Les nouveaux militants perdus de l’extrême droite radicale

Responsables du récent regain d’actes violents en France, ces ultra-radicaux se disent nationalistes mais servent un discours sur la race blanche à défendre contre les immigrés, les juifs et les promoteurs du métissage. Ça ne vous rappelle rien ?

Dans le bilan à l’Intérieur de Manuel Valls, saille un effort tout particulier de contrôle de l’extrême droite radicale. La mort du jeune militant antifa Clément Méric a entraîné une vague de dissolutions de groupuscules radicaux. Le combat personnel engagé par l’alors ministre de l’Intérieur contre Dieudonné a aussi dévoilé comment ce dernier avait pu développer son business politique en toute quiétude.

Néanmoins, il est moins que certain que Bernard Cazeneuve, le successeur de Manuel Valls à la place Beauveau, ne retrouve pas le dossier de l’extrême droite radicale. En effet, un certain nombre de violences impliquant des membres de cette mouvance est à relever. Ainsi, le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), remis le 1er avril dernier, montre une hausse de l’intolérance vis-à-vis des populations musulmanes et Roms, ainsi qu’une inquiétude globale face à l’immigration, atteignant les records de 2002.

L’analyse régulière de la Presse Quotidienne Régionale montre un regain récent d’actes violents en provenance de l’extrême droite radicale dans certaines villes, notamment à Paris, Lyon, Lille et Toulouse, et, depuis quelques années, en Picardie, Alsace, Nord-Pas de Calais, Rhône, Île-de-France et Rhône-Alpes. En janvier 2014, un jeune néonazi a tiré sur des militants d’extrême gauche lors d’un concert; le 14 février 2014, à Lyon, deux militants antifascistes ont été poignardés par un néonazi.

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De fait, les actes antimusulmans se multiplient dans notre pays, associés à l’idée que l’intégration fonctionne mal, voire plus du tout. Ainsi, 68% des personnes interrogées par les auteurs du rapport estiment que les personnes étrangères ne font plus l’effort de s’intégrer.

Enfin, ce «lieu autre» qu’est internet participe au phénomène. Des sites sont apparus qui, outre leur contenu politique d’extrême droite, vendent des armes de combat de rue comme des poings américains, des gants lestés de sable, des matraques télescopiques, des triplex, des battes de baseball, des bombes lacrymogènes, etc. (dans la catégorie «sport et défense»), ainsi que des vêtements de marques radicalement d’extrême droite, comme Thor Steinar, Consdaple, Hoelzer Reich, Ansgar Aryan etc.

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Ces militants sont surtout des jeunes très précarisés, souvent au chômage, cumulant les petits emplois et les aides de l’État. Ils ont un faible niveau de diplômes, le plus généralement un BEP ou un CAP, les tenant à l’écart de l’intégration à la mondialisation. Ils sont les victimes de la crise et de la désindustrialisation, les premiers à avoir été touchés par les pertes d’emplois. Ils ont grandi dans des familles où le plus souvent une seule personne travaille ou ont été élevés au sein de familles monoparentales avec une mère en grande précarité.

Ils souhaitent un régime à la fois beaucoup plus à gauche sur le plan économique, beaucoup plus sécurisant, défendant un État-Providence fort, mais qui exclurait tous les étrangers de cet État et de ses bienfaits. Il s’agit donc d’une manifestation d’une sorte de «chauvinisme de l’État-providence» raciste, xénophobe. C’est un «socialisme du ressentiment», qui est un discours gauchisant, socialisant au niveau économique mais réservé uniquement, par racisme, par rejet et peur de l’autre aux nationaux et aux nationaux de la même race, c’est-à-dire blanche.

S’opère une radicalisation croissante depuis 2010 environ, qui se concrétise par une augmentation du nombre de militants de cette frange la plus radicale. Il s’agit de groupes ou de personnes extérieures au FN, lequel condamne publiquement la violence, tout en donnant naissance paradoxalement, de par son inclusion dans le jeu électoral, à des mouvements qui ne refusent pas cette même violence, bien au contraire.

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Un fait analogue provoqua le 1er mai 1995 une prise de distance définitive entre le DPS et les milieux skinheads: la mort par noyade du jeune Marocain Brahim Bouaram, poussé dans la Seine par un groupe de skinheads proches du néo-nazi Parti Nationaliste Français et Européen (disparu depuis) et de l’Œuvre française (dissoute par l’Etat en 2013), en marge du défilé annuel du FN. Le DPS communiqua alors à la police les enregistrements vidéo de la manifestation frontiste, aidant de manière décisive à l’identification des coupables…

La stratégie frontiste de dédiabolisation est à double tranchant: d’un côté, elle permet à ce parti de se débarrasser des éléments les plus radicaux, mais de l’autre, elle les laisse libres d’agir et de provoquer des violences. Sur le plan de l’ordre public, leur intégration au FN est une plus-value, car ils y sont contrôlés et encadrés. D’ailleurs, les provocations verbales d’un Jean-Marie Le Pen contentaient globalement les éléments les radicaux, qui ne cherchaient pas à passer à l’acte, ce qui n’est plus le cas.

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Slate

Éducation : Les établissements musulmans se fédèrent en partenariat avec l’UOIF

Une union d’établissements privés musulmans vient d’être créée en partenariat avec l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans. Quatre établissements sont actuellement sous contrat avec l’Etat.

Une offre en forte progression ces dernières années, à mettre en relation avec «l’action militante des Frères musulmans, omniprésents comme porteurs de projets, dans la perspective d’instauration d’une ‘citoyenneté musulmane’», «la crise de l’école publique» et «la prohibition du voile depuis 2004», selon le rapport de 2010, qui explique qu’après la construction de mosquées le développement d’établissements privés musulmans est une étape clé.

Concilier les valeurs de l’islam et celles de la République française. Telle est l’ambition affichée par la Fédération nationale de l’enseignement musulman (Fnem), créée il y a tout juste une semaine en partenariat avec l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans.

Les établissements n’ont d’autre choix que de faire appel aux dons. Des dons de «riches mécènes du Golfe et de subventions allouées par des ONG contrôlées par l’Arabie saoudite» et de «fidèles musulmans», expliquait en 2010 un rapport sur l’enseignement de l’islam.

Une première dans le paysage de l’enseignement privé français, où manquait jusqu’alors un représentant des établissements musulmans, aux côtés du Secrétariat général à l’enseignement catholique (9000 établissements sous contrat avec l’État, soit 2 millions d’élèves), du Fonds social juif unifié (286 établissements juifs, soit 32.000 élèves), des protestants et des laïques. «L’enseignement musulman de France va prouver qu’il peut former dans l’espace public des citoyens éclairés et responsables, des femmes et des hommes qui ont réussi leurs vies sociale et professionnelle et, dans la sphère privée, de bons musulmans», explique Makhlouf Mamèche, président de la fédération, vice-président de l’UOIF et par ailleurs directeur adjoint d’Averroès, premier lycée musulman à être passé sous contrat avec l’État. […]

Le Figaro

Seine-Saint-Denis : La Grande Parade Métèque pour «partager les bienfaits de l’immigration»

L’association «un sur quatre» est un collectif d’habitants, de voisins, d’amis des Lilas, de Romainville, de Pantin et du Pré-Saint-Gervais organise le 24 mai prochain, la première édition de la Grande Parade Métèque, qui traversera ces quatre villes.

L’objectif est de valoriser, transmettre et partager les bienfaits de l’immigration, de clamer la fierté de vivre dans un pays riche de populations d’origines et de cultures différentes. Il s’agit de rappeler que l’égalité politique pour tous est un fondement de la République française.

La Grande Parade est soutenue par les municipalités des villes traversées, et par de nombreuses associations et ONG (le MRAP, RESF, la Ligue des Droits de l’Homme, les Amoureux au ban public, la Cimade, Migreurop …), le collège Gustave Courbet, le Conservatoire de Romainville, des artistes, des collectifs de sans-papiers, …

kisskissbankbank (Merci à jojo2 )

Jean Daniel : «La vraie victoire du Front national, c’est de ne plus faire peur»

Jean Daniel lance un appel dans le Nouvel Obs au «rassemblement des forces hostiles au Front national».

La vraie victoire du Front national, au premier tour, ce n’est pas d’avoir amassé un plus grand nombre de voix dans des municipalités inattendues.

C’est de ne plus faire peur. Je ne sais pas quelles explosions de joie ou de détresse vont saluer les résultats de dimanche prochain. Mais je sais une chose : je ne me souviens pas qu’une victoire du FN ait été saluée avec un aussi grand calme.

Marine Le Pen voulait dédiaboliser l’héritage de son père. Elle l’a fait. Elle voulait que ses partisans fussent considérés non comme les adhérents d’une secte, d’une chapelle ou d’un groupuscule ; le FN est devenu un parti comme les autres. Autrement dit, ce dimanche soir, le Front national est entré dans la légitimité républicaine.

Ce n’est pas forcément une manifestation «démocratique». Ce ne sont pas les élections ni le gouvernement qui font la démocratie. C’est l’affaire de la République.

C’est pourquoi le rassemblement des forces hostiles au Front national aura une importance complètement nouvelle. Il ne s’agit plus d’une bataille que l’on peut gagner ou perdre ; il s’agit de ne pas laisser la France s’empoisonner lentement, dans une apparente pacification.

Le pire serait que Marine Le Pen réussisse à transformer l’ennemi à abattre en adversaire à combattre. Il ne s’agit pas de provoquer la moindre violence contre le FN, mais de le laisser être lui-même, car l’indigence de son programme est porteuse de toutes les violences de l’échec.

Pour que Le Pen ne soit pas élu contre Chirac, on a vu le peuple descendre dans la rue avec des attitudes révolutionnaires. Que ferait aujourd’hui l’ensemble de ce peuple, dont une partie a déjà déserté son camp et rejeté ceux qu’il avait défendus ? Ce sont des hypothèses alarmantes, elles ne sont pourtant pas improbables, surtout depuis qu’on a persuadé les Français qu’ils étaient les plus malheureux de la terre.

Nouvel Obs

Jean-Pierre Le Goff : «Nous assistons à l’autodestruction de la politique»

A la veille des municipales et après une semaine marquée par la succession des affaires, le sociologue Jean-Pierre Le Goff a accordé un long entretien à FigaroVox. Il analyse la profonde crise morale et politique que vit la France.

Ce qui me frappe dans les réactions de Christine Taubira, c’est ce mélange de subjectivité débridée et ce point aveugle de certitude consistant à se croire constamment dans le camp du Bien.

On ne brandit pas la morale contre ses adversaires impunément. La gauche se prévaut d’une supériorité morale en se voulant le dépositaire attitré d’une certaine idée du Bien. Cette prétention s’est effondrée à travers une série d’affaires dont les plus récentes et les plus marquantes ont été l’affaire DSK et l’affaire Cahuzac, mais cela ne l’empêche pas de continuer à faire semblant. […]

Quant aux leçons tirées de l’«affaire Taubira»par des commentateurs, elles en disent long sur la façon dont ils conçoivent la politique aujourd’hui: «amateurisme», «manque d’habileté», «erreur de communication, comme si la politique se résumait désormais à des problèmes de management et de communication. Dans ces domaines, les conseillers ne manquent pas et ils font payer très cher leurs prestations avec les résultats que l’on sait… La compétence ou l’incompétence dans le cynisme politicien, telle semble être le nouveau critère pour évaluer la politique dans l’«essoreuse à idées» des grands médias audio-visuels et de nombre d’entreprises de conseils et de communication. […]

L’histoire retiendra que pour fêter le bicentenaire de la Révolution française, le président de la République fit appel à un publicitaire pour organiser le grand défilé des Champs Elysées. Le marché, le management et la communication vont être érigés en modèles de référence et la politique n’y a pas échappé. C’est dans ce contexte, qu’ont été formées de nouvelles générations marquées par le culte de l’ego et le modèle du perpétuel gagnant. La droite et la gauche n’y ont pas échappé. […]

Si l’on ne reviendra pas en arrière vers un supposé «bon vieux temps», il conviendrait de rompre clairement avec le mélange des genres entre la politique, les affaires et les médias, voire le show-biz. C’est l’une des conditions pour renouer le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés. Nous vivons la fin d’un cycle historique ; il est temps de passer à autre chose et d’entamer un long travail de reconstruction. Quel homme politique saura désormais s’élever à la hauteur de ces enjeux ?

Le Figaro

François Hollande au dîner annuel du CRIF (vidéo discours complet)

Addendum 05.03.2014 :

Antisémitisme à l’extrême droite, antisionisme à l’extrême gauche : le président du Crif Roger Cukierman a appelé mardi soir François Hollande, présent lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France ce mardi, à mobiliser la France contre ces deux «fléaux» en en faisant «une cause nationale».

Il a évoqué la progression spectaculaire du Front national avec «sa cohorte d’antisémites, de vichystes et de négationnistes réfugiés derrière sa dirigeante, attentive à ne pas commettre d’impair». Mais il a également dénoncé, à l’extrême-gauche, «l’antisionisme, nouvel habit de l’antisémitisme. Car s’il n’y est pas convenable d’être antisémite, il est élégant de fustiger l’Etat d’Israël»

Le Point.


Dîner annuel du CRIF du 4 mars 2014 :
Beaucoup de sujets sont abordés… l’Ukraine, la votation des Suisses sur l’immigration, l’Iran, les manifestations, la censure d’Internet, etc…

 

 

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Des lecteurs du Monde réagissent à l’article «Le réveil de la France réactionnaire»

La lecture du titre de première page sur 4 colonnes : «Le réveil de la France réactionnaire! » (Le Monde daté 2-3 février) a fait réagir des lecteurs du Monde.

Natalie Nougayrède, directrice du Monde : «La ‘réaction’ s’entend ici au sens de protestation contre une avancée, une réforme. C’est le refus de certaines évolutions, assorti d’une demande de retour à l’état antérieur.»

«Vous savez ce qu’elle vous dit, la France réactionnaire ?» écrit Denis Monod-Broca (Paris). Il n’est pas le seul, cette semaine, à se demander s’il «n’est plus possible d’exprimer son désaccord sans risquer les anathèmes du journal de référence». […]

«Le terme ‘réactionnaire’ a pour moi un sens péjoratif qui ne peut avoir sa place ici», dit Philippe Boinot (Niort). «Il est un peu facile de rejeter d’un revers de manche, à l’aide d’amalgames douteux et de généralisations abusives, les inquiétudes réelles, sincères et respectables de centaines de milliers de personnes face à certaines réformes sociétales», estime Maxime Daubenton (Cambrai, Nord).

«Depuis quand des poussettes, des familles chrétiennes, athées ou musulmanes représentent-elles un danger pour la République ? Par cette posture, vous ne faites que renforcer les clivages», s’agace David Cotard, de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). […]

Le Monde

«Monsieur le président de la République, supprimez ce timbre à l’effigie d’une Femen»

Julie Graziani, porte parole du collectif «Ensemble pour le bien commun» demande dans une lettre ouverte à François Hollande de ne plus tolérer le scandale que représente l’existence d’un timbre à l’effigie d’Inna Shevchenko, la fondatrice des Femen.

«Ces profanations ont profondément heurté des millions de Français dans leur conscience religieuse mais aussi dans leur simple attachement à la France, à ses valeurs et à son patrimoine.»

Monsieur le Président,

Près de 125 000 personnes ont signé en quelques jours la supplique au Pape que nous avions mise en ligne à l’occasion de votre visite du 24 janvier 2014 au Vatican. Cette supplique avait pour objet de faire part au Pape François du profond malaise et de l’inquiétude grandissante de beaucoup de catholiques de France face à la promotion par votre gouvernement de ce qu’ils jugent être des atteintes majeures à la dignité humaine, et face aux attaques dont ils sont l’objet.

Le grand succès rencontré par cette supplique, qui n’était soutenue par aucun parti politique, aucune organisation, aucun leader, mais qui émanait simplement de quelques amis chrétiens inquiets de la situation en France, est la preuve que ce malaise est réel et partagé. […]

Lors de votre conférence de presse du 14 janvier 2014, vous aviez dénoncé, sans les citer, les actions des Femen en indiquant: «Il y a des actes antichrétiens avec des personnes qui pensent qu’on peut s’exhiber dans une église et faire des gestes qui touchent profondément les consciences des croyants. Aucun de ces actes ne peut être accepté.» […]

Le Figaro

Valls juge le climat comparable avec celui des «années 1930» (vidéo)

Rumeurs sur la « théorie du genre », manifestations contre le mariage homosexuel, propos racistes… Le ministre de l’Intérieur revient sur le climat actuel et s’adresse à la gauche. Il Manuel Valls dénonce l’apparition d’un «Tea Party à la française» et juge le climat comparable avec celui des «années 1930».Extrait de son entretien dans le JDD.

Autrefois, elle était contestée les armes à la main, aujourd’hui, c’est la dilution qui nous menace. La dilution des références, des normes, des repères.

«J’en appelle à un sursaut et à un réveil de tous les républicains et tous les patriotes et aussi de la gauche.

17.000 personnes dans la rue dimanche dernier pour un « jour de colère », 100.000 autres attendues dimanche à La Manif pour tous et, entre-temps, une « journée sans école » pour cause d’enseignement sur l’égalité hommes-femmes. Que se passe-t-il ?

Il faut voir les choses en face, ne pas masquer la réalité, la France est à un moment difficile. Nous traversons depuis plusieurs années une crise économique profonde, avec un chômage de masse, une précarité qui a fracturé une partie de la société. Il y a une perte de confiance vis-à-vis de la parole publique, une crise d’identité sur la place de France dans l’Europe et dans le monde, et donc sur la place de chaque Français dans la société. La République a déjà connu des moments difficiles, elle les a surmontés mais elle reste fragile.

«Face à ce phénomène, la droite républicaine a donc une responsabilité : se démarquer clairement des mouvements qui n’acceptent pas la démocratie et les choix du Parlement. »

Dans ce contexte, marqué par cette crise de confiance, et où la droite est aussi en crise, des forces sombres, celles qui divisent, se sont mises à prospérer. La manifestation de dimanche dernier où les rumeurs infamantes concernant l’enseignement à école sont des signaux très inquiétants. […]
Le JDD

rappel :
Extrait de Manuel Valls au meeting ‘Défendre la république contre les extrémismes‘ du PS du 27 novembre 2013.

Christophe Barbier veut remettre dans le «le droit chemin démocratique» le pan de l’opinion «qui glisse vers l’extrémisme»

Soutien à Dieudonné, manifestation contre le droit à l’avortement, jour de colère contre Hollande, c’est un pan entier de l’opinion qui glisse vers l’extrémisme selon Christophe Barbier.

En tourbillons et en rafales, comme une bise maudite, un bien mauvais vent souffle depuis peu sur la France. […]

Trois avatars pour un même phénomène: la sédition. Officiellement, ces escouades de « bonnets noirs » en veulent au pouvoir de gauche, pour ses réformes sociétales et ses échecs économiques, ou encore au « système », appellation facile du panier où elles jettent les élites. En réalité, elles ont un seul ennemi, qu’elles veulent abattre: la République. Il est plusieurs erreurs à ne pas commettre face à de telles factions. La première est de les sous-estimer.

Considérer que les « dieudonnistes » se cantonnent à Internet, estimer que les manifestants du dimanche se lasseront vite ou penser que l’extrémisme se volatilisera dès le retour de la croissance revient à prendre une montée de lave pour un feu de Bengale.

Ce glissement extrémiste d’un pan de l’opinion doit nous alarmer, car il faudra des années de prospérité pour le remettre sur le droit chemin démocratique.

Avoir mené la prophylaxie anti-Dieudonné a coûté à Manuel Valls plusieurs points dans les sondages: c’est dire s’il y a, dans le pays profond, des citoyens prompts à s’égarer, indifférents aux leçons de l’Histoire autant qu’à celles des clercs d’aujourd’hui.

Nous vivons une époque où l’excès de vigilance vaut mieux que l’abus de naïveté. L’hiver vient, les loups rôdent, et s’ils ne sont entrés dans Paris que par incursions, de leurs mufles déjà nous parvient le souffle glacé de la haine.

Pour l’heure, la parole se lâche et l’on entend dans les manifs, mais aussi dans la vie quotidienne, les mots les plus crus de l’ostracisme et de l’imprécation. Si le malaise national perdure, les actes suivront les slogans et les attentats physiques succéderont aux agressions verbales. Qui grognait hier hurle aujourd’hui et mordra demain. L’Histoire ne repasse jamais les plats, mais le 6 février 1934 fut aussi un «jour de colère», nourri d’un même rejet du régime, d’un dégoût similaire pour les «affaires», d’une révolte cousine contre l’impuissance publique face à la crise et d’une comparable tentation antisémite et xénophobe. […]

L’Express

70 ans du Crif. Bertrand Delanoë : «Quel cadeau pour la République !»

Pour les 70 ans du CRIF , le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, a accueilli mercredi 29 janvier 2014, dans les salons de l’Hôtel de Ville de la capitale, le président du CRIF, Roger Cukierman, l’ensemble des membres de l’institution et nombre d’invités «prestigieux», parmi lesquels l’Ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, Monseigneur André Vingt-trois, Archevêque de Paris, Robert Badinter, l’Imam de Drancy Hassen Chalghoumi, Beate et Serge Klarsfeld, Monseigneur Jérôme Beau, le Père Patrick Desbois, Ady Steg, Henri Hadjenberg et Richard Prasquier, anciens Présidents du CRIF.

Je veux vous dire bon anniversaire et que vive longtemps l’esprit du CRIF, pour les Juifs de France et pour tous les Français.

«L’ambition du CRIF d’unifier la communauté juive de France et de s’inscrire dans l’unité nationale, quel cadeau pour la République ! » a complimenté Bertrand Delanoë, au début de son discours. «Quel cadeau pour les valeurs de la République, après ces années noires, qu’une part de l’âme française, fière de son histoire et de sa culture, bâtisse sur l’horreur une espérance», a-t-il ajouté. […] »

Crif