Limousin : «La solution pour vos recrutements : les travailleurs polonais et roumains en intérim»

En 2013, le Limousin a été confrontée à un afflux important de travailleurs détachés «low cost». Plus 58,8 % par rapport à 2012. Certains sont paysé 1500 € pour deux mois de travail ( (2,50 € de l’heure). Un phénomène qui menace l’emploi local.

Certaines entreprises étrangères, qui percevaient la TVA ne la reversaient pas à l’État. C’est tout le système de Sécurité sociale français, qui est mis à mal par le phénomène.

«Vous recherchez souplesse, faibles coûts, qualité et légalité ? La solution pour vos recrutements : les travailleurs polonais et roumains en intérim. » Des publicités comme celle-là, les entreprises limousines en reçoivent à la pelle. «Chaque semaine, par mail ou par fax», précise Alain Ravanne, président de la Capeb, qui représente les artisans du bâtiment. [...]

Selon la Direccte, ils étaient plus de 2.000 en 2013, dont 1.377 en Haute-Vienne, là où se concentrent les travaux les plus importants. 602 demandes de détachement en Limousin ont été déposées à l’inspection du travail par des entreprises étrangères. Il n’y en avait que 379, l’année précédente. Soit une hausse de près de 60 %. «C’est colossal», commente un inspecteur du travail. Tous les secteurs sont touchés : bâtiment, agriculture, hôtellerie-restauration et même les transports routiers. «En encore, la région est plutôt épargnée, faute de grands chantiers», nuance Philippe Loireau, secrétaire de la CGT construction. […]

La Montagne

« Modernisation » de l’État : rupture ou révolution culturelle à la chinoise ?

La réforme de l’État constitue l’un des axes de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est activement conduite par l’Élysée sous le nom de code RGPP : Révision générale des politiques publiques. La méthode est simple : on change tout, on lance tous les chantiers en même temps. C’est la rupture, pilotée par les grands corps de l’État, qui se placent par la même occasion hors de portée du séisme qu’ils provoquent chez les autres.

Le bouleversement est en effet considérable : fusion progressive des grands corps techniques et des services déconcentrés de l’État, fusion des services d’assiette et de recouvrement de l’impôt, modifications statutaires tous azimuts, externalisations, réforme des concours administratifs « pour plus de diversité, » suppressions d’emplois, recrutements de contractuels à tous les niveaux etc.…

Certaines réformes, prises isolément, sont parfois bienvenues. Mais leurs bénéfices sont dilapidés par la dynamique d’ensemble de « la réforme de l’État » : car le parti pris de tout changer en même temps, crée le chaos. La RGPP ne débouche pas sur l’efficience mais sur une gabegie contagieuse.

Le tout, conduit à un rythme d’enfer : les audits, les réformes, les réorganisations se succèdent. De quoi faire apparaître la révolution culturelle chinoise comme une paisible transformation.

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Faudra-t-il dégraisser le mammouth ministériel en 2010 ?

Une chose est sûre : nos ministres seront, en 2010, abondamment conseillés : on comptabilise plus de six cent cinquante collaborateurs dont une soixantaine de recrutements dans les trois derniers mois, et certains dont la nomination au Journal Officiel semble se faire attendre. L’inflation fait rage dans les cabinets des 39 ministres.

Directeur de cabinet, chef de cabinet, conseil technique et spécial, ou enfin chargé de mission, les titres ne manquent pas pour qualifier celles et ceux qui oeuvrent dans l’ombre des ministres. Des cabinets bien fournis en cette période de crise, et des ministres qui ne lésinent pas sur leurs collaborateurs. Qu’importe si l’on ne trouve plus de remplaçants aux professeurs en congé maladie ou maternité, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux oblige. Qu’importe si les infirmières finissent par manquer dans les hôpitaux.

Le député de l’Aisne, René Dosière, a souligné la forte inflation salariale de la rémunération des conseillers : «la rémunération moyenne de chaque membre de cabinet (contractuel) augmente de +26.3%, celle d’un agent affecté aux fonctions support de +34.8% et les primes par bénéficiaire de +9.2%.»

Le Premier Ministre se paie donc les services du fils Klarsfeld (Arno), conseiller depuis juillet 2007. Roselyne Bachelot embauche son fils, ancien clerc de notaire, comme conseiller parlementaire. On trouve de tout dans les cabinets !

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