Hématomes, cotes cassées… 4 surveillants ont du être transportés à l’hôpital ce dimanche matin suite à une bagarre avec une dizaine de détenus mineurs. [...]
Merci à doudoudidonc
Hématomes, cotes cassées… 4 surveillants ont du être transportés à l’hôpital ce dimanche matin suite à une bagarre avec une dizaine de détenus mineurs. [...]
Merci à doudoudidonc
France 3 Régions – 3 mai 2012
« Ce mouvement social a démarré à Strasbourg. Les surveillants de prison manifestent depuis 2 mois maintenant dans toute la France pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et le manque de moyens. La troisième force de sécurité de France se rebelle. »
Prison de Colmar : 1 gardien pour 70 détenus, plus personne pour surveiller la promenade…
Trois surveillants de prison témoignent du climat de plus en plus violent qui règne dans les enceintes carcérales.
« Ce qui m’avait frappé quand je suis arrivé à la maison d’arrêt de Fresnes en 1996, c’était le silence ! Il y avait 4 800 détenus. Ils ne sont plus que 2 600, et maintenant c’est le vacarme. On s’invective comme dans les “quartiers”, on ne respecte ni l’uniforme ni les anciens. » Les mettre au pas ? Les sanctionner ?
Ils n’ont plus peur du mitard ! Avant, si un surveillant était malmené ils y allaient illico pour quarante-cinq jours, sans télé, avec une seule heure de promenade. Aujourd’hui, on ne peut pas dépasser trente jours, ils ont un lit convenable et la radio. Résultat : ils nous toisent et y foncent d’eux-mêmes ! »
« On ne riposte plus à un “enculé” balancé par un détenu qui ne veut pas se lever. On n’entend plus. Il y a dix ans, ils étaient debout dans leur cellule et nous saluaient poliment. »
« Avant, il y avait peu de jeunes surveillants. Les aînés nous enseignaient les gestes, les conduites à tenir. Aujourd’hui, avec la surpopulation et l’afflux des tâches on ne peut, faute de temps, s’occuper des jeunes. Ce sont les stagiaires qui forment les stagiaires, eux-mêmes trop vite formés à l’école. »
A partir du moment où les préservatifs sont distribués, il faut arrêter de se voiler la face : le sexe existe en prison. Ce qui pose un problème : est-ce qu’en les distribuant, on ne favorise pas le viol ? »
La drogue ? « On la sent dans la cellule, on le sait au faciès du détenu, on fait un rapport au supérieur. Dire que ça sert à quelque chose… »
« Cela fait partie de notre boulot de veiller à ce que la prison reste un lieu laïque, hors de tout endoctrinement. Si l’un se met à prier très fort, on en rend compte. Dans la mesure du possible, on essaie de ne pas mettre un islamiste avec un athée, un fumeur avec un non-fumeur. Mais avec le problème de la surpopulation… »
René Sanchez est secrétaire général adjoint de FO Pénitentiaire. Dans cet entretien, il revient sur les problèmes d’indiscipline et de violence en détention.

Q. La défense des détenus et l’amélioration des conditions de détention n’ont-elles pas des conséquences positives pour les conditions de travail des personnels pénitentiaires ?
(…) s’agissant de la discipline dans les établissements pénitentiaires, la complaisance vis-à-vis des détenus a des conséquences fâcheuses sur la sécurité des personnels pénitentiaires (et celle des détenus eux-mêmes). Les surveillants, en particulier, en ont assez de se faire cracher dessus, de se faire menacer de mort et de se faire agresser physiquement.(…)
Nos détenus ont parfaitement compris la stratégie de l’administration qui se résume à certains moments de la façon suivante : « pas de sanctions, pas de quartier disciplinaire, moins de suicides et surtout pas de vagues ».
L’administration pénitentiaire décide de priver les 2 500 surveillants de la direction inter-régionale des services pénitentiaires de Lille (DISP) d’une partie de leur salaire de décembre.
À quinze jours des fêtes de fin d’années, dans un contexte de surpopulation carcérale éprouvant, les « matons » sont mis au pied du mur. Ils devront faire une croix sur le paiement, en décembre, de leurs heures supplémentaires, des primes de nuit, des dimanches et des jours fériés.
