FDS Musique – La Renaissance (Partie 2 – Màj)

[Note de la Rédaction: à la suite d'un problème technique le texte n'a pas été publié dans son intégralité. Voici donc la version complète, avec toutes nos excuses.]

Aujourd’hui, je me propose de vous faire découvrir une œuvre de Josquin des Prés, un compositeur qui naquit vers 1450, et qui vécut jusqu’en 1521.

Il fut considéré, même de son vivant, comme le plus grand compositeur de l’époque, et un maître de la polyphonie et de l’harmonie naissante.. On lui attribue plus de 374 œuvres, tant dans le domaine sacré que profane. De ses séjours en Italie, et sa probable fréquentation d’Ockeghem, le maître du contrepoint, il retira une maîtrise considérable des différentes techniques musicales de l’époque.

De nombreuses personnalités de l’époque, dont Martin Luther, le considéraient comme le meilleur représentant de la perfection musicale.

« Josquin a vécu pendant une période transitoire dans l’histoire de la musique. Les styles changeaient rapidement, en partie grâce aux déplacements des musiciens entre les différentes régions d’Europe. Beaucoup de musiciens nordiques s’installaient en Italie, cœur de la Renaissance, attirés par le mécénat artistique exercé par la noblesse italienne puis, de retour dans leur pays, ramenaient souvent avec eux les idées dont ils avaient subi l’influence.
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FDS Musique – La Renaissance (Partie 1)

La période de la renaissance, en musique, s’étend environ de 1400 à 1600. Comme elle regroupe des réalités musicales très différentes, je vous propose une série de deux « épisodes » consacrés à cette période foisonnante et passionnante de la musique française.


Enluminure du XVème siècle montrant Guillaume Dufay près d’un orgue positif et Gilles Binchois tenant une harpe.

Pour faire simple, durant la première période de la Renaissance, de 1400 à 1500, la plus grande part de la production musicale vient d’Angleterre et de France et un peu d’Italie. Au XVIe, c’est le triomphe de la musique dite « Franco-flamande », et à la toute fin de cette époque, le centre principal de production musicale devient l’Italie.

De 1400 à 1500, les plus grands noms de la musique sont Dunstable, Dufay, Binchois et Ockeghem (que les spécialistes me pardonnent si j’ai oublié leur compositeur fétiche).
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Desouche Histoire : Les collèges dans la France moderne (fin XVIe – début du XVIIIe)

Bonjour à tous ! Cette semaine je vous propose un article sur les collèges aux XVIIe et XVIIIe, en s’intéressant plus particulièrement aux Jésuites, principale congrégation enseignante. L’enseignement proposé par ces religieux peut paraître étonnant par sa modernité, loin du cliché qui voudrait que l’Église étouffe les savoirs… Nos collèges actuels sont encore les héritiers des collèges jésuites, ne serait-ce que par la numérotation des classes (de la 6e à la Terminale). Bonne lecture !

Lycée Louis-le-Grand
Le collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand) est fondé par les Jésuites en 1563. En 1682, Louis XIV lui accorde son patronage et l’établissement est renommé « Collège Louis le Grand » ; il accueille alors environ 3000 élèves. (Photo de la Cour intérieure du lycée).

Le collège en tant qu’établissement d’enseignement secondaire naît au XVe siècle en Italie, sous l’appellation de contubernium, des expériences des pédagogues humanistes (Gasparino Barzizza, Guarino Veronese et Vittorino Da Feltre), qui proposent de nouvelles méthodes d’enseignement telles que la division des élèves en classes de niveaux avec un contenu pédagogique propre, la spécialisation des professeurs et l’apprentissage des humanités (latin, grec et dans une moindre mesure hébreu). Conjuguée aux expériences pédagogiques des Frères de la Vie Commune (dans le Nord), cette forme d’enseignement prend sa forme quasi-définitive au XVIe siècle avec les Jésuites.

Le collège finit par s’imposer en tant qu’établissement de transition entre les petites écoles et l’Université grâce à un enseignement innovant et sa gratuité. L’Église et de leurs côtés les protestants y voient aussi un moyen d’encadrer les jeunes gens et les mettent au service de la Réforme ou de la Contre-Réforme. Il s’agit aussi de former les élites futures de la société et d’assurer le recrutement clérical. De fait, le collège s’inscrit pleinement dans le processus de « civilisation des mœurs » auquel a déjà été consacré un article : le collège du XVIIe forme le parfait « honnête homme ».

Les collèges d’Ancien Régime se divisent en trois catégories. Les « collèges de plein exercice » se situent au meilleur niveau car ils comportent les cycles complets de grammaire (quatre classes : de la 6e à la 3e), d’humanités et rhétorique (deux classes) et de philosophie (deux classes). Au niveau inférieur, les collèges ne possédant pas de cycle de philosophie sont nommés les « collèges d’humanités ». Enfin, les écoles de grammaire ou « régences latines » ne connaissent que le premier cycle et ne servent que d’appoint à l’enseignement élémentaire (apprentissage de rudiments de latin).

I. Les congrégations enseignantes

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La cuisine de la Renaissance

nLa cuisine de la Renaissance évolue fortement sous l’influence de la Reine de France Catherine de Médicis (1519-1589), qui, lorsqu’elle vient épouser le futur Henri II,  emmène avec elle ses cuisiniers italiens. D’autres peuvent être notés à titre secondaire, et nous mentionnerons, pour les confitures, Nostradamus (1503-1566), auteur de prophéties, médecin et apothicaire. Les deux personnages mis en avant dans cet article se connaissaient, d’ailleurs. Nostradamus avait établi l’horoscope des enfants de la Reine et, parait-il, il avait prédit leur mort avec exactitude. La protection royale ne lui manqua jamais quand ses détracteurs tentaient de le poursuivre pour hérésie, et il finit par être nommé médecin et conseiller du Roi.

CATHERINE DE MEDICIS ET SES CUISINIERS

Ses cuisiniers et elle-même apportent des légumes nouveaux dont elle raffole : brocolis, épinards, artichauts. Ce sont aussi des maîtres des desserts. On leur doit la pâte à choux, la pâte feuilletée, la crème frangipane, les macarons, les glaces et sorbets … tout un nouveau monde de délices qui  re-structure le repas. Si le Moyen-Age ne distinguait pas vraiment des desserts des autres plats, tout change avec les nouvelles recettes des cuisiniers de  Catherine : le dessert se fait sa place en fanfare.

Les cuisiniers de Catherine ont hérité du savoir-faire du célèbre Maestro Martino, qui, au siècle précédent, avait révolutionné la cuisine du Moyen-Age. Il préconisait un retour au goût naturel des aliments, en évitant l’abus des épices et des aromates. Il a créé plusieurs recettes, et il a beaucoup mis en avant les avantages de la conservation des pâtes séchées. Le succès de la diffusion, en Italie et dans toute l’Europe, des recettes de Martino est sans doute dû à celui qui le nommait «  le Prince des cuisiniers » :  l’humaniste, son contemporain, Bartolomeo Sacchi dit Platine, préfet de la Bibliothèque apostolique vaticane.

Les arts de la table se modernisent également. Catherine apporte l’usage de la fourchette (à deux dents) et du verre en verre de Murano (à la place des coupes et hanaps du Moyen-Age). La splendeur de l’étiquette de cour contribue à asseoir le pouvoir royal. Lire la suite