Arras : des « beuveries » dans la prison

Le syndicat Ufap-Unsa Justice de la maison d’arrêt d’Arras dénonce les « beuveries » auxquelles s’adonnent lors des promenades les détenus, qui se fournissent grâce aux colis lancés de l’extérieur, contenant alcool, mais aussi viande ou drogue, a expliqué vendredi un représentant du personnel. [...]

« Tous les weekends, lors des promenades et plus particulièrement l’après-midi, des individus extérieurs à l’établissement balancent (par dessus le mur d’enceinte, ndlr) dans les cours de promenades des bouteilles d’alcool qui sont rapidement ingurgitées par les détenus », explique le syndicat, qui dénonce « un rituel ». [...]

« Pour des raisons de sécurité on n’intervient pas dans une cour de promenade », a précisé Charlet, qui regrette des effectifs insuffisants. »C’est un problème récurrent sur bon nombre d’établissements pénitentiaires », a ajouté Frédéric Charlet, qui estime que le préfet pourrait bientôt recevoir les représentants du personnel. [...]

D’autres colis contiennent souvent du cannabis ou de la viande, mais aussi des armes et autres objets interdits (burins, lames de scie), selon les syndicats. « En cinq minutes, il peut y avoir une trentaine de colis qui arrivent », a décrit Charlet. « Il y a ce qui est consommé sur place et ce qui remonte dans les cellules ».

Le Figaro

Les surveillants des prisons d’Alsace en colère (Vidéo)

France 3 Régions – 3 mai 2012

« Ce mouvement social a démarré à Strasbourg. Les surveillants de prison manifestent depuis 2 mois maintenant dans toute la France pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et le manque de moyens. La troisième force de sécurité de France se rebelle. »

Prison de Colmar : 1 gardien pour 70 détenus, plus personne pour surveiller la promenade…

Des surveillants de prison témoignent

Trois surveillants de prison témoignent du climat de plus en plus violent qui règne dans les enceintes carcérales.

« Ce qui m’avait frappé quand je suis arrivé à la maison d’arrêt de Fresnes en 1996, c’était le silence ! Il y avait 4 800 détenus. Ils ne sont plus que 2 600, et maintenant c’est le vacarme. On s’invective comme dans les “quartiers”, on ne respecte ni l’uniforme ni les anciens. » Les mettre au pas ? Les sanctionner ?

Ils n’ont plus peur du mitard ! Avant, si un surveillant était malmené ils y allaient illico pour quarante-cinq jours, sans télé, avec une seule heure de promenade. Aujourd’hui, on ne peut pas dépasser trente jours, ils ont un lit convenable et la radio. Résultat : ils nous toisent et y foncent d’eux-mêmes ! »

« On ne riposte plus à un “enculé” balancé par un détenu qui ne veut pas se lever. On n’entend plus. Il y a dix ans, ils étaient debout dans leur cellule et nous saluaient poliment. »

« Avant, il y avait peu de jeunes surveillants. Les aînés nous enseignaient les gestes, les conduites à tenir. Aujourd’hui, avec la surpopulation et l’afflux des tâches on ne peut, faute de temps, s’occuper des jeunes. Ce sont les stagiaires qui forment les stagiaires, eux-mêmes trop vite formés à l’école. »

A partir du moment où les préservatifs sont distribués, il faut arrêter de se voiler la face : le sexe existe en prison. Ce qui pose un problème : est-ce qu’en les distribuant, on ne favorise pas le viol ? »

La drogue ? « On la sent dans la cellule, on le sait au faciès du détenu, on fait un rapport au supérieur. Dire que ça sert à quelque chose… »

« Cela fait partie de notre boulot de veiller à ce que la prison reste un lieu laïque, hors de tout endoctrinement. Si l’un se met à prier très fort, on en rend compte. Dans la mesure du possible, on essaie de ne pas mettre un islamiste avec un athée, un fumeur avec un non-fumeur. Mais avec le problème de la surpopulation… »

Paris Match

Prisons : «surtout pas de vagues»

René Sanchez est secrétaire général adjoint de FO Pénitentiaire. Dans cet entretien, il revient sur les problèmes d’indiscipline et de violence en détention.

Q. La défense des détenus et l’amélioration des conditions de détention n’ont-elles pas des conséquences positives pour les conditions de travail des personnels pénitentiaires ?

(…) s’agissant de la discipline dans les établissements pénitentiaires, la complaisance vis-à-vis des détenus a des conséquences fâcheuses sur la sécurité des personnels pénitentiaires (et celle des détenus eux-mêmes). Les surveillants, en particulier, en ont assez de se faire cracher dessus, de se faire menacer de mort et de se faire agresser physiquement.(…)

Nos détenus ont parfaitement compris la stratégie de l’administration qui se résume à certains moments de la façon suivante : « pas de sanctions, pas de quartier disciplinaire, moins de suicides et surtout pas de vagues ».

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Pour Noël, l’administration pénitentiaire est sur la paille

L’administration pénitentiaire décide de priver les 2 500 surveillants de la direction inter-régionale des services pénitentiaires de Lille (DISP) d’une partie de leur salaire de décembre.

À quinze jours des fêtes de fin d’années, dans un contexte de surpopulation carcérale éprouvant, les « matons » sont mis au pied du mur. Ils devront faire une croix sur le paiement, en décembre, de leurs heures supplémentaires, des primes de nuit, des dimanches et des jours fériés.

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