Il y a en réalité plus de 5,8 millions de chômeurs (maj vidéo)

Mise à jour 22H50

Sur un an, la hausse de la seule catégorie A est de 5,6%, soit environ + 180 000 chômeurs, qui est interprétée ainsi lors des vœux du Président de la République pour l’année 2014 :

 


Le nombre de demandeurs d’emploi réel approche les 6 millions, ce qui représente un cinquième de la population active.

[...] De son côté, la DARES dresse en fait un portrait beaucoup plus précis de l’univers des demandeurs d’emploi, qu’elle classe en 5 catégories, indexées de A à E. Les trois premières catégories sont tenues de rechercher un emploi, pas les deux dernières :

Si l’on prend en compte toutes ces catégories (et pas seulement la catégorie A), non seulement le nombre de chômeurs est bien plus élevé, mais la dynamique n’est plus du tout la même que celle décrite lors de la publication des derniers chiffres. En effet, d’une baisse de 20.500 on passe à une hausse de 55.900. De quoi tempérer sérieusement l’optimisme présidentiel. On arrive ainsi à un total de 5.528.900 chômeurs en France métropolitaine, ce qui correspond à une hausse de 343.000 sur un an, soit +6,6%.

À ceux-là il faut bien évidemment rajouter les demandeurs d’emploi d’outre-mer, ce qui fait monter le total à 5.854.2002. Rapporté à la population active française de 28,467 millions, le taux de demandeurs d’emploi atteint ainsi 20,6%. Bien entendu, cet agrégat regroupe des situations hétérogènes. La situation des demandeurs d’emploi qui ne travaillent pas du tout et celle de ceux qui travaillent plus de 78 heures par mois est effectivement peu comparable.

Autre élément qui permet de limiter la portée de la ‘baisse’ du chômage : cette dernière tient davantage au dépliement des contrats aidés (notamment pour les jeunes) que du secteur marchand. En effet, le nombre de salariés du secteur marchand s’est pour sa part contracté de 15.600 sur le 3ème trimestre 2013 et de 132.500 sur un an.

La baisse du chômage annoncée est donc largement artificielle, due notamment aux contrats aidés. De plus, le nombre absolu est également sous-estimé en ne comptabilisant pas certaines catégories de chômeurs ni l’outre-mer. Le nombre de demandeurs d’emploi réel approche en fait les 6 millions, ce qui représente un cinquième de la population active.

article complet : 24hgold.com par Yann Henry

Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

Suite et commentaires sur Fortune

La Grèce condamnée à une cure d’austérité et de récession

Réduire de 10 points son déficit en deux ans, soit économiser 25 milliards d’euros : les exigences de l’UE et du FMI pour prêter de l’argent à la Grèce sont socialement et économiquement explosives. Explications.

Il y a la carotte : 45 voire, 120 milliards d’euros de prêts, à un taux plus avantageux que les marchés (5%). Et il y a le bâton : 25 milliards d’euros d’économies sur deux ans. Tel est le deal que le gouvernement socialiste grec s’apprête à passer avec l’Union européenne et le FMI pour sortir le pays de la tourmente financière. Un accord à haut risque social.

Les nouvelles mesures d’austérité viendront durcir un premier plan de réduction des déficits abyssaux de la Grèce, prévoyant déjà 4,8 milliards d’euros d’économies pour 2010.

Selon des syndicalistes grecs, l’UE et le Fonds monétaire international demandent des économies allant jusqu’à 25 milliards d’euros sur deux ans. Cela permettrait de réduire le déficit public, estimé à environ 14% du produit intérieur brut (PIB) en 2009, de dix points d’ici fin 2011. Le ramenant ainsi à 4%.

Suite et commentaires sur Fortune

Crise de la dette, la spirale infernale

Le scénario se déroule exactement comme prévu : après la Grèce, dont les bons du Trésor sont assimilées depuis hier à des obligations pourries, c’est au tour du Portugal de voir sa note dégradée. Lisbonne peut trembler. Car les marchés ne veulent tout simplement plus de la dette grecque : plus de 10% ce matin pour les taux à 10 ans, près de 18% pour ceux à 2 ans… !

Suite et commentaires sur Fortune

Il n’y a pas qu’en Grèce que ça grince

Depuis huit semaines, la crise de l’État grec domine la discussion publique avec l’ar­rière-pensée que celle-ci risque d’entraîner une crise de l’euro. Les deux sont exagérés.

Le produit social brut de la Grèce n’est pas plus élevé que celui du Land de Basse-Saxe, elle est donc marginale pour l’espace euro. Et la Grèce ne mettra en danger l’euro que si les eurocrates ne laissent pas la Grèce s’assainir elle-même et se précipitent au secours de la Grèce en toute hâte et avec trop de zèle. Dans ce cas, la Grèce deviendrait un modèle pour d’autres pays faibles, tels l’Espagne, le Portugal, la Lettonie, l’Italie et la France et constituerait en fait un danger substantiel pour l’euro.

Ce n’est pas par hasard que les USA crient que la Grèce représente une menace pour l’euro. Cela pourrait être une manœuvre de diversion pour que les investisseurs de fonds du monde entier cessent de fuir le dollar, qui est en déclin, pour aller vers l’euro parce que celui-ci leur semble plus stable.

Le cas de la Grèce représente quand même un tournant pour l’Europe : l’excès d’argent qui est parti des États-Unis par le raz-de-marée financier de la FED et l’augmentation de placements toxiques, auraient dû entraîner l’effondrement des banques fautives, mais l’agent principal Paulson, ancien directeur de banque et ministre des finances américain, a provoqué la crise des fi­nances d’État en injectant aux banques la plus grande somme de tous les temps.

Tout ceci est dissimulé et caché actuellement, rien que parce que la FED submerge le marché d’argent bon marché à 1% et maintient ainsi la liquidité des banques et des États risquant la faillite.

Suite et commentaires sur Fortune

Prévisions alarmantes sur la dette des États

Le vieillissement de la population et le déséquilibre entre actifs et retraités vont creuser les déficits.

Obama portant des seaux aux noms évocateurs (banques, AIG, constructeurs automobiles, crédits immobiliers...) et allant traire la vache à lait du Trésor public : "Bon-jour, Rayon de Soleil !" (titre d'une chanson)

Le diagnostic est connu. La crise est historique ; les finances publiques en chute libre. Déficits et dettes ont augmenté de façon exponentielle sous le coup des plans de relance, des sauvetages de banques et de la baisse d’activité. L’OCDE prévoit en 2011 une dette des pays industrialisés à plus de 100 % du PIB. Un niveau difficilement soutenable. Mais si ces dettes s’envolaient à 200, 300, voire 400 %… Ce scénario catastrophe n’est pas tiré d’un livre de science-fiction mais d’une étude de la très sérieuse Banque des règlements internationaux (BRI).

Suite et commentaires sur Fortune

Le nombre de personnes à très hauts revenus a explosé

Entre 2004 et 2007, le nombre de personnes gagnant plus de 500.000 euros a augmenté de 70 %, observe l’INSEE. Par le jeu des niches, leur taux moyen d’imposition est assez faible. La crise a sans doute stoppé le phénomène.

(…) le nombre de riches a  » explosé «  entre 2004 et 2007, la période de référence observée par l’INSEE. Ainsi,  » le nombre de personnes dépassant les 100.000 euros de revenus annuels s’est accru de 28 %, celui dépassant les 500.000 euros de 70 % « , note l’INSEE. Les effectifs de cette catégorie sont passés sur la période de 6.500 personnes à 11.000.

Sur la période 2004-2007, ce sont les revenus du patrimoine (+ 46 %) et les revenus exceptionnels (+ 55 %), par exemple les plus-values ou les levées d’option, qui ont tiré l’ensemble. Les revenus directs du travail n’ont, eux, progressé  » que «  de 11 % sur la période. Le revenu moyen des 90 % de Français les moins dotés ayant progressé de 9 % sur la période,  » c’est une augmentation des inégalités par le très haut « , souligne Julie Solard, de l’INSEE.

Alors qu’ils devraient, compte tenu du barème progressif de l’impôt sur le revenu, subir une imposition d’environ 36 %,  » pour les personnes très aisées et les personnes les plus aisées, le poids de l’imposition [...] est de l’ordre de 25 % seulement « , note l’INSEE. En moyenne, les ménages fiscaux les plus aisés acquittent 270.000 euros d’impôt sur le revenu. Pour l’ensemble du 1 % de très hauts revenus, le taux moyen d’imposition est de 20 %.

Suite et commentaires sur Fortune

Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

Suite et commentaires sur Fortune

La gauche entre l’Agence Fitch et les classes moyennes de Grèce et d’ailleurs

La radicalisation de la situation en Grèce fait peu réagir les dirigeants socio-démocrates européens et français. Il leur faudra pourtant bientôt choisir leur camp : soit obéir à l’agence Fitch qui menace de baisser la note de la France et [de] la Grande-Bretagne, soit affaiblir son pouvoir en légiférant contre le pouvoir des marchés financiers.

Dans son livre « La dernière bulle », publié cet automne, Jean-Michel Quatrepoint avait parfaitement prévu ce qui se déroule sous nos yeux : les masses financières des banques, renflouées par les plans de relance, vont permettre aux traders de spéculer sur la dette des Etats. Les CDS ont été l’instrument de ces manipulations. Et quand les chefs d’Etat de l’Union européenne s’intéressent enfin au sujet, il est bien tard et ils apparaissent, une fois de plus, à la traîne les opérateurs financiers.

Suite et commentaires sur Fortune

La pauvreté augmente de nouveau

Le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) reconnaît officiellement l’échec du gouvernement à réduire la pauvreté. La récession y est évidemment pour quelque chose…

L’Observatoire livre une batterie particulièrement riche de données, qui permet de comprendre la pauvreté ; notamment, via 11 indicateurs phares, du taux de pauvreté à la part des demandeurs d’emploi non indemnisés, en passant par les inégalités de revenus.

Mais ces données, publiées début 2010, posent problème : elles portent en effet au mieux sur l’année 2007, pour la plupart des indicateurs. Ce qui signifie qu’elles ne prennent pas en compte l’effet du retournement économique majeur intervenu depuis deux ans.

Selon cet organisme, la récession devrait avoir pour effet une hausse de 240 000 du nombre de personnes pauvres au seuil de 60 % du revenu médian et une élévation du taux de 0,3 points du taux de pauvreté, de 13,4 à 13,7 % [soit 8 millions de personnes].

L’Observatoire reconnaît au passage que, dans ce contexte, les objectifs gouvernementaux de réduction d’un tiers de la pauvreté d’ici 2012 ne seront pas tenus : « l’indicateur n’évoluera pas spontanément de façon favorable » (sic).

L’écart de revenus entre les plus riches et les plus pauvres s’est creusé de 4 850 euros entre 1996 et 2007. Une partie de cet écart résulte directement des cadeaux fiscaux aux plus aisés.

La mise en place de la prime pour l’emploi ou du revenu de solidarité active (RSA) ne change rien, en particulier, à la situation de ceux qui ne travaillent pas. Comme le remarque l’ONPES, depuis 1990 le pouvoir d’achat des minimas sociaux stagne. Le RMI, qui représentait 48,7 % du Smic en 1990, n’en pèse plus désormais que 43,7 %.

Suite et commentaires sur Fortune

La livre sterling, nouvelle cible des marchés

On dit l’euro sous pression, vulnérable, attaqué… A écouter le gérant star Jim Rogers, il y a plus fragile encore : la livre sterling. Une monnaie « au bord de l’effondrement », selon l’ancien associé du financier américain George Soros, avec lequel il avait fondé le célèbre hedge fund Quantum dans les années 1970.

« La livre est déjà dévaluée par rapport à presque toutes les devises sauf le dollar zimbabwéen », a aimablement fait remarquer M. Rogers, jeudi 25 février. « Elle sera particulièrement exposée d’ici les élections au Royaume-Uni. »

De fait, la livre est tombée vendredi à 1,5167 dollar, son cours le plus bas depuis mai 2009. Depuis le début de l’année, la devise britannique s’est dépréciée de 5,5 % par rapport au billet vert. Et la chute n’est pas finie, si l’on en croit les prévisions de George Magnus, le très respecté chef économiste d’UBS à Londres.

Fin janvier, Bill Gross, le directeur général du géant américain d’investissement obligataire Pimco, a déconseillé d’investir dans les bons du Trésor britanniques. Ceux-ci « reposent sur un lit de nitroglycérine », a-t-il lancé. Dans la foulée, l’agence de notation Fitch affirmait que la note souveraine du pays figurait parmi les plus vulnérables dans la catégorie AAA, la meilleure possible.

Suite et commentaires sur Fortune

Selon le LEAP, au second trimestre 2010, la crise s’aggravera brutalement

Francisco de Goya, Le naufrage (1793)

 » Pour le LEAP/Europe2020, l’effet des milliers de milliards dépensés par les Etats pour « traverser la crise » aura fait long feu. Ces sommes immenses auront permis de ralentir, pendant quelques mois, l’évolution de la crise systémique globale ; mais, comme anticipé dans les [numéros] précédents, cette stratégie n’aura servi, in fine, qu’à entraîner définitivement les Etats dans la crise générée par les institutions financières.

Notre équipe anticipe donc dans ce [numéro] une aggravation brutale de la crise pour le second trimestre 2010, générée par un double effet de rattrapage des phénomènes qui ont été provisoirement « gelés » au deuxième semestre 2009 et d’impossibilité de maintenir les mesures palliatives de l’année passée.

D’ailleurs, en ce mois de février 2010, un an après notre annonce que la fin de l’année 2009 allait marquer le début de la phase de dislocation géopolitique mondiale, chacun peut constater qu’un tel processus est bien en cours : Etats au bord de la cessation de paiement, montée inexorable du chômage, chute de millions de personnes hors des filets de protection sociale, baisses de salaires, suppressions de services publics, désagrégation du système de gouvernance globale (échec du sommet de Copenhague, confrontation croissante Chine/USA, retour du risque de conflit Iran/Israël/USA, guerre monétaire globale, etc.). Pourtant, nous ne sommes qu’au tout début de cette phase.

L’aggravation brutale de la crise systémique globale va ainsi être caractérisée par une accélération et/ou un renforcement de cinq tendances négatives fondamentales :

. l’explosion de la bulle des déficits publics et la montée corollaire des cessations de paiement d’Etats,
. la collision fatale du système bancaire occidental avec la montée des défauts de paiement et le mur des dettes arrivant à maturité,
. l’inéluctable remontée des taux d’intérêts,
. la multiplication des sujets de tension internationale,
. l’insécurité sociale croissante. « 

Suite et commentaires sur Fortune