« Modernisation » de l’État : rupture ou révolution culturelle à la chinoise ?

La réforme de l’État constitue l’un des axes de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est activement conduite par l’Élysée sous le nom de code RGPP : Révision générale des politiques publiques. La méthode est simple : on change tout, on lance tous les chantiers en même temps. C’est la rupture, pilotée par les grands corps de l’État, qui se placent par la même occasion hors de portée du séisme qu’ils provoquent chez les autres.

Le bouleversement est en effet considérable : fusion progressive des grands corps techniques et des services déconcentrés de l’État, fusion des services d’assiette et de recouvrement de l’impôt, modifications statutaires tous azimuts, externalisations, réforme des concours administratifs « pour plus de diversité, » suppressions d’emplois, recrutements de contractuels à tous les niveaux etc.…

Certaines réformes, prises isolément, sont parfois bienvenues. Mais leurs bénéfices sont dilapidés par la dynamique d’ensemble de « la réforme de l’État » : car le parti pris de tout changer en même temps, crée le chaos. La RGPP ne débouche pas sur l’efficience mais sur une gabegie contagieuse.

Le tout, conduit à un rythme d’enfer : les audits, les réformes, les réorganisations se succèdent. De quoi faire apparaître la révolution culturelle chinoise comme une paisible transformation.

Suite et commentaires sur Fortune

Faudra-t-il dégraisser le mammouth ministériel en 2010 ?

Une chose est sûre : nos ministres seront, en 2010, abondamment conseillés : on comptabilise plus de six cent cinquante collaborateurs dont une soixantaine de recrutements dans les trois derniers mois, et certains dont la nomination au Journal Officiel semble se faire attendre. L’inflation fait rage dans les cabinets des 39 ministres.

Directeur de cabinet, chef de cabinet, conseil technique et spécial, ou enfin chargé de mission, les titres ne manquent pas pour qualifier celles et ceux qui oeuvrent dans l’ombre des ministres. Des cabinets bien fournis en cette période de crise, et des ministres qui ne lésinent pas sur leurs collaborateurs. Qu’importe si l’on ne trouve plus de remplaçants aux professeurs en congé maladie ou maternité, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux oblige. Qu’importe si les infirmières finissent par manquer dans les hôpitaux.

Le député de l’Aisne, René Dosière, a souligné la forte inflation salariale de la rémunération des conseillers : «la rémunération moyenne de chaque membre de cabinet (contractuel) augmente de +26.3%, celle d’un agent affecté aux fonctions support de +34.8% et les primes par bénéficiaire de +9.2%.»

Le Premier Ministre se paie donc les services du fils Klarsfeld (Arno), conseiller depuis juillet 2007. Roselyne Bachelot embauche son fils, ancien clerc de notaire, comme conseiller parlementaire. On trouve de tout dans les cabinets !

Suite et commentaires sur Fortune