Le Chesnay (78) : les braqueurs du magasin Apple de Parly 2 interpellés et relâchés.

Agés de 20 à 23 ans, Nabil, Alex (qui ont été libérés) et Rachid (en attente de l’être) ont pourtant passé des aveux complets. La moitié du butin a été retrouvée, ainsi que l’arme ayant servi au braquage. Mais les juges en charge du dossier au TGI de Versailles (Yvelines) ont mis en avant leurs casiers judiciaires vierges et estimé qu’ils devaient être relâchés en attente de leur procès.

Le Parquet de Versailles (Yvelines) a décidé de faire appel aujourd’hui, 4 avril, de ces libérations réclamant l’incarcération des deux malfaiteurs déjà libérés.

Cette affaire tombe particulièrement mal pour Christiane Taubira qui vient d’être reconduite au ministère de la Justice. Elle ne manquera pas de relancer le débat sur le « laxisme » de l’institution judiciaire sous sa conduite.

Très médiatisé, le braquage de l’Apple Store de Parly 2 s’était déroulé le 16 décembre 2013 à 19h 30. Les trois malfaiteurs, grimés, dont l’un armé, étaient parvenu à faire main basse sur plus de 100 000 euros de téléphones portables, essentiellement des IPhone 5S, entreposés dans la réserve du magasin.

Valeurs Actuelles

Taubira et ses prétendus doctorats : « C’est la faute aux journalistes »

Nouveau cafouillage en vue pour Christiane Taubira. Dans son dernier livre – « Contre la justice laxiste » –, Philippe Bilger, magistrat cabot et prolifique, laisse entendre que la garde des Sceaux ment sur son CV :

« Elle a laissé dire, et ne l’a jamais contesté dans l’espace médiatique, qu’elle avait deux doctorats, l’un en économie, l’autre en ethnologie [...].

Pourtant, de ceux-ci, pas le moindre indice, pas le plus petit début de commencement de preuve ! »

L’avocat souligne qu’il n’existe aucune trace d’une thèse soutenue par Christiane Taubira sur la base de données Theses.fr. Lorsqu’on appelle les universités concernées, on ne trouve aucune mention des supposés diplômes.

La raison en est simple : Christiane Taubira a fait un troisième cycle en économie, des études en sociologie et ethnologie et un cursus au Centre français de la coopération agricole (CFCA). Mais de thèse, point.

Pourtant, depuis plus de dix ans, les portraits de la garde des Sceaux mentionnent ces deux diplômes. Ainsi, Le Monde du 4 décembre 2001 parle d’« un doctorat de sciences économiques et en agroalimentaire [et non en ethnologie, ndlr] » et Libération, l’année suivante, raconte comment l’étudiante de Cayenne préparait « son doctorat de sciences éco » à Assas.

Au cabinet de la ministre, on explique que tout cela est dû aux erreurs de journalistes qui « travaillent un peu trop sur Wikipédia ». L’entourage de la garde des Sceaux jure que celle-ci n’a jamais dit elle-même qu’elle possédait ces diplômes.

D’ailleurs, la notice biographique publiée sur le site du gouvernement ne comporte pas de section cursus. Ce qui est tout de même intriguant étant donné que c’est le cas de presque tous les autres ministres. A défaut de mentir, la ministre a-t-elle laissé dire ? Le cabinet fait savoir qu’il a toujours transmis au trombinoscope (sorte de Who’s Who du monde politico-médiatique français) des informations correctes.

Le cabinet affirme que la ministre n’a pas de « press books » et ne consulte jamais sa page Wikipédia. Elle n’aurait donc jamais ressenti le besoin de corriger l’intox qui traîne donc depuis plus d’une décennie… Cette « polémique » aurait pour but de faire croire que « Dati et Taubira, c’est la même chose ».

Dans son livre, Philippe Bilger note pourtant que la ministre ne reprend pas David Pujadas qui mentionne « deux doctorats » lors de son passage sur France 2, dans l’émission « Des paroles et des actes » :

« Au cours de l’émission “Des paroles et des actes” du jeudi 5 septembre 2013, alors que David Pujadas la présente en rappelant qu’elle est titulaire de deux doctorats, elle opine du chef sans apporter aucune précision. »

Indignation du côté de la ministre : regardez les images ! « Elle n’opine pas du tout du chef. » Effectivement, la caméra reste braquée sur Pujadas.

David Pujadas : « Soyez la bienvenue. [...] Vous avez un doctorat d’économie, un doctorat d’ethnologie, un diplôme supérieur d’agroalimentaire, vous avez été professeur d’économie [...] C’est vrai que vous vouliez abandonner la politique en 2012, juste avant d’être appelée au gouvernement ? »

Christiane Taubira : « Je pense que je peux revenir sur le portrait, mais oui, c’est vrai.
« Je pense que je peux revenir sur le portrait. » C’est cette petite phrase, qui selon le cabinet, devait mener à un correctif, mais la ministre s’est laissé embarquer dans d’autres explications…

Quelques minutes plus tard, la question du doctorat revient sur la table :

Jeff Wittenberg : « Mais vous avez quand même des notions et plus que des notions parce que vous avez un doctorat d’économie, donc… »

Christiane Taubira : « Il y a surtout – arrêtez de m’additionner des diplômes – il y a surtout une situation. Sous l’ancien quinquennat, la dégradation des finances publiques a augmenté de 600 [sic] milliards d’euros, 600 milliards d’euros. Sur les dix dernières années, sur les dix dernières années … »

Là aussi, il fallait comprendre qu’elle rectifiait son CV…

Nouvel obs, merci à Solly

L’échec de la stratégie anti-FN des socialistes (Le Monde). Ajout vidéo

Article du Monde sur le fiasco de la diabolisation du Front national par le PS et les associations antiracistes.

Il nous faut changer de discours quand quasiment un Français sur deux ne vote plus et ne nous écoute même plus », estime un responsable socialiste.

Au moins un enseignement peut déjà être tiré avant même le second tour des élections municipales : la stratégie anti-Front national du Parti socialiste est un échec. Rarement en effet le FN ne s’est aussi bien porté que dans la période actuelle. Le parti de Marine Le Pen a enregistré, à l’occasion du premier tour, des scores historiques qui le replacent dans la situation politique qu’il a connue dans les années 1990. […]

La poussée du FN recouvre l’ensemble du territoire, preuve qu’aucun baron socialiste n’est désormais en mesure de la juguler sur ces terres. A ce titre, la tournée anti-FN menée pendant la campagne par Manuel Valls a été vaine. […]

Le PS avait pourtant mis en place, ces derniers mois, une stratégie censée faire reculer le Front national dans les urnes. Dès l’été 2013, Harlem Désir avait lancé un « combat culturel et politique » contre les idées frontistes, en en faisant même le thème principal de l’université d’été du parti à La Rochelle. La charge rochelaise devait donner le ton jusqu’aux municipales. Solférino avait organisé en octobre 2013 un forum à Paris sur «la République face aux extrémismes», suivi, un mois plus tard, d’un meeting de soutien à Christiane Taubira, la ministre de la justice, alors visée par des insultes racistes. Deux réunions durant lesquelles le FN avait été au centre des débats.

Cette stratégie de «diabolisation» du Front national a été rapidement critiquée en interne. […]

Le Monde

GPA : la Cour de cassation contre Taubira

Pour la troisième fois en six mois, la Cour de cassation contredit la ministre de la Justice sur le sujet brûlant de la gestation pour autrui.

Le 19 mars dernier, la Cour de cassation a, pour la troisième fois, invalidé la délivrance de la nationalité française à un enfant né à l’étranger d’une mère porteuse. Une décision qui a fait grincer des dents à la chancellerie.

Il y a un peu plus d’un an, la garde des Sceaux avait en effet incité par circulaire les greffiers en chef des tribunaux à délivrer un certificat de nationalité française aux « fantômes de la République », ces enfants nés dans le cadre d’une gestation pour autrui (GPA). Alors que ses détracteurs y avaient vu une manoeuvre pour contourner l’interdiction de la GPA toujours en vigueur en France, la chancellerie affirmait au contraire vouloir faire appliquer de manière homogène la loi déclarant « qu’un enfant est français si au moins l’un de ses parents est français ».

Dans ses arrêts successifs, la Cour de cassation a, elle, estimé que les enfants conçus par GPA « ne peuvent figurer dans les registres d’état civil puisque cette technique est interdite en France ».

Pour tous ceux qui s’étaient opposés à la circulaire, le camouflet infligé à la ministre de la Justice par les magistrats de la Cour de cassation est une incontestable victoire. Un succès d’autant plus savoureux que la chancellerie avait renvoyé dans ses cordes le syndicat FO-Magistrats lorsque ce dernier avait contesté la légalité de la circulaire. Motif : les représentants syndicaux n’étaient pas, à en croire le ministère, fondés à agir…

Le Point, merci à Claude

Pour Sihem Souid, conseillère de Taubira à la justice : « Hollande doit se libérer de son atavisme énarchique »

Hollande bunkérisé à l’Élysée n’est plus en phase avec la réalité
Pour Sihem Souid, les responsables de ce premier tour calamiteux se trouvent à l’Élysée et rue de Solférino. Pour survivre, une mue rapide est nécessaire !

À force d’écouter les énarques, François Hollande a perdu la main. Le Parti socialiste dirigé par Harlem Désir vient de subir un échec sans précédent. À force de jouer aux apprentis sorciers, voilà que le Front national ne gêne pas seulement l’UMP, mais désormais bien plus le Parti socialiste. Les couches populaires ont déserté le PS un an et demi après la victoire de Hollande à la présidentielle.

Et parmi celles-ci, les électeurs des cités de banlieue. Certains d’entre eux ne se cachent plus, ils revendiquent même un vote en faveur des candidats de Marine Le Pen. Jaurès, dont on commémore cette année le centenaire de la mort, doit se retourner dans sa tombe.

Il n’est pas trop tard pour que le parti, enfermé à double tour à Solférino, et le président devenu autiste se ressaisissent. Les militants avaient prévenu qu’on courait à la catastrophe ; qui les a écoutés ? Personne ne les aura entendus parmi ceux qui nous gouvernent.

Les députés ou les élus de terrain n’ont pas plus l’oreille du gouvernement ou du président. À s’enfermer dans leur bunker à lire ce qui leur reste de médias favorables, ils ont fini par croire les belles histoires des plumitifs de service qui, à force de taper sur Sarkozy, ont laissé croire que le président n’est mû que par sa réélection. Et que celle-ci devait passer par les crocs-en-jambe réalisés sur Nicolas Sarkozy dont l’Élysée pense qu’il est son plus redoutable adversaire.

Hollande doit se libérer de son atavisme énarchique

Mais, comme on l’a parié, cette stratégie toute perso ne peut convaincre aucun électeur de voter pour le PS. Mis à part les militants disciplinés. La réalité, c’est que Hollande doit se libérer de son atavisme énarchique et faire une place non pas aux courtisans mais à ceux qui relaient efficacement la réalité du terrain. On ne peut pas dire que le cabinet de Hollande, ni celui du Premier ministre, ni l’équipe d’Harlem Désir brillent par la diversité de leur profil. Président, fissurez votre bunker, ouvrez les portes à d’autres expériences de vie qu’à l’Ena et vous aurez des chances d’être réélu. Avec ce résultat aux municipales, c’est mal barré. Et si vos courtisans vous disent le contraire, c’est qu’ils vous mentent.

Le Point 

Portrait : Taubira, «l’ancienne militante indépendantiste extrémiste devenue une notable molle des Radicaux de gauche» …

Le politologue Alexandre Vatimbella revient sur le parcours politique de la Garde des Sceaux, ancienne indépendantiste guyanaise devenue égérie du mariage gay. Et si Christiane Taubira n’était finalement qu’une bulle médiatique ?

Christiane Taubira est restée, pendant des années, un ovni politique multipliant les déclarations à l’emporte-pièce, les positionnements incongrus et collectionnant les échecs électoraux.

Quand une ministre affirme n’avoir pas été mise au courant d’une affaire qui concerne son domaine d’intervention alors que des documents existent pour prouver le contraire, cela s’appelle, au mieux, une gaffe politique.

Quand une ministre brandit des documents pour prouver sa bonne foi devant une flopée de journalistes et une multitude de caméras et que ceux-ci démontrent le contraire de ce qu’elle est en train d’affirmer, cela s’appelle, au mieux, une gaffe politique.

Quand les deux gaffes sont commises par la même ministre sur une même affaire, cela s’appelle au mieux une faute politique, au pire un mensonge. […]

Déjà, son arrivée à la tête du ministère de la justice avait déjà été une réelle surprise pour ne pas dire comprise comme une erreur de casting de la part de François Hollande et qui étonna jusqu’à ses propres amis. […]

Sans aucune référence à faire valoir pour ce poste, elle multiplia les bourdes et les déclarations à l’emporte-pièce se mettant à dos nombre de professionnels de la justice, jusqu’à ses collaborateurs de son cabinet où le turn-over fut particulièrement important.

Qu’on se rappelle, par exemple, cette déclaration d’un député socialiste dans Le Monde la qualifiant de «dernier phare de la gauche dans la brume» (sic). Ou de la défense lyrique de l’écrivaine Christine Angot dans Libération demandant à François Hollande de la nommer premier ministre…

Politiquement parlant (et si aucune nouvelle révélation ne la fragilise), son départ serait un coup dur pour Hollande.

D’une part parce que Taubira est ce poids lourd évoqué plus haut mais aussi elle est ce symbole que nous avons expliqué pour de nombreux électeurs de gauche. Son renvoi serait perçu par ceux-ci comme le lâchage inadmissible de celle qui a affronté face à face la droite et l’extrême-droite ainsi que tous les populismes fascisants. Une reculade quasi-impossible en ces temps de tensions politiques et d’échéances électorales où l’on doit envoyer des gages à son propre camp. […]

Reste que ces gaffes à répétitions ne sont peut-être pas des affaires d’une extrême gravité mais elles démontrent une nouvelle fois l’amateurisme extrême d’une partie de l’équipe au pouvoir, ce qui jette un doute raisonnable sur ses capacités à réellement gérer les affaires du pays…

Le Figaro

Jean-Pierre Le Goff : «Nous assistons à l’autodestruction de la politique»

A la veille des municipales et après une semaine marquée par la succession des affaires, le sociologue Jean-Pierre Le Goff a accordé un long entretien à FigaroVox. Il analyse la profonde crise morale et politique que vit la France.

Ce qui me frappe dans les réactions de Christine Taubira, c’est ce mélange de subjectivité débridée et ce point aveugle de certitude consistant à se croire constamment dans le camp du Bien.

On ne brandit pas la morale contre ses adversaires impunément. La gauche se prévaut d’une supériorité morale en se voulant le dépositaire attitré d’une certaine idée du Bien. Cette prétention s’est effondrée à travers une série d’affaires dont les plus récentes et les plus marquantes ont été l’affaire DSK et l’affaire Cahuzac, mais cela ne l’empêche pas de continuer à faire semblant. […]

Quant aux leçons tirées de l’«affaire Taubira»par des commentateurs, elles en disent long sur la façon dont ils conçoivent la politique aujourd’hui: «amateurisme», «manque d’habileté», «erreur de communication, comme si la politique se résumait désormais à des problèmes de management et de communication. Dans ces domaines, les conseillers ne manquent pas et ils font payer très cher leurs prestations avec les résultats que l’on sait… La compétence ou l’incompétence dans le cynisme politicien, telle semble être le nouveau critère pour évaluer la politique dans l’«essoreuse à idées» des grands médias audio-visuels et de nombre d’entreprises de conseils et de communication. […]

L’histoire retiendra que pour fêter le bicentenaire de la Révolution française, le président de la République fit appel à un publicitaire pour organiser le grand défilé des Champs Elysées. Le marché, le management et la communication vont être érigés en modèles de référence et la politique n’y a pas échappé. C’est dans ce contexte, qu’ont été formées de nouvelles générations marquées par le culte de l’ego et le modèle du perpétuel gagnant. La droite et la gauche n’y ont pas échappé. […]

Si l’on ne reviendra pas en arrière vers un supposé «bon vieux temps», il conviendrait de rompre clairement avec le mélange des genres entre la politique, les affaires et les médias, voire le show-biz. C’est l’une des conditions pour renouer le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés. Nous vivons la fin d’un cycle historique ; il est temps de passer à autre chose et d’entamer un long travail de reconstruction. Quel homme politique saura désormais s’élever à la hauteur de ces enjeux ?

Le Figaro

Hollande, Taubira, Vallaud-Belkacem et la présomption d’innocence

François Hollande se veut le garant d’une justice « incontestable »
A la fin d’une semaine marquée par la polémique entre l’opposition et Christiane Taubira, François Hollande s’est exprimé pour la première fois publiquement samedi sur l’affaire des écoutes visant Nicolas Sarkozy. « La justice passera et je dois faire en sorte qu’elle puisse être incontestable parce qu’elle ne peut pas être contestée », a déclaré le chef de l’Etat au côté de Matteo Renzi, le nouveau président du Conseil italien, lors d’un point de presse commun à l’Elysée…

Plutôt que de s’exprimer sur les détails de l’affaire, M. Hollande a préféré rappeler les grandes lignes de la Constitution. « Ma responsabilité, comme chef de l’Etat, c’est d’assurer l’indépendance de la justice », un « principe fondamental », a souligné le président de la République, rappelant que cette indépendance était « fondée sur trois principes ».

Le premier est « la séparation des pouvoirs, c’est-à-dire le fait que l’exécutif n’intervienne pas sur le judiciaire », a-t-il dit assurant qu’il « y veill(ait) tout particulièrement » avec un « changement des pratiques ». « Le second principe, c’est le respect des droits de la défense », a-t-il poursuivi, rappelant qu’il recevra la semaine prochaine « les avocats qui, à un moment, ont pu s’interroger sur des écoutes qui ont été décidées par la justice et par la justice seule ». « Et le troisième principe, c’est la présomption d’innocence », a-t-il dit, notant qu’il y avait « des affaires, des noms qui sont cités, des procédures qui sont en cours » mais qu’il ne lui « appart(enait) pas de les qualifier ».

Le Monde

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a vanté aujourd’hui Christiane Taubira comme « une grande ministre de la justice ».

Mme Vallaud-Belkacem, venue à Toulouse apporter son soutien au maire socialiste sortant Pierre Cohen pour les municipales, a aussi appelé chacun à « reprendre (ses) esprits et à laisser la justice travailler », non sans rappeler que les affaires judiciaires qui ont valu au gouvernement de se retrouver dans une délicate posture ces derniers jours visaient l’ancien président Nicolas Sarkozy et qu’il s’agissait d’affaires « graves ». « Mme Taubira est une grande ministre de la justice, une responsable politique aux valeurs, aux principes et à l’engagement reconnus », a dit la porte-parole du gouvernement à laquelle la presse demandait si Mme Taubira restait incontournable dans un gouvernement sous la présidence de François Hollande.

« Aujourd’hui, de quoi parle-t-on? », a demandé Mme Vallaud-Belkacem. « On parle d’une affaire qui concerne l’ancien président de la République (Nicolas Sarkozy, ndlr) qui est suspecté – même s’il y a la présomption d’innocence – suspecté quand même par les juges d’instruction d’avoir peut-être été lié à du trafic d’influence, d’avoir peut-être bénéficié d’un financement étranger pour sa campagne présidentielle de 2007″, a-t-elle dit à un moment où les socialistes s’efforcent de réorienter la pression sur l’UMP après les cafouillages des derniers jours. « On parle donc d’une affaire grave pour laquelle il faut laisser la justice travailler en toute indépendance et loin des polémiques stériles. Donc je nous appelle tous à reprendre nos esprits et à laisser la justice travailler », a-t-elle insisté…

Le Figaro

Christiane Taubira au cœur d’un nouveau scandale politique entre la France et Monaco

Scandale politique. Valeurs actuelles révèle comment Christiane Taubira, dont beaucoup demandent la démission après avoir menti aux Français sur les écoutes de Nicolas Sarkozy, s’est aussi rendue complice d’un procès politique à Monaco et comment son cabinet a tenté d’intervenir dans une procédure judiciaire, violant ainsi à nouveau le secret de l’instruction. Enquête.

En juin 2012, Jean-François Robillon l’ancien président du Conseil National de Monaco – le parlement monégasque- et candidat malheureux à sa propre succession commande un sondage à l’institut Opinion Way pour connaître les intentions de vote des citoyens du Rocher pour les élections qui ont lieu huit mois plus tard.

Quelques personnes sondées, mécontentes que l’institut de sondage ait pu collecter des informations privées, portent plainte pour « violation du secret des données personnelles ». L’entourage de Jean-François Robillon, étonné de leur réaction, se demande alors si les plaignants ne sont pas téléguidés par l’opposition. Vérification faite, le sondage a été payé sur fonds propres et réalisé dans les règles de l’art.

Le Procureur Général de Monaco (fonctionnaire français détaché) entame à son tour une action en justice contre Jean-François Robillon

Le lendemain de son élection perdue, tout s’enchaine : Jean-François Robillon est entendu par le Procureur Général de Monaco, son chef de cabinet Jean-Sébastien Fiorucci est quant à lui carrément placé en garde-à-vue.

L’action en justice passe alors la vitesse supérieure : le Procureur général de Monaco, obtient, sur la base d’une convention franco monégasque d’entraide judiciaire de 2005, la mobilisation des services de police et de la justice Française !

Alors que l’enquête suit son cours, le Procureur publie un communiqué de presse, commentant l’affaire, en violation totale du secret de l’instruction. Scandalisés par cette lourde faute professionnelle du Procureur, les soutiens de Robillon dénoncent alors une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Face à une telle situation, dans un système judiciaire normal, le Procureur, bien qu’exerçant à Monaco, aurait dû être relevé de ses fonctions ou au moins mis à pied par son ministre de tutelle, en l’occurrence Christiane Taubira. Mais rien ne se passe.

Le Ministre d’Etat (fonctionnaire français en détachement, qui fait office de Premier ministre) et le Procureur de Monaco ont agi sur instruction du gouvernement français

Le député PS Arnaud Leroy très surpris par l’affaire, alerte alors Christiane Taubira et lui adresse deux courriers mettant ouvertement en cause la responsabilité du gouvernement français et de la garde des Sceaux elle-même : « le Ministre d’Etat et le Procureur général ont justifié de leur action (en justice, NDLR) […] en alléguant d’une demande du gouvernement français et de la Garde des Sceaux visant à affaiblir la société de sondages Opinion Way, considérée comme hostile ! »

Arnaud Leroy poursuit et s’étonne que « les moyens de la justice française semblent avoir été instrumentalisés à des fins politiques ». Il pointe alors du doigt les agissements du Procureur général de Monaco qui « a requis l’intervention des service de police et de la justice Française en dissimulant la réalité de ses investigations et en visant des infractions sans lien avec le sondage mis en cause ». Il rappelle également à Taubira l’article 3 de la convention franco monégasque de 2005, qui « prévoit expressément que l’entraide doit être refusée dans l’hypothèse où la demande se rapporte à des infractions politiques ». En dépit de la violation de L’article 3 de la convention, aucune mesure n’est envisagée contre le Procureur fautif.

Attendant une condamnation ferme des méthodes du Procureur de Monaco, qui est un fonctionnaire français, ou au moins un rappel à l’ordre, Arnaud Leroy n’est pas au bout de ses surprises : Jean-François Beynel, directeur-adjoint du cabinet de Christiane Taubira, lui répond de manière extrêmement étonnante.

Il explique à Leroy que la garde des Sceaux l’a chargé « de demander à ses services de lui transmettre tout élément d’information sur ce sujet ». Par ces mots, Beynel explique en fait au Député PS, qu’il va demander aux fonctionnaires du ministère de la Justice d’enquêter sur une affaire en cours d’instruction. Autrement dit, le cabinet de Taubira demande à la Justice française de violer le secret d’une enquête.

En dépit des deux courriers du député de la majorité Arnaud Leroy, le cabinet de Christiane Taubira n’a ordonné aucune sanction contre le Procureur, couvrant ainsi et se rendant complice d’une affaire politique qui n’est pas prêt de se terminer.

Valeurs actuelles

Sarkozy sur écoutes : Christiane Taubira reconnaît s’être « trompée de dates » mais se défend de tout mensonge

[NDLR : Taubira parle d'une erreur de deux jours avec un rapport de la chancellerie tandis que sur TF1, l'écart est de plus de dix jours et qu'elle cite Le Monde comme source d'information]

« Ça fait quand même une semaine que vous me faites un procès comme si j’étais la plus grande menteuse de la planète », lance ce jeudi 13 mars, Christiane Taubira, invitée, sur Canal Plus, à expliquer pourquoi elle a, dans un premier temps, assuré n’avoir appris que par la presse le placement sur écoutes de Nicolas Sarkozy.

La Garde des Sceaux, invitée du Grand Journal, reconnaît une erreur mais se défend farouchement, de tout mensonge :

Je ne mens pas. Il peut m’arriver d’être imprécise. Il peut m’arriver d’avoir dit une chose qui n’est pas tout à fait exacte parce que sur le moment je ne me rends pas compte de l’importance d’être tout à fait précise. Je veux bien en convenir. Mais je vous dis de démontrer l’utilité du mensonge dans cette affaire.

Revenant sur les notes, brandies devant les photographes, la ministre se fait ironique : « deux notes que j’ai brandi, effectivement, et ça aussi c’est un péché mortel, j’ai bien constaté ».

Puis Christiane Taubira indique qu’elle ne compte « pas refaire la chronologie » mais reconnaît plus explicitement une erreur, avant de la minimiser immédiatement :

Oui, j’admets que je me suis trompée de dates, oui j’admets que je me suis trompée de dates. Quel est l’intérêt que je sache le 26 ou le 28 ?

 

Le Lab

Relire : 

La veille, lundi 10 mars, invitée du journal de 20h de TF1, Christiane Taubira avait été définitive pour assurer qu’elle avait découvert les écoutes – et donc leur contenu – vendredi 7 mars, dans Le Monde.

A la question posée par Gilles Bouleau : « Quand avez-vous appris que Nicolas Sarkozy était sur écoute ? L’avez-vous appris comme nous en lisant le journal Le Monde à 13h, vendredi [7 mars], ou avant ? », la ministre de la Justice assurait en effet :

La réponse à votre question, est très claire. Je n’avais pas l’information avant.