Christophe, 48 ans est parisien, Gilles, 44 ans, normand. Tous deux sont à la rue depuis quatre mois. Il y encore quelques mois Christophe était dessinateur dans le bâtiment, Gilles travaillait chez un concessionnaire automobile.
Au 30 septembre, on comptait 108 417 places d’hébergement dont 33 094 destinées aux seuls demandeurs d’asile.
Tous deux, à la rue depuis quatre mois, sont des néophytes de la galère, mais ils commencent à bien en connaître les ficelles.
« Le binôme » comme ils s’appellent, s’est formé il y a un mois devant la petite entrée de l’église Saint-Eustache. Gilles, qui a débarqué de Cherbourg après la perte de son emploi de cariste (1300 euros net), y avait élu domicile. «Christophe est passé par-là, on s’est mis à parler des choses de la rue», résume Gilles. Depuis, ils font la paire contre les adversités du quotidien.
Le froid ? «Ça fait partie du stage SDF. Jusqu’à présent, c’était trop facile. » déclare avec humour Cristophe. «Jusqu’à ces derniers jours, le froid n’était pas le plus gros souci» », affirme Gilles. Rien en tout cas à côté de la peur de l’agression ou du vol. Dès le redoux, ils ont l’intention de retourner à leur bivouac de carton. Températures négatives ou pas, le rythme de leur journée n’a pas vraiment changé et leur objectif est toujours le même : «Rester actif pour ne pas avoir le moral dans les chaussettes.»
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