France : L’identité nationale, un «concept anxiogène» (Afrik.com)

Article d’Afrik.com sur intitulé «La réinvention permanente du racisme en France».

La France fonde des discriminations officielles sur la langue et l’origine au nom de concepts anxiogènes comme l’identité nationale : pour devenir français, il faut parler français, pour s’intégrer disait encore Patricia Bakalack (activiste camerounaise des droits de l’enfant), il faut se désintégrer (se renier, trouver le bon accent, etc.).

Pris individuellement, dans leur écrasante majorité, ils ne peuvent qu’être aimés, respectés et admirés, ces sacrés Français. Pourtant, la France a encore peur de cet autre qui se reflète dans son miroir. Le nationalisme, pas plus que l’ignorance, ne sont plus, aujourd’hui, les principaux terreaux du racisme. […]

On ne peut plus expliquer la pertinence de certains combats qu’en modifiant notre conception du rejet et de la haine de l’autre. Tout, aujourd’hui, est mondialisé, multiculturalisé, dématérialisé et interconnecté, alors l’étranger c’est qui au fait ? Le visiteur venu de l’espace ou bien le petit bonhomme vert tombé de la planète rouge ?

L’origine, la «souche», les papiers, ou l’identité, sont malheureusement des marqueurs au fer à vie.

Est-il possible de juger de l’évolution d’une civilisation en fonction du nombre de «sans-papiers» qu’elle abrite ? Peut-on par exemple créer un indicateur du taux d’exposition et de reconnaissance, dans la société française, des travailleurs sans visage et l’inclure dans la détermination de l’IDH (Indice de Développement Humain) ? La France n’accueille pas des «sans-papiers», elle les génère, elle dénie à une catégorie d’hommes, de femmes, et d’enfants issus de l’immigration le droit à l’intégration. […]

Afrik.com

Les Français de souche « selon Groland » [vidéo]

Canal + . Groland 03.11.2012

Canal+
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Complément : Christian Bordes alias Jules-Édouard Moustic (photo ci-dessous) a créé en septembre 2011 le festival Black and Basque à Bayonne , «un festival métis avec la volonté de fusionner culture basque et musique black. » source


En 2012, ce festival est présenté ainsi : « Prenons un rêve, celui du métissage des cultures basque et black, une ville, Bayonne parce qu’ancrée dans son territoire, une intention, celle de mieux comprendre l’autre… L’idée est de réunir des artistes autour de la culture afro-américaine et de la culture basque pour en faire un rendez-vous culturel majeur à Bayonne, événement interactif et multigénérationnel, pour un fabuleux croisement des cultures”. Source

En 2011, extrait de l’intervention des élus de gauche au conseil municipal de Bayonne : «S’agissant de la subvention de 23.000 € pour le festival de musique Black and Basque, nous sommes très heureux du succès de cette première édition. Félicitons Christian BORDES et tous les bénévoles (…) Ce festival est bien la preuve que les cultures, lorsqu’elles sont réunies, se complètent et s’enrichissent l’une de l’autre.» source

Mediapart souchophobe ?

[...] Ces migrations sont belles et nobles. Rien à voir avec celles dont se plaignent, dit-on, les Français de souche. Ceux-ci ne déplorent pas les migrations internes ou nationales, rurales ou pastorales, pas plus que les migrations d’oiseaux, d’ions colorés ou de leucocytes ; non, ce dont ils se plaignent, ce sont les migrations d’étrangers.

La souche, on le comprend, tient à son sol. Elle se souvient de l’arbre qu’elle porta, peut-être même de la sève qui la parcourait. La souche, c’est un arbre sans tronc, sans branches, sans feuilles, sans fleurs et donc sans fruits, qui n’a plus que ses racines et qui attend en pourrissant dans son trou. Cet arpent de boue, elle se l’approprie ; elle croit qu’il est sien, qu’il lui appartient, qu’elle en est la gardienne – elle n’en est que la scorie et, de l’arbre, la ruine. Or le vent comme l’esprit souffle où et quand il veut, apportant du ciel cent mille formes de vie. Mais la souche est butée : c’est sa terre, c’est son trou, c’est son sol, c’est sa boue, hors de ma vue, pas touche. La souche est têtue comme une bûche.

On comprend donc qu’enchaînée par les pieds à un sol qu’elle ne nourrit plus et qu’elle indiffère, tandis que la vie de la forêt bruit partout autour d’elle sans plus la remarquer sinon comme une verrue sur une joue vermeille, et que des insectes fouisseurs y creusent des galeries sans qu’elle puisse rien faire, étant privée de bras, on comprend que la souche, donc, envie, jalouse, haïsse le migrateur, le voyageur, l’errant, le pèlerin, le passager. Hélas, « ses racines tordues l’empêchent de voler ». Parfois, pourtant, il arrive qu’un oiseau, fatigué de migrer, vienne poser sur une souche son corps palpitant et chaud. Alors la souche reconnaît à ce bruit la vie toute proche. Et peut-être se met-elle à aimer. Mais il est trop tard, et l’oiseau repart…

Nous n’omettons pas que le mot souche est aussi un terme de maréchalerie : c’est la partie du clou qui reste dans le sabot du cheval.

Renfonçons le clou : assurons que le maréchal ne refasse pas souche. Et que ce pied pourri reste à jamais dans son sabot.

Mediapart