de Chinois profitent de la croissance économique, une goutte d’eau dans cette masse humaine. D’ailleurs, si le pays exporte autant, c’est que son marché intérieur est trop faible pour absorber la production, ce qui l’économie fortement dépendante de la conjoncture internationale et des investissements étrangers. La croissance chinoise, n’est pas si extraordinaire que cela. D’une part, les statistiques sont allègrement truquées par le gouvernement. D’autre part, la croissance moyenne de l’économie chinoise, entre 1978 et 2004, n’est que de 6,4% par an. Pâle résultat comparé aux performances du Japon (8,2%) et de la Corée du Sud (7,6%) sur la même période…

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L’argumentaire immigrationniste : « L’immigration est nécessaire pour pourvoir les emplois dont les Français ne veulent pas »

Tribune libre de Paysan Savoyard

Selon les partisans de l’immigration, l’immigration de travail serait nécessaire pour pourvoir les emplois que les Français rejettent. Pour notre part, au contraire, l’immigration de travail, qui constitue aujourd’hui une réalité massive, nous paraît à plusieurs égards catastrophique.

Rejetés par les Français, des centaines de milliers d’emplois sont occupés par des immigrés

Des centaines de milliers d’emplois sont aujourd’hui occupés en France par des personnes originaires d’un pays étranger, le plus souvent du tiers-monde. L’immigration de travail est pourtant officiellement interrompue depuis 1974. Le président Sarkozy a certes annoncé sa volonté de relancer ce type d’immigration, dans le cadre d’une politique d’immigration « choisie » : cependant les entrées d’immigrés dans le cadre de l’immigration de travail restent encore réduits, si l’on se fonde sur les données officielles (selon le rapport d’information du Sénat n° 414 du 25 juin 2008, seuls 7 % des titres de séjour délivrés en 2006 l’ont été pour motif économique, soit 13 000 titres seulement).

En réalité l’immigration de travail est massive et les entrées légales ne reflètent qu’une faible partie de la réalité. L’immigration de travail est, en effet, pour une part importante clandestine. D’autre part, la plupart des immigrés entrés légalement au titre du regroupement familial recherchent rapidement un emploi une fois muni de leur titre de séjour.

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Pourquoi le Tiers-Monde ne se développe pas

Dans son livre A Farewell to Alms [« Adieu l'aumône »], l’économiste Gregory Clark examine les conditions nécessaires pour qu’un pays accède au développement économique. Après avoir étudié la transformation des mentalités en Angleterre entre le 13e et le 19e siècle, Clark énumère quatre critères qui, selon lui, doivent être réunis avant qu’une économie ne commence son ascension : travailler dur, penser au lendemain, maitriser les savoirs de base (lire/écrire/compter), et régler les différends autrement que par la violence.

Selon G. Clark, les pays du Tiers-Monde ne se développent pas car leurs populations ne sont pas prêtes.

Le développement économique est un phénomène récent à l’échelle de l’humanité. De la Préhistoire au 19e siècle, c’est l’ensemble de la planète qui reste dans un état de sous-développement. Longévité, taille moyenne de la population (indicateur de santé), revenu réel par habitant… : les chiffres sont à peu près les mêmes en 10 000 av. J.-C. et en l’an 1800 de notre ère. Coté nutrition par exemple, l’Anglais moyen consommait 2 322 calories par jour en 1790 (les plus pauvres devaient même se contenter de 1 508 calories/j). Par comparaison, les tribus de chasseurs-cueilleurs consommaient 2 300 calories par jour, voire plus ; et leur régime était bien plus varié. « L’homme primitif était bien nourri par rapport à l’une des sociétés les plus riches du monde en 1800 », écrit l’auteur.

La raison de cette stagnation est bien appréhendée : jusqu’en 1800, tout progrès technologique s’est traduit non par une augmentation du niveau de vie mais par un accroissement du nombre d’habitants.

Tout change à partir du 19e siècle. Le niveau de vie moyen commence à croître à un rythme prodigieux, jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi ? Pour Gregory Clark, la réponse se trouve dans les archives médiévales qu’il étudie depuis vingt ans. Lire la suite